TROIS JEUNES FILLES
poésie! comme ces draperies serrées et fermées, aux plis longs et rares, et d’une simplicité virginale, expriment par leur pauvreté même, le sentiment chrétien, l’abnégation, le mépris du corps, l’exaltation de la spiritualité!
Ce qui rappelle encore plus le goût de l’antique, ce sont les quatre peintures qui, dans ce cimetière, représentent la mort de Yibia, femme de Vincentius, son jugement , son introduction au banquet mystique et le repas funèbre célébré en son honneur. De ces quatre scènes, la plus remarquable est celle où l’on voit un
LES CATACOMBES
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quadrige conduit par Mercure, et dans lequel un personnage mystérieux, Pluton , sans doute, enlève la jeune fille morte. Les mots abreptio vibies indiquent la brusque violence de l’enlèvement , c’est-à-dire la mort prématurée de Vibia. Aux pieds de Mercure est dessinée une figure cylindrique, assez difficile à expliquer. Les uns, comme M. Raoul-Boche tte , y ont vu un symbole de vie et de joie usité chez les anciens; les autres, avec M. Perret, croient y reconnaître l’urne du fleuve Achéron , par lequel Vibia va descendre aux enfers, comme le dit le mot descensio. Quoi qu’il en soit, il est clair que tout est païen dans ce morceau; non-seulement
les personnages de Pluton et de Mercure, et les signes symboliques dont le peintre s’est servi, mais le style de ce quadrige olympique, évidemment emprunté aux plus belles médailles grecques et aux bas-reliefs des plus grandes écoles de sculpture. Les pièces qui suivent, notamment l’introduction de Ailna au banquet mystique, où elle est représentée par un jeune homme couronné de fleurs, accusent encore l’origine hellénique et orientale des idées qui ont guidé le pinceau de l’artiste chrétien. Quant au repas funèbre, il est donné par Vinccntius, son époux, à sept prêtres, sur te pii sac k u dotes, dont deux seulement portent, ainsi que Vinccntius lui-même, la coiffure sacerdotale surmontée de Y apex, c’est-à-dire du bonnet pointu qui désignait les prêtres saliens. Ici encore, la présence des traditions mythologiques est flagrante.
ROME
L’art antique expire dans des mains chrétiennes, ou plutôt un art nouveau essaye de s’en dégager sans pouvoir réussir entièrement à trouver sa forme indépendante, son langage propre, son caractère.
aint-Calixte. Ce cimetière s’étend sous la voie Appienne, et il est comme le centre de plusieurs autres. Le saint martyr dont il porte le nom occupa la chaire pontificale sous les règnes d’Héliogahale et d’Alexandre Sévère; il fut précipité au fond d’un puits situé dans la maison de Pontianus où est maintenant bâtie l’église Saint-Calixte. Une inscription citée par Bosio, le savant
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