‹ Les garnisons de la barrière dans les Pays-Bas autrichiensChapitre 10 sur 56 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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d'exposer à une irrévérence publique tout ce que nous avons de plus sacré dans noire Religion, pour satisfaire ses passions personnelles? »

Les Etals, il faut le dire, protestent contre celle pensée : ils n'ont jamais suspecté les intentions du prélat, mais ils réclament aussi pour leur agent le bénéfice de la sincérité '. Le Chapitre, de son côlé, ne démord pas de ses accusations : Lewe a beau arguer de sa bonne foi, toutes ses explications sont ou « frivoles » ou « condamnables » ''^.

Il n'est pas plus heureux en faisant valoir pour sa défense les ordres qu'il a donnés lorsqu'il a vu arriver la procession attendue seulement une heure plus tard : de suite il a fait retirer la troupe, sans ballre la caisse, de manière à laisser au cortège religieux « plus de huit fois le terrain doni il avoil besoin pour passer commodément ». Tout s'est fail avec ordre, en silence, les ofhciers el soldats qui n'élaienl pas sous les armes se tenaient la tête découverte, le comte de Saint-Génois, grand-bailli de la ville, l'a constaté. Lewe proteste que jamais il n'a pu lui entrer dans l'esprit d'offenser en rien la religion catholique.

Les chanoines répondent que « cette protestation est justement suspecte au Chapitre '^j qui, dans les occasions principales où il s'est agi de donner

1 « Leurs Hautes Puissances veulent bien croire que le Doien n'a pas eu l'intention préméditée d'indiquer une heure qui pût donner occasion à de la confusion. Elles se flattent que Son Altesse Royale voudra bien croire pareillement que ledit Sous-Major n'a pas in(lii|ué dans son rapport une autre heure que celle qu'il a cru entendre du Doien. »

2 Le général Lewe avait fait remarquer qu'avant la guerre il commandait non la place, mais la citadelle, que les ordres concernant la ville n'étaient pas alors de son département, et qu'il ignorait les heures des processions. Dans le cas présent, il s'était borné à maintenir les ordres donnés les années précédentes, et n'avait nullement modifié l'heure de la parade. Le Chapitre répondit : « rien n'est plus frivole qu'une pareille excuse... l'ignorance qu'il affecte pour s'excuser, vraie ou prétextée, seroit toujours condamnable chez un officier chargé du commandement, et qui doit en connaître toutes les parties et tous les objets. »

3 « Les faits que celui-ci avoit avancés pour sa justification étoient non seulement bazardés et contradictoires, mais même en quelques endroits il se condamnoit lui-même; car, outre ce qui a déjà été relevé à ce sujet, il est certain que quand même il auroit pu ignorer l'usage constant allégué par le Chapitre, il lui étoit fort aisé de s'en informer,, s'il lui restoit quelque doute là dessus, ce qui cependant paraitroit extraordinaire après la réponse qu'il avoit donné que c'était un ancien usage, réponse que l'on ne peut regarder que comme contradictoire à l'ignorance qu'il affecta sur ce qui s'étoit pratiqué constamment à cet égard à Tournay. »

DANS LES PAYS-BAS AUTRICHIENS. iOl

des marques de ces prétendus égards, a eu le désagrément de voir le général Lewe agir directement au contraire d'un si bel exposé » \

Le prince Charles de Lorraine montra une fois de plus l'esprit conciliant dont il était animé, et, tout en réclamant une réparation, il insista surtout pour que l'on s'entendît en vue d'éviter le retour de pareils conflits.

iVlais il semble que les Étals aient été de moins bonne composition. Fis s'attachèrent à couvrir le général ^ et à le justifier à tout prix. Non seulement ils acceptèrent ses explications, ce qui était admissible, puisqu'il excipait de sa bonne foi et concluait à un simple malentendu, mais ils accusèrent le Chapitre d'avoir manqué d'égards au commandant en lui envoyant un ecclésiastique subalterne, tandis qu'il eût été convenable de déléguer une députation d'au moins deux chanoines, « ainsi qu'il est en usage à Namur, et ainsi qu'on l'a pratiqué à Tournai même du tems de la domination françoise, à l'égard du commandant françois ». Le reproche semble puéril, et le Chapitre s'empressa de le relever avec une àpreté qui exaspéra son contradicteur \

Les États refusèrent d'imposer à leur agent la moindre démarche susceptible d'être interprétée comme une amende honorable, et ils prétendirent que tout désordre serait évité à l'avenir, si le Chapitre députait auprès du commandant, avant chaque procession, deux de ses membres porteurs « d'un mémoire par écrit sur le pied que cela se pratiquoit à Namur d.

