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Beulé. — Fouilles et découvertes

quantité des urnes funéraires destinées à renfermer les cendres. Ces urnes, en albâtre ou en terre cuite, sont souvent ornées de peintures représentant les sujets les plus variés des légendes mythologiques. Dans les parties méridionales de FÉtrurie, à Tarquinies, les urnes sont remplacées par des sarcophages, le plus fréquemment couverts d'inscriptions. .

Parfois même, les nécropoles souterraines livrent des secrets de la vie intime des anciens qui sont de la plus piquante curiosité. Ainsi, le prince Barberini possède, dans sa magnifique bibliothèque de Rome, et on peut voir dans divers musées, des collections d'objets de toilette trouvés dans les tombeaux fouillés. Ici, ce sont les strigiles qui servaient aux femmes à ramasser l'huile parfumée dont les esclaves les frottaient au sortir du bain ; plus loin, ce sont les éponges, les fioles à parfums, les boîtes sculptées- divisées en plusieurs compartiments renfermant le vermillon pour les lèvres, le blanc de céruse, le noir pour teindre les paupières, tout le mundus muîiebriSy l'attirail complet d'une élégante antique.

Mais nous avons haie d'arriver à la partie des travaux souterrains construits par les Etrusques, qui peuvent plus particulièrement être assimilés aux travaux d'utilité publique. La configuration géographique de l'Étrurie était bien faite, du reste, pour stimuler dès le prin cipe cette population déjà si active et si laborieuse. Si les villes situées aux pieds et sur les flancs des Apennins sont entourées de vallées fertiles, par contre les immenses plaines qui s'étendent jusqu'à la Méditerranée, sont ensevelies sous des marais. Dès les premiers jours de leur établissement, les Étrusques songèrent à lutter contre la nature, et commencèrent à établir ces conduites souterraines d'irrigation et de dessèchement qui sillonnent tout leur teriitoire, et que les ré-

cents travaux des voies ferrées dans la campagne romaine ont fait découvrir. C'est ainsi qu'ils desséchèrent, entre autres, le vaste marais qui s'étendait de Ravenue à Venise, et qu'ils ménagèrent l'écoulement vers la mer du lac Prœlius, aujourd'hui Castiglione délia Pescaja^ qui en 1829, mesurait en étendue trente-trois milles carrés.

Les ruines imposantes des nombreuses cités étrusques enfouies sous les Maremmes, l'aspect désolé de cette malheureuse contrée où la nature a repris ses droits dès que la main de l'homme est restée inactive, peuvent seuls aider à se rendre compte des travaux considérables qui ont dû être accomplis par ses premiers habitants.

Les Romains apprirent certainement des Étrusques l'art de creuser leurs émissaires^ ou passages souterrains voûtés, traversant les montagnes, et déversant les eaux malsaines, soit dans les fleuves les plus rapprochés, soit dans la mer. Avant que l'empereur Claude ne fît creuser par son affranchi Narcisse l'émissaire du lac Fucino, qui avait environ 6,000 mètres de longueur, les Étrusques avaient construit Yémissaire du lac Albano, que nous pouvons encore admirer.

La Cloaca maxima^ qui recevait tous les égouts de Rome, n'était dans le principe qu'un émissaire établi pour dessécher le marais du Vélabre dont il déversait les eaux dans le Tibre. Son origine est bien étrusque, de môme que celle du magnifique système des égouts de Rome, construits par Tarquin, qui passaient pour une des merveilles du monde.

Les conduites souterraines formant le système des égouts parcouraient Rome en tous sens, et aboutissaient à la place publique, au grand collecteur — doaca maxima — pour aller se décharger dans le Tibre. Les voûtes des

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canaux souterrains avaient seize pieds de large, et treize pieds de haut, de sorte que, suivant Tite-Live, une charrette chargée de foin pouvait y circuler. Comme aujourd'hui à Paris les embranchements des égouts, ces canaux suivaient les principales voies de la Cité. On reconnut plus tard le plan ingénieux qui avait été suivi dans leur construction, quand les Romains éprouvèrent un de leurs plus grands revers, Tincendie de Rome par les Gaulois.

