‹ Les galles et leurs habitantsChapitre 12 sur 32 · S8 LES GALLES · texte numérisé non relu

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Telle est la constitution du tannin de la galle ou du moins de la plus grande partie de celui-ci.

Quant aux divers autres tannins ils paraissent donner constamment du glucose parmi leurs produits de dédoublement on peut les considérer comme des gluco&ides polygalliques.

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On trouve sur les rosiers et de préférence sur les églantiers et sur la rose à cent feuilles des jardins des excroissances moussues et chevelues vertes et rouges connues sous le nom de Bédéguars. Ces galles ont attiré de tout temps Tattention des naturalistes. Pline leur donnait le nom de Sponffiola Cynorrhodon. Les filaments qui constituent l'abondant chevelu des Bédéguars partent d'une masse intérieure qui n'est qu'un assemblage de noyaux extrêmement durs accolés les uns aux autres. Les galles sont mûres en automne. Mais les habitants ne les désertent pas encore. Les larves se transforment en nymphes pour passer l'hiver et ne sortent qu'au printemps suivant à l'état d'insectes parfaits. Or, la demeure est parfois richement habitée. A côté des Rhodites^ il est fréquent de trouver de nombreux parasites, commensaux ou destructeurs. Citons le Periditus Brandti, plusieurs espèces de Synergus, deux espèces de Ct/nips, un Diplolèpe, Vlchneumon Bedeguarn Geoffroy et divers Braconides et Pteromalides, ce qui fait dans beaucoup de cas une vingtaine de parasites qui apparaissent en même temps que l'habitant régulier de la galle, avant ou après lui.

Les bédéguars offrent sur la plante hospitalière deux situations principales. Ils sont sur les côtés des branches ou à l'extrémité des rameaux.

Le développement de ces singulières productions fut recherché par Réaumur. Le grand naturaliste ne put trouver

une solution exacte pour le problème qu'il voulait résoudre. Il commit même à propos des bédéguars une erreur des plus graves. « Chacun, dit*il, part ordinairement d'un bouton; il s'est fait une étrange altération dans les parties de ce bouton pour fournir à une production telle que Test une des grosses galles. Le nombre des filaments est trop grand, car il y en a des milliers, pour qu'on puisse imaginer qu'il n'est qu'une feuille défigurée; il est plus vraisemblable qu'une seule a fourni de quoi faire un très grand nombre de ces filaments, qu'elle a pour ainsi dire été refendue en différentes parties, ^u que chacune de ses fibres est devenue un des cheveux de la galle. Les difficultés qu'on trouve à expliquer la formation des galles de cette espèce augmentent encore, quand on sait qu'il n'en vient pas seulement sur ces boutons. J'ai observé sur les fibres des feuilles des galles chevelues qui, à la vérité, étaient très petites, mais qui avaient ce que les autres ont de plus particulier, le chevelu. Après tout, dès qu'une feuille, dès qu'une fibre de feuille peut devenir un arbre, une fibre peut fournir à des végétations de certaines espèces auxquelles le bouton fournit (1). » Réaumur est embarrassé par la présence des poils. Comme les folioles des bourgeons du rosier sont laciniées, et que chaque laciniure ressemble au chevelu d'une galle, il en conclut, ainsi que le fait remarquer M. de Lacaze-Duthiers, que ce doivent être ces feuilles refendues qui produisent ces perruques, pour employer l'expression même de Réaumur.

M. Lacaze-Duthiers et M. Paszlavszki ont donné une explication plus scientifique du développement de ces curieuses galles. Nous extrayons du mémoire de ce dernier auteur les quelques développements dans lesquels nous allons entrer (2).

Le Rhodites rosœ qui produit le bédéguard pond ses œufs

(1) Réaumur Histoire des Insectes. T* m, Mém. XII, p. 467.