Les chanoines nient que l'usage soit tel à Namur; ils s'en sont assurés par « des informations aulentiques » ; Lewe a, une fois de plus, usé d'argu-

I Allusion à l'enlôvemenf d'un déserteur réfugié dans la calhédralo. Nous parlerons plus loin de cette retentissante affaire.

"i « Leurs Hautes Puissances sont d'avis que dans le trouble survenu inopinément, le L' Général de Lewe s'est tiré d'affaire d'une façon à lui acquérir pliiicit des éloges que du blûme. Du moins Leurs Hautes Puissances jug<Mit <|u'on nesauroit en demander davantage à un commanilant et à des lriiu|)i's d'une |)uissance prolestante. » (.Arcliivcs du Kovaume à La Haye. Registre de copie des correspondanci's de Rnuelles du 7 octobre 17 i9 nu 12 mars 17:i2, ("' 2tl-2";0.) - Voir aussi : lliidcni. nr.iolutien vait II. II. M. de Statrn generaul, séances du 2"2 septembre IT.'iO, f"" (;;^(l-f)37; du 30 octobre IToU, 1" 730.

3 Le lo octobre 1750, le général de Lewe écrit ù van liaren « Je vous dénonce l'indigne

conduite de ceux qui me clii(|uanent ils sont comme des enrajés contre moi. » (Archiv.-s

du Itoyaume i'i La Haye. Hru.<t.iel, IHveme hrievcn, 17î)l.)

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menis de fantaisie, tout comme lorsqu'il rappelle une coutume prétendument observée pendant l'occupation française \

Mais en supposant même que l'afiîrmation du Hollandais soit fondée, cela n'a aucun rapport avec l'incident de Tournai '-. Une fois de plus se manifeste la tendance des officiers de la République à s'arroger une autorité inconciliable avec les droits de la Souveraine, en dépit de l'alliance politique conclue entre les deux pays. Si l'on n'y prend garde, le découragement et la désaffection « grandiront jusqu'au péril ».

Les esprits étaient donc 1res agités, et le comte de Neny nous apprend ^ que l'autorité supérieure crut de sa dignité de rompre les négociations \ Ceci esl une erreur assez inexplicable de la part d'un haut fonctionnaire généralement bien informé. La vérité, nous allons en fournir la preuve, est que si les pourparlers n'aboutirent pas promptement, la question ne fut cependant pas perdue de vue.

Le Gouverneur général ne renonça nullement à rétablir la paix entre les pouvoirs. Il adressa, en 1754-, à l'Évoque d'Ypres et au Magistrat de celte ville, une demande de renseignements sur la manière dont ils procédaient pour éviter aux processions la rencontre des troupes hollandaises.

1 11 existe au dossier une déclaration du « Chapelain des fiantes formes de l'église cathédrale de Tournay », Charlier, portant que lui seul s'est rendu, au nom du Chapitre, la veille de la procession, chez le marquis de Brézé, lieutenant du Roi de France. Les années suivantes, il a été chargé, dit-il, d'une mission analogue auprès du prince de Hesse- Hombourg, du baron de Dort, de M. de Bracquel et du prince de Hesse-Philipsthal.

2 Le Conseil suprême des Pays-Bas à Vienne fit porter son enquête même sur ce point de détail, et il en résuma les résultats comme suit : « A Namur, on fait quatre processions générales par an. La veille de la première, qui se fait le jour de l'invention de la Sainte- Croix, le chantre de la cathédrale, qui en est chanoine, se rend avec le maître de cérémonie, qui est simple bénéficier, chez le Gouverneur, pour l'informer de la marche de la procession, afin qu'il veuille bien empêcher et prévenir par ses dispositions qu'elle ne soit point troublée par les troupes de la garnison. Pour les trois autres processions, c'est le bénéficier seul qui en avertit le Gouverneur. » (Consulte du Conseil suprême des Pays-Bas à Vienne, datée du 5 février 1751.)

