GALLES PRODUITES EN DEHORS DES CHÊNES ET DES ROSIERS
Une galle multiloculaire de 3 à 8 centimètres de longueursur un centimètre d'épaisseur, lisse et souvent fortement recourbée, se produit sur la tige des framboisiers et des ronces sous l'influence de la piqûre du Diastrophus nibi Hartig.
La tige à ce niveau a l'aspect d'un renflement fusiforme. Celte galle est remarquable à cause de la situation des chambres larvaires. Si on fait une coupe de la tige au niveau du renflement gallaire, on voit que ces chambres larvaires, qui ont la forme de petites cavités rondes, sont placées au. sein d'une moelle abondante immédiatement en dedans de l'anneau des faisceaux fibro-vasculaires ; chacune d'elles est protégée du côté du bois ou étui médullaire par une couche
ligneuse. Une galle du même genre semble se présenter d'après Oslen-Sacken sur le Rubus mllosus de l'Amérique du Nord.
Des galles spériques ou oblongues, ligneuses, d'un demicentimètre de diamètre à plusieurs chambres larvaires sont produites sur les pétioles du Potentilla reptans par YAulax potcntilla Will, et sur le Potentilla argentea par le Diasti^ophus Mayri.
On connaît bien les galles que produit YAulax Hieracii sur les liges de plusieurs espèces de Hieracium et surtout sur celles des^ÉT. murorum et sylvaticum. Ce sont de^ galles sphériques, plus ou moins couvertes de poils et ayant deux centimètres de diamètre, sinon davantage. Elles présentent de nombreuses chambres larvaires entourées d'une couche protectrice ligneuse. Lorsqu'elles se forment au voisinage de la racine, il arrive que la tige est remplacée par une grosse galle au voisinage de laquelle une ou plusieurs feuilles radicales acquièrent leur dévolloppement normal et concourent à sa nutrition.
Le Diastrophus Scaôiosœ Giv. et YAulax Jaceœ Schenck déterminent la production de galles analogues, le premier sur la tige du Centaurea Scaôiosa et le second sur les pédoncules floraux du Centaurea Jacea.
Sur les nervures des feuilles des Ace?' pseudoplatanus et A.platanoides, on trouve des galles sphériques, chauves, lisses qui sont l'œuvre du Bathiaspis aceris.
Le Diastrophus Glechomse Hartig détermine sur les feuilles, pétioles et tiges du Glechoma Hederacea la formation de galles charnues, sphériques, couvertes de poils, ayant plus d'un centimètre de diamètre et présentant une seule chambre larvaire dans laquelle l'insecte adulte passe l'hiver.
UAulax Salvia Gir. atteint les fruits du Salvia officinalis qui deviennent sphériques et gros comme un pois.
h'Aulax Rhœadis Hart. produit un gonflement remarquable de la capsule du Papaver Rhœas. Celte galle, qui fait de la cap-
suie du pavot une véritable monstruosité, a été signalée par Vallol dans les Mémoires de l'Académie de Dijon.
C'est une galle multiloculaire. Elle résulte de Thyperlrophie des parois de la capsule. Au contraire, VAulax minor Harlig, produit sur les capsules de la même plante à peine développée des galles petites, sphériques, qui poussent sur les cloisons.
A la base des tiges des graminées, Tentomologiste Mayr a signalé des renflements fusiformes,multiloculairesqui seraient l'œuvre d'un Cynipide. On attribue aussi à l'action d'un Cynipide ces renflements fusiformes, recourbés, qu'on trouve à la base du Pteris aqiiilina. Ces galles sont comparables à celles que nous avons décrites pour le Rubus villosus et Idœus qui sont l'œuvre du Diastrophus rubi.
Nous venons de voir que les Cynipides exercent leur action sur les plantes les plus diverses. Mais souvent ils déterminent la formation de productions morbides sur des plantes qui nous intéressent. Nous avons pensé qu'il était important de signaler ces exemples de galles dont la plupart sont du ressort de la pathologie végétale à laquelle nous ne devons pas rester étranger.