Après cette catastrophe, dont Fheureuse fortune de Rome devait atténuer les conséquences, et qui, pour tout autre peuple, eût peut-être été mortelle, on se hâta de reconstruire les édifices publics et privés qui venaient de disparaître. Dans la précipitation de la première heure, on négligea de se préoccuper de la ville souterraine sur laquelle on bâtissait ; on ne se soucia plus de la correspondance des voies supérieures avec celles qui cheminaient au-dessous du sol. Rome reconstruite, les ouvertures des égouts se trouvèrent perdues, et les routes et places ne suivirent plus le tracé des conduites souterraines. Il fallut plus tard réparer cette erreur, et ce ne fut pas sans peine que l'édilité romaine parvint à y remédier.

La grandeur de ces travaux avait quelque chose d'extraordinaire ; pour en juger, il suffit de se rappeler que Denys d'Halicarnasse raconte qu'ayant été négligés, ces égouts coûtèrent mille talents , soit trois millions de francs, de réparalions. De son côté, Pline rapporte que, pour rendre ces voies plus salubres, Agrippa y lâcha les eaux de sept aqueducs qui étaient retenues par autant d'écluses, elles furent dès lors si bien purifiées, qu'il put s'y promener en bateau depuis l'entrée . du grand égout jusqu'à sa sortie dans le Tibre. Pour nous servir de l'expression même de Pline, il en avait fait « une ville navigable ». Enfin, pour se rendre compte

de la solidité des égouts de Tarquin, il faut savoir qu'on avait pu bâtir dessus sans. les ébranler, et que 650 ans après, Pline disait qu'ils étaient aussi solides qu'au début. Aujourd'hui encore on peut voir à Rome la Cloaca maxima, que le temps ni les tremblements de terre n'ont pu détruire.

Quand, plus tard, les Romains se rendirent maîtres de la plus grande partie de l'Europe, du nord de l'Afrique et des provinces occidentales de l'Asie, ils y portèrent les bienfaits de la civilisation latine ; mais, nulle part peut-être, ils ne donnèrent une aussi libre carrière à leur génie que dans cette Gaule qu'ils avaient si péniblement conquise, et qu'ils aimaient sans doute à cause du labeur qu'elle leur avait coûté. La multiplicité des édifices romains dont nous pouvons encore admirer les ruines, et dont nous trouvons des vestiges à chaque pas sur le territoire français, nous montrent en quelle estime ils tenaient la race gauloise, et avec quelle ardeur ils poursuivaient son assimilation avec la leur. Pour ne parler que des travaux souterrains, qui seuls nous occupent ici, les cloaques de Nîmes, de forme circulaire, avec sept pieds de largeur sur quat|*e pieds et demi de hauteur, ceux d'Arles, découverts en i 8 17, qui ont douze pieds de large, ceux de Vienne, de Vaison, de Lyon, de Besançon, de Reims, de Périgueux, sont là pour attester que les Romains apportèrent à l'administration de la Gaule un soin qu'on ne remarque à ce degré dans aucune partie peut-être de leur immense empire.

Le service de la voirie ne se bornait pas, chez les Romains, à celui des égouts. Rome étant bâtie sur un emplacement â peu près dépourvu d'eau potable, dès que la Cité prit une certaine extension, il fallut songer à l'alimenter d'eau prise aux endroits les plus proches.

