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I. G. Flaubert. — Salammbô

LES TRAVAUX SOUTERRAINS, ETC. i\

tard qu*Archimède, à son retour d'Egypte, construisit les premières pompes d'épuisement qui permirent aux Romains de rendre l'exploitation praticable.

A l'exception des carrières du Pentélique, qui fournirent, jusqu'à l'époque d'Adrien, le marbre nécessaire aux monuments d'Athènes, il ne nous est également resté que de rares vestiges des travaux souterrains qu'ont accomplis les Grecs. Samos avait un aqueduc qui traversait une montagne. Le tunnel de dégorgement du lac Copaïs, qu'on regarda longtemps comme pouvant rentrer dans cette catégorie d'ouvrages, est considéré, depuis les dernières recherches, comme n'ayant jamais eu qu'une importance fort secondaire. Ce travail n'a môme probablement existé qu'à l'état de projet, à moins qu'on ne veuille considérer, comme ayant été construits pour aider à l'exécution du souterrain définitif d'écoulement des eaux, les puits inachevés qu'on rencontre aux deux cols qui séparent le lac Copaïs de la baie de Larymna et du lac Hylica.

Aucun de ces puits n'est terminé, en ce sens qu'aucun n'aboutit à un conduit souterrain. Il est possible que ce soient là les travaux dont parle Strabon, commencés par ordre d'Alexandre, et interrompus par une révolte en Béotîe. Quoi qu'il en soit, et malgré ces traces, le fameux travail grec reste et restera encore longtemps tout à fait hypothétique, et servira pendant de nombreuses années de champ de bataille aux conjectures des érudits.

La coutume d'inhumer les morts dans ces nécropoles souterraines, dont il a été question au commencement de ce chapitre, n'appartenait pas exclusivement au peuple égyptien. Les Hébreux, les Perses, les Grecs, les Scythes, professaient le môme respect pour les restes

i2 LES GALERIES SOUTERRAINES.

humains. Garthage avait ses catacombes ; on en retrouve également en Asie Mineure et en Syrie. Les habitants des diverses contrées dont la réunion a formé ritalie : la Sicile, la Campanie, le Latium, l'Etrurie — cette dernière surtout — creusaient pour leurs morts de vastes cimetières. Près de chaque ville, côte à côte avec la cité vivante, pleine de lumière et de bruits, gisait une ville muette, obscure, sillonnée comme la première de rues et de carrefours, tapissée de tombeaux où sommeillaient, près des races nouvelles, comme pour surveiller leurs progrès, les générations disparues qui avaient présidé à leurs commencements. C'est ainsi que Ton a retrouvé les catacombes de Naples, de Syracuse, de Palerme, d'Agrigente ; celles d'Étrurie, si nombreuses; et enfin les catacombes de Rome, célèbres dans rhistoire des premiers siècles du monde chrétien, assez souvent décrites pour que chacun de nous en conserve tout au moins ce vague et poétique souvenir qui s'attache aux persécutés.

Tantôt ces vastes souterrains avaient été creusés à la seule fin de servir de nécropoles^ tantôt on avait profité des excavations faites à des époques antérieures dans les roches avoisinantes, le plus souvent pour construire la ville elle-même. Singulier échange entre la montagne et l'homme qui l'avait détruite, et qui, l'heure de la mort une fois sonnée, venait, par un juste retour, rapporter à la carrière ce qui restait de luimême, comme pour compenser les pertes qu'il lui avait fait subir. Les catacombes de Paris, d'où sont sortis en grande partie les matériaux nécessaires à la construction de cette capitale ; celles de Naples, qui ont près 'de deux milles de longueur, et qui présentent trois étages de galeries souterraines superposés, et celles de Syracuse, les plus vastes que l'on connaisse, peuvent rentrer dans cette dernière catégorie.

Les nécropoles étrusques ont été construites dans le but unique de servir de demeures funèbres. Elles sont si multipliées sur ce sol aujourd'hui désolé, séjour fétide de la malaria, qu'on serait tenté de leur appli« quer ce vers du potite :

Le sol que nous foulons fut autrefois vivant !

En i82S — raconte M. Beulé * — le pied d'un bœuf traçant un sillon enfonce la voûte d'un caveau sépulcral, premier indice de la riche nécropole de Vulci, encore florissante trois siècles après J.-C. Les découvertes se succèdent ensuite, jetant sur les mœurs et les travaux des Etrusques un jour plus complet à mesure que les documents deviennent plus nombreux et, par suite, plus variés. Golieri retrouve les nécropoles dévastées de Volsinies. Alessandro François, l'infatigable fouilleur, qui finit par rencontrer dans ces solitudes infestées des Maremmes la mort qu'il semblait braver, reconnaît les nécropoles de Telamone, de Rosellœ, de Volterra, de Cortona, de Pise, et toute la longue série des tombeaux souterrains, décorés de peintures murales, qui s'étendent sous le territoire de Chiusi. La nécropole de Cœré nous révèle l'origine étrusque des premiers rois de la Rome naissante, lorsqu'on y découvre les tombeaux de la famille des Tarquins.

L'aménagement et la décoration de ces nécropoles sont bien faits pour exciter notre admiration. Les vases et les bijoux qu'elles contiennent, les inscriptions qui couvrent leurs murs, les fresques qui les décorent, permettent de reconstituer, vingt siècles après sa disparition, les mœurs de cette génération vaillante d'où naquit le robuste génie du monde romain. Les nécropoles de Chiusi et de Volterra ont fourni en grande

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