3 Dans le Mémoire que nous publions aux pièces justificatives, n° III.

* « La continuation et le redoublement des attentats et violences des commandants et officiers de la République sont allés au point du depuis que le Gouvernement général des Pays-Bas crut ne pouvoir plus faire avec décence aucune proposition sur la matière. » (Ibidem.;

Cette correspondance est intéressante parce qn'elle nous montre qu'à Ypres la question soulevée avait été résolue d'une manière satisfaisante pour la dignité de (ous ', et nous voyons même l'Évéque rendre hommage à l'attitude correcte du commandant hollandais ^

La conclusion retenue par le prince Charles de Lorraine de cette enquête officieuse, fut que ce qui était possible à Ypres devait pouvoir se réaliser dans les autres garnisons, et il chargea le secrétaire d'État et de guerre d'écrire dans ce sens à l'Évêque de Tournai ^.

L'Évéque se montra plein de déférence pour les désirs du prince; le Chapitre, à son tour, voulut faire preuve de dispositions pacifiques, et, sans récriminer au sujet du passé, proposa que la parade mililairo se fit à une heure où nulle rencontre n'était à craindre \

1 Le premier éctievin De Gheus répondit, le 24 février 1734, que, la veille de chaque procession, on avertissait le commandant des troupes : « A la Fête-Dieu, c'est l'Êvèque lui-même qui avise le Gouverneur, et demande deux sergents qui accompagnent la procession pour empêcher les irrévérences; ils marchent à cotté des chanoines, un peu avant le baldachin sous lequel on porte le Très-Saint-Sacremenl, chapeau bas et la halebarde sur l'épaule, et, la cérémonie (inie, ils reçoivent, à chaque procession, chacun un écu à trois couronnes, qui leur est payé à la Fête-Dieu aux frais du chapitre, et à la dédicasse, aux frais de la ville. » (Archives du ftoyaume à Bruxelles. Secrétairerie d'État et de guerre, registre DCCLXI, f- 197-1!J8.)

■2 Le 2S février 1734, l'Evêque d'Ypres, Guillaume Delvaux, confirma les renseignements fournis par l'échevin De Gheus, et déclara que « le prince d'Holstein Beck, commandant de la place étoit très exact sur cet article, et punissoit sévèrement otiieiers et soldais qui manquoient à la moindre chose ». Le prélat ajoute que cette démarche à faire auprès du commandant hollandais (!st « fort peu de chose pour éviter les désordres que nou; n'avons grâces au Seigneur pas eu pendant les 22 ans que je suis à Ypres ». (Ibidem, f° 201. i

3 « Son Altesse Boyale est trop persuadée de votre piété et de votre zèle pour une atfaire qui tend à vous assurer une parfaite tranquillité dans l'exercice des cérémonies de notre Sainte-Keligion pour pouvoir douter que vous ne vous y livriez avec empressement, et loin qu'une conduite paredie puisse être taxée d'humiliante ou d'inférieure à votre caractère, elle ne fera que donner du relief l'i votre sollicitude pastorale, puis(|ue toute personne qui pense bien devra convenir que c'est fort peu do chose que ces démarches à faire près du gouverneur ou commandant pour prévenir des désordres et des irrévérences auxquelles le plus grand mistôre de la foy sans cela reste toujours exposé, n (Ibidem, f" 105.) — L'Evêque répondit, le 13 avril 17."ii, (|u'il s'empresserait de déférer au désir du Prince. Ibidem, f" 279.)

♦ « Sur le quay, au deli"i île l'Escaut, h huit heures du malin ; la procession ne traversant la rivière (|ue plus d'une heure et demie après, il n'y a aucune rencontre l'i craindre. » —

Enfin, le prince d'Orange en personne intervint « pour marquer son désir d'aller au devant de tout ce qui peut faire playsir au gouvernement des Pays-Bas », el, le 8 juin 1754, en sa qualité de chef suprême de l'armée, il ordonna au général Lewe de mettre chaque année à la disposition de l'Évêque de Tournai deux sergents catholiques ' chargés de veiller au hon ordre de la procession; les soldais réformés devaient se retirer soit dans le corps de garde, soit dans leurs guérites.