On comprendra les travaux nécessités par le passage des eaux, quand on songe avec Pline à la quantité que Rome en consommait chaque jour pour l'approvisionnement des bains publics, des fontaines, des viviers, des jardins, et pour les besoins des particuliers. L'aqueduc construit par ordre de Claude avait quarante milles de long à lui seul. Ceux d'Appius Qaudius, de Marcus Gurius Dentatus, d' Agrippa, avaient également des dimensions considérables. Un ingénieur romain, Frontin, nous a laissé tout un livre sur les aqueducs — de aqtUBductibtis — où il nous donne la longueur parcourue par chacun de ces conduits :

L'eau Appia était prise dans la terre de Lucullus, entre les septième et huitième bornes milliaires de la route de Préneste, à l'extrémité d'un délour de 780 pas sur la gauche. Depuis sa source jusqu'aux salines situées près de la porte Trigemina, son parcours était de 11,190 pas, dont 11,130 en canaux souterrains, et 60, tant sur des substructions que sur des aqueducs, jusqu'à la porte de Gapoue. Sur les limites des jardins torquatins, eue recevait un embranchement de l'eau Augusta, qui lui avait été donné comme complément par Auguste, avec le surnom de Génielles, qui convenait à cette réunion. Cet embranchement prenait naissance près de la sixième colonne milliaire de la voie Prœnestina, à 980 pas sur la gauche, tout près de la voie Collalia. Son parcours jusqu'aux Génielles était de 6,380 pas en ouvrages souterrains.

D'après le même auteur, les eaux prises au-dessus de Tibur arrivaient à Rome par 43,000 pas de conduites, dont 42,779 souterrains.

L*eau Martia par 61,710 pas dont 54,747 souterrains. L'eau Julia — 15,426 — — 6,472 — L'eau Claudia — 46,406 — — 36,230 — Le nouvel Anio — 58,700 — — 49,300 —

Quelquefois, de même que pour les émissaireSy le pas-

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sage de ces conduites souterraines nécessitait le percement de certaines montagnes. Près de Tibur, il y avait une percée dans le roc qui comptait plus d'un mille de longueur. En 1858, on découvrit un passage souterrain entre le lac Averne et Tantique cité de Cumes.

Dans la plupart des villes romaines, des travaux de ce genre furent exécutés. Il est à peu certain, par exemple, que Pompéi manquait d*eau, et qu'elle était approvisionnée par un embranchement de Faqueduc de Sarno, qui allait desservir Cumes, Pausilippe et Baies, et qui aboutissait, autant qu'on peut en juger à présent, à la porte du Vésuve située à la partie la plus élevée de Pompéi.

C'est surtout dans les travaux exigés par la construction des routes dont ils dotèrent l'Italie et toutes les provinces, que les ouvrages souterrains des Romains se rapprochent davantage des entreprises semblables, telles qu'elles sont conçues de nos jours. Le .tun nel de Hagdeck, que nous décrirons plus loin, construit par eux sur le chemin de Soleure ; le passage de la voie flaminienne à travers les Apennins, que fit exécuter l'empereur Vespasien ; le souterrain si connu du Pausilippe, reliant Naples à Pouzzoles, témoignent de l'habileté des Romains, et des progrès qu'ils avaient su introduire dans le percement des galeries souterraines.

Le Pausilippe (en italien monte di Posilippo) est une montagne de l'ancienne Campanie, qui regarde d'un côté la mer de Pouzzoles, et de l'autre la ville de Naples. Elle forme une anse du golfe de Naples, en s'avançant dans la mer vis-à-vis de la petite île de Nisida, qui semble en avoir été détachée. Cette montagne est percée d'outre en outre par une grotte, ou plutôt par un souterrain long d'environ un mille, haut de trente à quatre-vingts pieds, et d'une largeur de vingt-huit, ce

qui permet à trois voitures d'y passer de front. Cette route assez bizarre, dont le sol, formé de dalles de lave, est uni, sert aux voyageurs qui veulent aller de Naples à Pouzzoles, à Baïa, à Cumes, et à d'autres lieux du rivage, pour s'y rendre sans prendre par mer, ou sans être obligés de gravir la montagne et de la redescendre ensuite.

