PLAFOND
lugubre; l’aspect en est riant au contraire; ici, comme dans les autres catacombes, les oiseaux, les fruits et les fleurs, les plus gracieux symboles, de naïfs enroulements, des arabesques, viennent égayer les motifs d’une peinture légère et douce à l’adl. La nature entière semble participer à la bonne nouvelle de l’Évangile.
Nous avons reproduit les morceaux les plus remarquables du cimetière de Sainte-Agnès, mais il en est d’autres qui méritent aussi d’être mentionnés. Tels sont : un 1 lérode recevant les rois mages; une Vierge tenant l’enfant divin dans ses bras; et enfin un morceau découvert en 1817, représentant sur un même champ une Orante
ROME
qui tient une brebis par une patte de derrière; un Mercenaire qui porte une bête fauve sur ses épaules, et dans le milieu, le bon Pasteur les bras ouverts.
ainte-Pkiscille. Situé sur la voie Salaria, à trois milles de Rome, ce cimetière est un des plus beaux monuments de l’Eglise primitive. Suivant
toute apparence, la sainte qui lui a donné son nom est celle qui fut la mère
du sénateur Pudens et l’aïeule des deux martyres Praxède et Pudentienne. Il n’était
SAINTE I* l D E N T I E N N E
pas à Rome de famille plus distinguée que celle-là, dans les temps héroïques du christianisme. La fresque gravée ici , et qui a été publiée par d’Agincourt , a été transportée des catacombes dans l’église Sainte -Praxède. Le personnage du milieu représente sans doute sainte Priscille , entre ses deux petites-filles. Rien de plus touchant que l’expression de candeur et de tendresse mélancolique qui distingue ces trois figures, si remarquables d’ailleurs par leur beauté pure et sainte. Priscille porte sous sa tunique verte une sorte de chemisette jaune richement ornée, ce qu’on appelait un indus mm , et ses épaules sont recouvertes d’un manteau rouge attaché
LES CATACOMBES
sur sa poitrine par une brillante agrafe. Les deux jeunes martyres ont à la main la couronne des vierges, et le bas de leur tunique est marqué dune croix.
aint-Saturnin. Dans une crypte de cette catacombe, que l’on désigne Aussi sous le nom de Saint, -Thrason, et qui est comme une dépendance du cimetière de Sainte-Priscille , nous avons admiré le beau caractère d’une fresque, au centre de laquelle est une Crante (femme en prière), entre la Virginité et la Maternité. On sait que dans les premiers siècles on priait debout, les bras
O U A Vil PRÊCHANT ENTRE LA VIRGINITÉ ET LA MATERNITÉ
étendus, au lieu de s’agenouiller et de joindre les mains. Cette Crante a deux tuniques, Lune blanche, l’autre rouge, et elle porte sur sa tète un voile qui retombe sur sa poitrine , laissant le visage à découvert. A droite , une femme assise , enveloppée d’une tunique blanche à bordures bleues, tient dans ses bras un petit enfant. A gauche, un prélat au vêtement violet, assis dans un siège pontifical, parle à une jeune vierge qui tient de ses deux mains un voile blanc. A côté d’elle se trouve une femme qui porte le pallium. Bottari voit dans cette peinture, dont l’explication a partagé les antiquaires, l’image d’une dame romaine entre ses deux filles, dont l’une est mariée, tandis que L’autre consacre à Dieu sa virginité. Quoi qu’il en soit, le sentiment chrétien est ici très-clé veloppé déjà, et très-frappant. L’art nouveau n’en est plus aux bégayements de l’enfance; il a trouvé maintenant des contours assurés, un style ferme, des formes simples et grandes par leur simplicité
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même, et une expression forte qui va au cœur. Ce morceau, s’il n’est le seul, est «lu moins un des plus remarquables de ce cimetière.
l at o n i a . Cette catacombe, dont le nom n’a qu’une étymologie incertaine, est contiguë au chevet de l’église Saint-Sébastien, qui est située sur la voie Appienne. Ce qui en fait un objet de vénération pour les fidèles, depuis dix -huit siècles, c’est qu’elle est regardée comme ayant été pendant quelques années la sépulture des apôtres Pierre et Paul , et par conséquent comme étant le
< i K N E >1 E N T O ’ l N E VOÛ I I ,
[dus ancien des cimetières chrétiens de Rome. Une inscription que le pape saint Damase y fit graver sur une pierre confirme cette tradition, et nous apprend que les chrétiens «l'Orient, voulant rendre à leur patrie les corps des saints apôtres, les avaient déposés dans la Flatonia , en attendant le moment favorable pour les transporter sûrement; mais les chrétiens romains s’opposèrent à l’enlèvement des saintes reliques, se fondant sur le droit qu’avait la ville de Rome de garder les corps de ceux qui étaient devenus ses citoyens.
Aii lieu d’être creusée dans le tuf, la Platonia est construite en pierre, et s'élève en partie au-dessus du sol. Son nom s’applique plus particulièrement à une église souterraine voûtée, au centre de laquelle s’ouvre le puits où furent déposés
LES CATACOMBES
les corps des saints Pierre et Paul. Les peintures qui s’y trouvaient sons une épaisse couche de nitre ont été découvertes et publiées pour la première fois par M. Perret. L’un des escaliers qui descendent à l’église est orné à la voûte d’une fresque purement décorative, offrant le dessin le plus élégant et les plus brillantes couleurs. Des compartiments circulaires où l’artiste a peint des rosaces, des étoiles et des oiseaux symboliques , sont inscrits au centre de grands losanges, dont chaque coté est coupé au milieu par un demi-cercle faisant saillie en dehors.
Il est très-rare que les peintures des catacombes représentent des instruments de supplice, un martyre, ou des images de douleur. La figure de Jésus en croix ne s’y rencontre jamais, si ce n’est une seule fois dans une des salles de la Platonia.
Cil lus T IN CHOIX
Il ne reste de ce morceau que la tète et les bras. Le Christ a les cheveux longs partagés sur le front, à la manière des Nazaréens, son visage paraît décomposé par une douleur profonde. On voit encore, au-dessus des liras de la croix, deux anges à demi effacés, et au-dessous des traces d’auréoles, ayant sans doute environné des têtes de saints qui ont disparu. Dans la crainte de décourager ou d’effrayer les chrétiens militants , l’art ne leur présentait que les consolantes images de la récompense future et l’idée du paradis. C’est pour cela que la peinture n’offrit dans les cimetières que des sujets aimables, jusqu’au jour où, les persécutions ayant cessé, l’Eglise fit peindre commémorativement , dans toutes scs basiliques , l’épopée de ses premiers combats et de ses premiers triomphes.
Avant de quitter cette catacombe, on devra s’arrêter devant la noble figure au front chauve, à la longue barbe et aux traits inspirés, de saint Paul dans l’attitude de la prédication, et aussi devant une sainte très-belle, dont le front est couronné du diadème des élus. L’ascension du Christ se rencontre rarement dans les
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catacombes, cependant on trouve ici le sujet du Fils de Dieu enlevé au ciel par deux anges; la figure est effacée; mais, de sa main gauche, le Christ porte un livre ouvert, et de la droite, il semble éloigner un souvenir pénible, peut-être celui du calice de la passion.
a i n r e — C y k i a q u e . L’illustre matrone qui fonda ce cimetière au me siècle, dans des champs qu’elle possédait sur la voie de Tibère, y fut ensevelie elle-même , après avoir subi le martyre : elle fut livrée à la morsure des scorpions et déchirée à coups de lanières plombées. La catacombe qui porte son nom