Ainsi se termina cet épisode qui avait mis aux prises durant plusieurs années toutes les autorités locales el les deux gouvernements.

Une autre procession faillit aussi amener des complications diplomati(|ues. Cette alïaire n'a pas de rapport imniédial avec le système de la Barrière, cependant elle s'y rattache indirectement, et nous croyons utile de la mentionner ici parce qu'elle est inédite.

Un dimanche du mois de juin 1752, comme on pavoisait les rues de la

Sur cet incident, voir : Réponse que les Élats-Généraux des Provinces- Unies ont faite au mémoire que le Sirïtie Duc Gouverneur leur avoit fait remettre pour se plaindre du scandale que la garnison hollandoise à Tournai avoil causé le ii' de septembre 17 SO à l'occasion de la procession solennelle qui se fait tous les ans ce jour là en la même ville. (Joint à la relation du 20 janvier 1751. Archives du l{oyaunie à Bruxelles, (lliancellerie des Pays-Bas à Vienne -j^- : ad H.) — Observations des Doyen, Chanoines et Chapitre de Tournai] sur la réponse donnée par ordre du Prince Slathouder et de Leurs Hautes Puissances les États généraux des Provinces- Unies au mémoire du 7 octobre dernier contenant des plaintes contre le Lieutenant Général Lewe au sujet de ce qui s'étoil passé en cette ville le 14 de septembre, jour de la procession solennelle. (Ibidem, —^ : ad H.) — Dépêche du prince Charles de Lorraine à l'Impératrice, du 20 janvier 1751. (Ibidem, ^- : ad H.) — Consulte du Conseil des Pays-Bas sur la réponse peu satisfaisante et déplacée que les Étals généraux des Provinces- Unies ont faite sur le mémoire que Son .4 Itesse Royale leur avoit fait remetlre pour se plaindre de l'irrévérence que la garnison de Tournai avoit commise le H de septembre de l'année dernière à l'occasion de la grande procession. (Ibidem, -^ : ad H.) — Archives du Royaume à La Haye : Brussel, Me7norien en Brieven, 1750-1753.

' « Dans la marche de la procession, ces deux sergents catholiques marcheront douze à quinze pas devant le Vénérable (c'est-à-dire le Saint-Sacrement), un peu hors du fil de la procession, ii droite et à gauche, en uniforme, le chapeau à la main, la halebarde haute, pour prévenir tout désordre. » (Billet envoyé par le prince d'Orange au baron de Heischach, le 8 juin 1754. (Archives du Royaume à Bruxelles. Secrétairerie d'Etat et de guerre, registre DCCLXI, t' 184.)

DANS LES PAYS-BAS AUTRICHIENS. lOS

capitale en vue de la procession de la Fêle-Dieu, les délégués des Provinces- Unies aux conférences ouvertes à Bruxelles, (ireiil d'abord des dillitullés pour permettre que Ton ornât, selon la tradition, riiolel du prince de Grimberghe, où il? étaient descendus, et devant lequel le cortège devait passer.

Ceci n'était qu'un manque de déférence pour un usage populaire très ancien '. Peu après se serait produit un fait plus grave : les domestiques des diplomates hollandais auraient arraché les verdures placées sur la façade d'une maison voisine, ce qui aurait exaspéré la foule. L'ordre ne fut maintenu qu'à grand'peine par l'escorte militaire. D'autres processions, non accompagnées de troupes, devaient circuler les dimanches suivants : si des actes aussi contraires aux sentiments du peuple se reproduisaient, ou pouvait craindre des troubles. C'est ce que le Secrétaire d'État et de guerre exposa au Résident Van llaren, en le priant, de la part du prince Charles de Lorraine, d'inviter ses collègues à user de procédés plus courtois et plus conformes aux précédents '^.