On ignore à quelle époque remonte ce curieux ouvrage et quel en fut l'auteur. Le célèbre géographe et historien grec Strabon, mort sous Tibère vers Fan 25 de l'ère chrétienne, et Sénèque le Philosophe mort vers l'an 65 sous Néron, en parlent dans leurs écrits. On sait aussi qu'Alphonse l", roi de Naples et d'Aragon, facilita l'entrée de cette galerie, qui était comme murée par les ronces et par les épines; il Télargit en outre, et, par son ordre, on y fit pratiquer des soupiraux. Quand on arrive au bout du Pausilippe, on peut faire une centaine de pas entre de hautes murailles pratiquées dans le rocher ^

La décadence de l'empire et les invasions des Barbares arrêtèrent les travaux d'utilité publique du monde romain. Il y a, dans la civilisation européenne, et dans les arts qui en étaient l'expression, à partir des quatrième et cinquième siècles de notre ère, un long temps d'arrêt. La longue et lamentable période que Michelet a appelée « la nuit de mille ans du Moyen Age » commence. Tout semble mourir dans cette atmosphère ténébreuse. On conçoit aisément l'oubli où durent tomber alors les travaux publics. Ce qui nous en reste est fort insignifiant, presque nul en ce qui concerne les travaux souterrains.

1. V. Badin. — Grottes et cavernes. Bibliothèque des Mer' veilles»

Fig. t. — La galerie du FusUippe.

Dans les premiers siècles de Tère chrétienDe, lorsque, sous l'empereur Dëce, les persécutions commencèrent, les adhérents à la religion nouvelle, forcés de se dérober aux poursuites exercées contre eux, avaient coutume, pour se livrer aux pratiques de leur culte, de se réunir à Rome, siège principal de leur propagande, dans les catacombes qu'ils avaient autrefois creusées librement. Sous Constantin Je christianisme devenant la religion impériale, le culte put s'exercer en plein jour , la croix surmonta les temples bâtis sur les ruines des sanctuaires païens, comme elle surmontait le diadème du monarque. Le souvenir de trois siècles de lutte ne pouvait cependant pas être effacé complètement; et quand les églises purent s'élever à la lumière du soleil, les chrétiens conservèrent dans l'aménagement de ces édifices une sorte de disposition symbolique qui rappelait leurs anciennes souffrances. Ils construisirent, au-dessous de l'autel, comme une seconde église, plus sacrée encore et plus mystérieuse, un temple souterrain, toujours visible et accessible cependant, qu'on appela la crypte.

Comme dans les catacombes, on y enterra pendant longtemps, sinon tous les fidèles, du moins ceux dont la vie avait été assez édifiante pour que leur mémoire imposât une certaine vénération à la postérité. La plupart des églises de France et des bords du Rhin, antérieures au treizième siècle, présentent cette disposition. La crypte de Saint-Martin-au-Val de Chartres, qui est l'une des plus grandes avec celle de l'église abbatiale de Saint-Denis, remonte au sixième siècle de l'ère chrétienne. Celle de Saint-Bénigne de Dijon, dans ses parties les plus anciennes, est même antérieure à cette époque. Un grand nombre de ces cryptes sont célèbres. Nous citerons celle de Saint-Eutrope de Saintes, l'une des plus vastes qu'on

connaisse, celles de La-Ferté-sous-Joua'rre, de Saint- Avit d'Orléans, de Saint-Serin à Bordeaux.

Les cryptes romanes n'ont guère qu'une hauteur de trois à quatre mètres du sol à la voûte. Elles servaient, comme nous l'avons dit, à renfermer les corps des saints ou des personnages morts en odeur de sainteté : c'étaient des espèces d'ossuaires sacrés où les prêtres catholiques cachaient les reliques confiées à leurs soins et à leur zèle. Aussi, vers le treizième siècle, quand l'usage de placer derrière l'autel les châsses qui les contenaient eut été adopté, les architectes négligèrent la tradition des cryptes. Il est rare d'en rencontrer après cette époque. La cathédrale de Bourges fait cependant exception à cette règle, et possède une crypte comme les églises de date antérieure. Il faut encore citer, parmi les cryptes célèbres, celles de Spire sur les bords du Rhin, et de Canterbury en Angleterre.

