ANTIQUES
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Cil E V A U X D F. M O N T E C A V A I L
ROME
lui-même. Quant aux chevaux, ils sont tellement altérés par de nombreuses restaurations, qu’on ne peut juger bien exactement de leur beauté primitive. Ainsi décorée par l’obélisque et les deux statues, la place du Quirinal est une des plus belles du monde. Située au bord de la montagne , elle domine tous les édifices de Rome, et elle se trouve à peu près à la hauteur de la coupole de Saint-Pierre, dont on aperçoit la masse imposante de l’autre côté du Tibre.
Pour couronner l’œuvre de Sixte Y, Pie Vil fit construire au pied de l’obélisque une fontaine dont le bassin en granit oriental , de vingt-quatre mètres soixante-huit centimètres de circonférence, fut transporté du forum romain en cet endroit.
Rome est une ville beaucoup plus petite que Paris, et cependant il ue faudrait pas moins que la vie d’un centenaire pour connaître à fond tout ce qu’elle renferme de monuments. Plusieurs de ces monuments étant devenus des églises, tels que le Panthéon d’ Agrippa, nous les retrouverons dans la dernière partie de ce livre, spécialement consacrée aux édifices religieux. Mais il nous reste encore à parler de quelques tombeaux fameux , et d’abord du mausolée d’Adrien , qu’on appelle aujourd’hui le château Saint-Ange. Nous l’avons fait graver ici dans une Vue de Rome prise de la rive droite du Tibre.
ausolée d’Adrien. L’empereur Adrien fut passionné pour l’ architecture; le
mausolée qu’il s’était fait bâtir dans les immenses jardins de Domitia était revêtu de marbres précieux, de corniches admirables et embelli de tous les genres de décorations. Vingt-quatre colonnes de marbre violet formaient un portique autour du mausolée, qui se terminait par une coupole au sommet de laquelle s’élevait une pomme de pin colossale : c’était le cercueil de bronze où reposaient les cendres d’un prince qui fut grand malgré ses vices. Maintenant le mausolée d’Adrien n’est plus qu’une masse informe, aussi P appelle-t-on quelquefois le môle d’Adrien; il n’en subsiste plus qu’une immense tour ronde qui en formait le noyau. Cette tour, dévastée et dépouillée de scs ornements par les soldats de Bélisaire, est à cette heure une prison politique, et une forteresse ménagée au pape en cas de péril, et reliée au Vatican par des souterrains. Elle est surmontée de la statue colossale en bronze d’un ange armé d’une épée.
La forme ronde a été encore affectée à un autre tombeau presque aussi célèbre (pie celui d’Adrien, le tombeau de Cæcilia Metella, femme du triumvir Crassus. Ce sépulcre extraordinaire a vingt-neuf mètres vingt-trois centimètres de diamètre, et neuf mètres soixante-quatorze centimètres d’épaisseur; aussi n’y a-t-il à l’intérieur d’autre vide qu’une petite chambre ronde et voûtée dans laquelle on trouva le sarcophage en marhre grec qui est aujourd’hui au palais Farnèse. Il est à Rome des tombeaux qui ont la forme pyramidale, renouvelée des Égyptiens. Tel est le mausolée
LES MONUMENTS ANTIOUES
de Cestius , qui était un des septemvirs des Épulons. Placée sur un soubassement de travertin, la pyramide de Cestius a trente-six mètres soixante-dix centimètres de hauteur. Les murs de la chambre sépulcrale sont décorés de peintures qui ont beaucoup souffert. Si nous ne pouvons tout décrire, qu’il nous soit permis de signaler encore à l’admiration