‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 86 sur 167 · LE · texte numérisé non relu

LE

auteur de Roma sotterranea , nous apprend que cent soixante-quatorze mille martyrs el quarante-six pontifes ont été inhumés dans ce cimetière, ou, pour mieux dire, attendent la résurrection dans ce dortoir, car le mot cimetière, dérivé du grec xoi[/.7)Tr,piov, signifie le lieu consacré au sommeil.

Au premier rang des objets précieux d’antiquité chrétienne recueillis dans cette eatacombe, comme dans les autres, sont les vases de verre qu’on appelle ampoules , et qui ont été conservés à peu près intacts, parce qu’ils étaient protégés par le ciment nu sein duquel ils étaient enchâssés. Ces vases renfermaient du sang, et ce 11e pouvait être que le sang des martyrs. L’analyse chimique a prouvé que les ampoules contenaient du sang, ainsi que Leibnitz lui-même l’avait déjà constaté.

LES CATACOMBES

Saiiil Gaudence fait allusion à cette circonstance, lorsqu’il dit : «Nous conservons recueilli dans le gypse le sang qui témoigne de leur martyre , quorum sanguinem tenemus gypso collcctum. » L’ampoule est donc le signe sacré du dévouement des premiers soldats de notre religion , et un tel signe suffit à rendre vénérables les sépulcres sans inscription de ceux dont les noms ne sont connus que du Christ, suivant l’expression du poète Prudence.

I A l'DSSftVI'lf K DIOCÊNF.

Mais le morceau le plus curieux du cimetière de Saint-Calixte , est la peinture qui représente le fossoyeur Diogène , tenant d’une main sa lampe allumée, et portant une pioche aiguë sur l’épaule droite. Sa tunique, à manches étroites, est ornée, sur les bras et à la hauteur des genoux, de croix redoublées, et elle est recouverte d’un pan d’étoffe à longs poils. Le dessin de cette figure est d’une candeur charmante. N’est-ce pas, du reste, un trait remarquable et touchant de l’histoire de la primitive Église, que le respect dont elle entourait l’humble profession du fossoyeur?

ROME

Le fossor était placé au premier degré du sacerdoce; et c’était, aux yeux des chrétiens, un ministère sacré que de creuser le tombeau des martyrs.

unte-Agxès. Tout chrétien connaît l’histoire de cette vierge de treize ans , qu’on vit marcher au supplice avec la sérénité d’une épouse qui s’avance vers l’autel. « Jésus- Christ est mon premier époux, dit-elle au bourreau; nul autre ne me possédera, » et elle présenta sa tête au glaive. Plusieurs

Page 1