On ne saurait terminer cette rapide revue des anciens ouvrages souterrains sans parler de ceux qui appartiennent, dans un temps plus rapproché, à l'architecture militaire.

Un architecte d'Alexandrie, Trypon ,eut, le premier, l'idée d'avancer sur l'ennemi par des voies souterraines, lorsqu'on ne pouvait l'aborder à découvert. Il inventa la mine dont on fit depuis si souvent usage. Mais, il faut bien l'avouer, l'emploi de la mine chez les Anciens paraîtrait aujourd'hui presque puéril. On ne s'en servait habituellement que pour pratiquer une brèche dans la ligne des murailles ennemies. Après que la galerie souterraine avait atteint les remparts, on remplaçait la terre qui les soutenait par de solides boisages auxquels on mettait ensuite le feu, de sorte que le sol cédait sous le poids des muraiUes et s'écroulait avec elles. Les assiégeants d'une place de guerre n'étaient pas les seuls

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qui eussent recours à la mine ; les assiégés perforaient, eux aussi, des galeries souterraines qu'ils poussaient en avant de leurs remparts, afin de pouvoir déboucher sur l'ennemi pendant l'établissement de ses machines de guerre.

Ce ne fut qu'après la découverte de la poudre que la mine prit véritablement une importance considérable parmi les stratagèmes militaires. Pedro Navarro, pendant la campagne d'Italie conduite par Gonzalve de Cordoue, songea, pour la première fois, à employer la poudre pour la mine, en 1503. Son invention réussit parfaitement. Il creusa le rocher sur lequel était bâti le château de l'OKuf, dans le golfe de Naples, et le fit sauter. En 15i5, le môme Pedro Navarro s'en servit encore pour ouvrir les murs de Bologne.

Le siège de Candie, entrepris par les Turcs contre les Vénitiens et terminé en 1669, est mémorable par l'emploi de la mine de guerre. Depuis, on y recourut fort souvent. Après l'occupation de Maëstrickl, en 1673, par Louis Xrv, on prolongea, sous les glacis et sous les principaux ouvrages de la place, des travaux de contre-mine dont on fit usage, trois ans plus tard, contre le prince d'Orange.

Tel est, en résumé, l'ensemble des travaux souterrains dont il est resté une trace dans l'histoire des peuples. Presque tous méritent une estime singulière. Ce ne sont point, en effet, pour la plupart de ces pompeux édifices élevés à un passé sanglant, monuments destinés à éterniser la mémoire de guerres abhorrées et de tyrannies détestables ; ce sont, au contraire, des manifestations, et l'on pourrait dire des actes de la vie des peuples arrivés au summum de leur force, entrant résolument en lutte avec le monde matériel et en triomphant. C'est la terre et ses obstacles qu'il faut vaincre et domp-

ter, ses montagnes qu'il faut percer, ses eaux qu'il faut amener de loin, ses profondeurs qu'il faut fouiller. Les travaux souterrains ont servi à atteindre ces buts divers. Aussi, à mesure qu'un peuple se développe et grandit, le nombre de ces ouvrages augmente-t-il, comme on le voit dans l'histoire si pleine d'enseignements du monde romain. Les villes sortent du sol, se rapprochent, se multiplient : il faut les relier entre elles, les pourvoir d'eau et de vivres, les assainir et les débarrasser de ces détritus, qui, abandonnés, se corromperaient et provoqueraient des épidémies. L'art des constructions souterraines est là tout entier. Il aplanit les inégalités des surfaces terrestres, les perce, les canalise et la vie se précipite dans ces voies nouvelles. Mais, si la décadence arrive, ce grand art des travaux souterrains s'étiole et meurt, ou du moins il ne donne plus de son existence que des témoignages si rares et si faibles que nous en retrouvons à peine quelques vestiges. Il faut une reprise de l'activité européenne pour le voir renaître. Ce sera le grand honneur de notre siècle d'avoir vu s'accomplir de gigantesques entreprises qui égalent et surpassent même les plus vastes travaux de l'Antiquité.

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