(2) Paszlovszky. A Rozsagubaes fedjlodésérol.

dans un jeune bourgeon dont les feuilles ne sont pas encore étalées; elles sont redressées vers le sommet du cône végétatif et se recouvrent mutuellement en formant à cause du rapprochement de leur base de véritables verticilles de trois folioles chacun. La ponte a lieu sur un de ces verticilles; elle dure en moyenne de vingt-quatre à quarante-huit heures. La femelle qui fait des efforts visibles arrive à pondre une cinquantaine d'oeufs et même davantage. Ceux-ci se rencontrent un peu partout sur le pétiole et sur le limbe, aussi bien à la face supérieure qu'à la face inférieure de ce dernier, sur les bords comme à son extrémité, enfin sur toutes les nervures, mais principalement sur les nervures principales, avec lesquelles ils forment souvent de véritables rangées alternantes. Ils sont simplement collés sur Tépiderme ou logés dans une très petite dépression. La feuille présente de bonne heure une proéminence circonscrite qui correspond à la dépression primitive et dans laquelle se trouve toujours un œuf. Entre le moment de la piqûre et la formation de la galle s'écoule dix-huit à dix-neuf jours. L'auteur pense comme Thomas, Adler, Van der Hœven, que la larve à son éclosion se nourrissant du tissu de la plante, provoque la production gallaire et entretient son développement jusqu'à sa constitution définitive. L'auteur est tout à fait en désaccord avec M. Lacaze-Duthiers qui trouve l'explication du bourgeonnement de la tumeur dans la spécificité d'un venin sécrété par l'insecte. Nous avons vu, en étudiant les causes de la formation des galles que la théorie du professeur de la Sorbonne n'est pas générale et n'est pas applicable en particulier aux galles produites par les Cynipides.

Quoi qu'il en soit, les folioles garnies d'œufs sont arrêtées dans leur développement et les entre-nœuds qui leur correspondent restent très courts. C'est pour cela que les trois folioles, dont la disposition sur l'axe est normalement alternante, se trouvent presque au contact l'une de l'autre dans

un même plan, et forment un véritable verticille. A la suite

de cet arrêt de développement, les organes s'épaississent. Le.

pétiole et le limbe acquièrent un développement considérable

et perdent leur forme primitive. Les galles se montrent à la

surface des feuilles déformées comme des petits gonflements

sur lesquels apparaissent de petites houppes de poils rouges,

verts ou violacés. L'épaississement continuant toujours, les

trois folioles chargées de productions gallaires viennent à se

toucher par les bords, entourent la branche qui les porte et

forment ainsi le bédéguar annulaire. Les parties situées au^

dessus de la tumeur se flétrissent et tombent. Le bédéguar

occupe alors le sommet des rameaux. Il serait difficile de

s'expliquer l'origine, la formation et la position de cette galle,

si Ton ne connaissait pas la série de transformations que

nous venons d'indiquer: On voit que cette production est

encore assez complexe. Elle est formée par une multitude de

petites galles qui se sont soudées entre elles et dont chacune

représentera plus tard un des noyaux solides de la galle

mûre et renfermera alors non pas une larve, mais une nymphe

ou un insecte prêt à s'envoler.

Les bédéguars qui se trouvent sur les côtés des branches se forment dans presque tous les cas aux dépens d'une seule feuille. Les bédéguars renferment du tannin en quantité trop peu considérable pour qu'ils puissent avoir un emploi en médecine. Autrefois ils jouissaient d^une très grande réputation et paraissaient devoir guérir les maux les plus divers. On les donnait en poudre, comme astringents, anlivermineux, contre l'hydrophobie, le calcul, la scrofule, l'alopécie, la piqûre de la tarentule, etc. Le nom de Sanatados qui leur fut donné en Sicile à la suite des éloges dont ils furent l'objet dans le Museo di piante rare de Boccone, témoigne de la confiance qu'on avait pour les vertus de celte production bizarre. Le temps et l'expérience ont fait justice de cette superstition. Giraud a signalé sur le rosier sauvage des galles produites

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par le Rhodites spmosissimm. C» sont des renflements à une seule chambre larvaire, lisses, terls^ou rouges, situés sur les pétioles ou sur les feuilles. Plusieurs fenilLes voisines peuvent être envahies à la fois par la production gaKaire. Comme la tige présente un arrêt de développement au poilr^ qui leur correspond, les entre-nœuds sont très rapprochés. Les feuilles déformées de deux nœuds voisins peuvent se trouver en contact. Il en résulte alors un massif de galles qui peut atteindre 5 centimètres d'épaisseur. Les mêmes galles ont élé observées sur le calice et les fruits.

Sur les Bosa canina et rubiginosa, le Rhodites eglanteriœ produit des galles uniloculaires, sphériques, rouges, ayant de 2 à 6 millimètres. On les trouve à la partie inférieure des feuilles ou sur les pétioles.

Le Rhodites rosarum Gir. produit sur le rosier sauvage des galles comparables aux précédentes, mais plus dures et couvertes de nombreuses excroissances en forme d*épines.

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