Il semble que le Gouvernement se soit avancé trop vite, celte fois, avant d'êlre en possession de renseignements précis, et sans avoir procédé à une enquête contradicloire.

La réponse ne se fil pas attendre. Le ministre de Hollande répliqua avec hauteur qu'il n'avait jamais craint de subir à Bruxelles des violences ou des insultes de la part du peuple : il csi)érait bien trouver dans la capitale des Pays-Bas les égards dont les représentants de l'Impératrice étaient entourés à La Haye. Abordant ensuite l'objet propre de la lettre du Secrétaire d'État, il faisait remarquer que le mar(|uis de Bolia Adorno, ministre plénipotenliaire, avait été dûment prévenu par les commissaires protestants, britanniques

1 « Son AlU'sse Royale a lieu d'espérer que MM. Van der Heim et Van Citters voudront bien n'gler leur conduite A cet é^ard sur celle (|ue les ci-devant ministres résidents de Leurs Hautes Puissances ont tenu en pareille occasion. » (Arcliives du Royaume à La Haye. Brussel, Memorkn en bheven, 1750 ITull)

2 « Le peuple est fort aiteiitif à cet acte de culte extérieur, auquel il ne scroit pas conseillable de manquer et diiiij^ereux de s'opposer p:ir mc'^pris. » (Dt'prche adressée par lo prince (Jinrles de Lorraine à l'hnpt'ratriee, le 7 juin llli'l. Archives du l{oyaunie;'* Bruxelles. Chancellerie des Pays-lias ;"i Vienne, Dépêches d'oftîce, D. 39, l.ilt. 15, cuni n" 1, i, 3, portefeuille n" 169.)

el hollandais, de leur intention de ne pas faire placer d'ornements sur la façade de leurs maisons. Fn agissant ainsi, ils n'avaient coiilrevenu à aucun règlemonl, et le marquis avait reconnu formellement leur droit.

D'autre part, ils n'avaient pas man(|ué de prescrire au personnel domestique de s'abstenir de tout acte qui pourrait scandaliser les catholiques.

Le Résident constate donc avec un profond élonnement que Taulorilé belge déclare abandonner froidement, de propos délibéré, le logis des ambassadeurs aux insolences de la populace, sans prendre les mesures de protection commandées par le droit des gens, alors qu'il sullil, pour provoquer une émotion populaire, « d'un malintentionné ou d'un supersticieux » .

La bonne foi du gouvernement a été surprise, el ses informations sont erronées. Les diplomates affirment, de la manière la plus expresse, que leurs serviteurs ne se sont pas montrés pendant la procession ' et n'ont pu, par conséquent, donner de scandale.

Quoi que l'on ait dit au cours de l'enquête, aucun serviteur de la légation hollandaise n'a arraché des branches de verdure ornant une maison. La réalilé se réduit à ceci : un valet, rentrant à riiôlel après avoir fait une course en ville, a reçu sur la tète une de ces branches mal assujettie. Il s'est borné à la ramasser et à la mettre de côlé. Ce qui prouve d'ailleurs l'invraisemblance du grief, c'est que le serviteur incriminé est natif des Pays-Bas autrichiens et pratique le culte catholique. Le jour dont il s'agit, quand il a vu arriver la procession, « il s'est agenouillé comme sa religion l'exige ».

La lettre de Van Haren est très vive dans la forme '-. On sent qu'il a été

1 « Sauf des servantes qui sont allé voir la procession dans la maison du boulanger d'en face, sur son invitation, et qui se sont comportées avec toute la décence possible. » (Lettre adressée par Van Haren au Secrétaire d'Etat et de guerre, le 15 juin 17S2.)

- « J'aurai l'honneur de vous dire que nous avons été jusqu'ici dans la ferme confiance que nous nous trouvions en situation de devoir craindre aussi peu quelque violence publique ou quelque insulte dans ce pays-ci, surtout en matière de religion, que' les ministres de Sa Majesté Impériale et lînyale, qui ont résidé ou résident encore à La Haye, n'en ont à redouter de la fiarl des sujt-is de la République, où le droit des gens a toujours été respecté en leur personne.

