‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 183 sur 238 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

GENEVIÈVE

Siirlout!... Sérieusement, Henri, allez-vous-en, mon ami, j'ai peur!...

HENRI

Que craignez-vous?

Que l'on no nous voie ensemble!.,, et vous qui tenez tant au secret, et qui ne voulez même pas que Pauline... Si elle rentrait... pourtant!

HENRI

Mais non, Pauline se promène...

GENEVIÈVE, dépitfio.

Ahl...

HENRI, vivement.

Et justement, il faut bien que nous nous concertions sur la marche à suivre avec elle... Ah! c'est raisonnable, cela, j'espère... Vous ne direz pas que je ne suis pas sérieux... je

parle afTairesl... (II la fait asseoir doucement. )

GENEVIÈVE, assise, les yeux sur la pendule.

Eh bien, voyons... je vous donne cinq minutes... la,... pas davantage.

HENRI

Ah! mettons dix!...

GENEVIÈVE

Cinq!...

HENRI

Dix!... Je n'aurai le temps de rien dire.

GENEVIÈVE

Allons, soit!... mais en voilà déjà une de^ perdue!... Parlez vite!... J'ai les yeux sur le cadran.

HENRI, s'asseyant près d'elle.

Je veux donc vous dire... Ah bien, regardez-moi un peu.

GENEVIÈVE

Non! non!... Les affaires!... marchonsl

HEXRI.

Geneviève!...

GENEVIÈVÎÎ.

Huit minutes!... Soyons sérieux'

H EN a î.

Vous ne tournerez pas un peu les yeux de mon côté .

GENEVIÈVE

Non!

0!i! que si!

Oli! que non!

HENRI

GENEVIÈVE

Oli! que si!... Je vous parlerai si tendrement,... mon regard cherchera le vôtre avec tant d'obstination et d'amour... que ces jolies mains auront beau défendre à ces petites oreilles de m'écouter... que ces yeux auront beau se détourner pour ne pas me voir... Votre cœur ne perdra pas une de mes paroles, pas un do mes regards!... Et le moment viendra où ces mignonnes mains attendries s'abandonneront doucement aux miennes, oi!i ces yeux rebelles me feront l'aumône d'un sourire... oii nous nous trouverons enfin, la main dans la main les yeux dans les yeux, comme il faut être quand on aime., et comme nous voilà... car nous y voilà!... malgré vous... méchante!...

GENEVIÈVE, troublée.

Parce que je suis une lâche qui n'ai point de volonté.

HENRI, lui baisant les doigts.

Parce que vous m'aimez, chère Geneviève, comme je vous aime.

GENEVIÈVE, se dégageant.

Si Pauline venait pourtant!

HENRI

Mon Dieu, laissons donc Pauline!... Qui songe à Pauline?..

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