ACTE TROISIÈME
LE BARON
Certes, monsieur Floupin... De sorte que l'horreur que j'inspire... ?
FLOUPIN.
Oh! inimaginable!... Que voulez-vous, monsieur le baron ! il y a des figures comme ça, auxquelles on ne se fait pas!... tandis que d'autres... Ainsi, moi... je n'ai qu'à paraître... on m'adore!...
LE BARON
C'est un don de nature, ça, monsieur Floupin.
FLOUPIN.
C'est un don de nature !
LE BARON
Et conclusion : vous venez me proposer?...
FLOUPIN, à part.
Eh bien, mais il y va tout seul; c'est charmant. (Haut.) Je viens vous proposer tout bonnement, monsieur le maire, de donner votre démission...
LE BARON
Comme ça?. .
FLOUPIN.
Comme ça, oui !... comme vous voudrez enfin, pourvu...
LE BARON
Oui..., et, en admettant que je me rende à ce désir... monsieur Floupin.,., mon successeur... faut-il le demander?... ce serait vous.
FLOUPIN, avec satisfaction.
Vraisen-.blablement, qponsieur le maire, ce serait moi.
LE BARON
Ah çà! mais permettez!... Que je sois maire, moi qui n'ai pas d'autre opinion politique que d'être fort libéral, bon !... Mais, vous qui faites de l'opposition!... car vous faites de l'opposition...
FLOUPIN.
Oh! monsieur Ig baron, on commence toujours parla.
LE BARON
Enfin, vous êtes de la fabrique... Et avec vos principes... car enfin vous avez des principes...
KL ou PIN,
Si j'ai des principes!... monsieur le mairo!... J'en ai... à choisir!...
LK BAUGN.
Ail !... en sorte que dans le tas...?
FLOUPIN , avec sntisfaction.
Vous n'étiez pas tantôt à ma conférence?
LE BARON
Non.
FLOUPIN.
Tant pis!... Vous ne reverrez jamais cela!... Un succès!... justifié du reste... J'ai eu des mouvements d'une éloquence... (Debout.) Ainsi, quand je me suis tourné, par un geste menitçant, du côté de Paris!... comme ceci...
LE BARON
Non... à gauche, Paris...
FLOUP N.
Non... à droite.
LE BARON
Pardon... à gauche.
FLOUPIN.
Enfin, je l'ai apostrophé de ce côté-ci.
LE BARON
Alors, vous n'avez menacé que Pontoisc,
FLOUPIN.
Peu importe.
Oh! pour l'effet qui en résultera!...