» Cette confiance étoit d'autant plus fondée que nous avons tous amplement parlé sur

blessé par la communication, maladroite, il faut le reconnaître ', de Crumpipen. Il revondi(|ue son droil avec âpreté -.

Un de ses prédécesseurs avail agi tout autrement. En 1720, la République des Provinces-Unies élail représentée à Bruxelles par le Résident Peslers, et l'hôtel de la légation hollandaise se trouvait rue des Sols, en face de la , chapelle dite Salazar. Celte année-hi, on fêla plus solennellement que de coutume l'oclave du Saint-Sacrement de Miracle, et une procession magnifique parcourut les rues.

Désireux de ne pas scandaliser ses voisins, le diplomate calviniste fil orner sa maison comme les autres et en avisa son gouvernement ^.

cette matière avec M. le marquis de Botta, en lui déclarant tous (commissaires des Provinces Unies et commissaires britanniques) que nous ne consentirions pas que des ornements de verdures fussent mis devant nos maisons. Jusque là même que M. Van der Heym, qui avec M. Van Citters a loué l'hôtel de Grimberghe, a remis à Son Excellence la même déclaration, et qu'EUe lui a fait répondre : Du reste le Gouvernement n'exige et n'a jamais rien exicjé sur cet objet, de la part de qui que ce soit, et il est libre par conséquent à M. Van der Heim et à M. Van Citters de se conduire à cet égard comme ils trouveront convenir.

» C'est donc avec une douleur d'autant plus vive que nous avons apperçu dans la leUre dont vous m'avés honoré que le Gouvernement supose que nous pouvons être insultés par la populace, et que ce Gouvernement nous abandoncra aux insolences de la multitude, que le moindre mal intentionné ou superstioieux trouve quelquefois moijcn d'animer et d'émouvoir avec facilité, si on ne condescend pas h tout ce qu'elle demande.

» Je puis vous déclarer de la pari de ces Messieurs et de la mienne que quiint au reste nous avons donné les ordres les plus sévères que ceux de nos maisons se gardent de donner aucun scandale ;'i personne. « (Dépêche adressée par Van tiaren ii Crumpipen le 15 juin 1751. Archives du Royaume à La Haye. Lettres de ISruxelles du 13 mars I7S2 au 6 février 17:i6, f ' 40-49.) — Il y a aussi des documents sur celte atfaire. Ibidem, Brussel, Negotiatie llerstel der Barrière, 1749-1756; et Ibidem, lirussel, C.ewonc brieven, 1751-1733.

1 Le Conseil suprême des Pays-Bas est d'avis que Crumpipen a eu tort d'écrire comme il l'a fait . « Cette démarche, en échauffant les esprits sans nécessité, peut aussi donner des soupçons à Londres et !\ La Haye que le Gouvcrnenicnl chercheroit A s'éloij^'ner de la bonne harmonie et amitié dans la(|U(^lle il convient de vivre avec les deux puissances maritimes. "(Délibération du Conseil siiprrine des Pays-Bas fi Vienne du 13 juin 1755. Archives du Royaume à iîruxelli's. Chancellerie des Pays-Bas. Dépêches d'otlice, D. 39, litl. B, cum ni» 1, 2, 3, iKirtefcuille n" lti9.)

2 « C'est une mauvaise querelle que ces commissaires, et surtout le génie inquiet et remuant de Van Haren ont encore voulu susciter au Gnivernemenl. » (Ibidem.)

3 Le 23 juillet 17'20, Peslers écrivait aux Liats-Généraux :

« En op gisteren di- Iweede processie van het soo gcnoemdo sacrament van miraculen plcglig heeft bijgewoond, waermede bel jubilé is geslolen. De decoratien van huijsen on

Le -Ministre plénipolentiaire de 1752 ayant eu connaissance de ce précédent, le (it valoir auprès du Résident Van Ilaren. Il lui écrivit que la question soulevée n'avait aucun rapport avec la liberté religieuse du représentant des Provinces-Unies, laquelle ne pouvait être un seul instant mise en discussion : il s'agissait simplement de permettre une démonstration pieuse, conforme aux usages du pays, que le ministre de Hollande avait tolérée sans dilTicuIlé à une autre époque.

On parvint à trouver une transaction : à l'avenir, on ne décorerait pas l'hôlel de la légation, mais on planterait des lattes à quelques pieds de la façade, et on y attacherait les branches de verdure traditionnelles \

Ainsi finit la... difUculté.

Parfois, mais rarement, ce sont les Hollandais qui se plaignent de subir des vexations de la part des habitants.

En 1757, le Résident des Provinces-Unies réclama la punition d'un bourgeois d'Ypres qui, le jour de la Fête-Dieu, avait insullé et maltraité la servante de l'Auditeur militaire parce qu'elle refusait de se mettre à genoux au passage de la procession.

Les États-Généraux demandèrent que des instructions fussent données par le gouvernement au Magistrat de la ville pour éviter le retour de pareilles violences ^

straaten sijn nogti fraijer en cierlijker geweest als de eersie reijse, en deweijle de gemelte processie is gepasseerd voorbij mijn huijs, regt over de capelle van Salasar, sijnde de plaetse geweest alwaer de Joden in hunne sinagoge, volgens de traditie, souden hebben dooistoken de geconsacreerde hostien, die in de selve capelle, onder de processie syn geexponeerd geworden, soo tieb ik niet kunnen afwesen, om geen ergernis te geven, van mijn huijs oock te laten vercieren gelijck de andere. » (Archives du Royaume à La Haye. Brussel, Secrète brieven, 1711-1730.)

i Dépêche adressée par Crumpipen, le 8 juillet 1752, au Conseil suprême des Pays-Bas à Vienne. (Archives du Royaume à Bruxelles. Chancellerie des Pays-Bas. Dépêches d'office, D. 39 ^.) — Voir aussi : Rapport sur les cHlficultés survenues à l'hôtel de Grimberghe pour la procession. (Chancellerie des Pays-Bas à Vienne, registre CVItl, f" 146.)

2 « De veiller qu'à l'occasion de processions dans la ville, ceux de la Religion reformée qui doivent y résider ne soient pas maltraités, mais simplement avertis de se retirer de l'endroit oîi elles passent. » (Archives du Royaume de Bruxelles. Conseil privé, registre aux consultes, n» XCIII, f" 126.)

Les échevins d'Ypres, interpellés par le Conseil privé, répondirent que Tincidenl n'avait guère eu Timporlance que Ton semblait vouloir y attribuer. Le commandant liollandais n'avait même pas adressé de plainte à l'autorité communale : au cours d'une conversalion avec l'avoué de la ville, il avait mentionné le fait incriminé « en termes vagues et sans désignation de personne », et il avait paru se rendre à l'observation « que semblable ordonnance dans les circonstances d'une plainte aussi peu circonstanciée ne tendroit qu'à faire naître des animosités qui n'exisloient pas ».

Tel fut aussi l'avis du Conseil privé. Le prince Cbarles de Lorraine s'y rallia, et l'affaire n'eut pas de suite '.

La question religieuse revient par intermittences, à propos des circonstances les plus diverses.

Le 4 novembre 1754, le Magistrat de Fumes envoya au .Ministre pléni-

^ Le 7 août 1757, Crumpipen écrivit au Résident Van Haren :

« Monsieur,

» En renvoyant h Votre Excellence les pièces ci-jointes pour découvrir celui qui a prétendu obliger par des mauvais traiteinens la servante de l'auditeur militaire ;"» Ipres de se mettre à genoux pendant la procession, et les ordres à donner pour que pareille chose n'arrive plus, j'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que le Ministre plénipotentiaire a chargé ceux du Magistrat de la ville de faire tous les devoirs possibles pour parvenir i"» la connoissance du fait et de ses cir(;onstances, nommément pour savoir qui des bourgeois ou des habitans avoit commis l'excès dont on se plaint. Mais il résulte de leur réponse que leurs devoirs ont été inutiles, f|u'il n'y a même aucune preuve de l'insulte, ot que moins encore on a pu en découvrir l'auteur.

» Pour ce qui est de la nouvelle orilonnance ;\ émaner pour empêcher ces sortes de cas à l'avenir, on ne la trouve ni convenable ni nécessain^ : pas convenable, parceque dans le cas d'une plainte si peu circonstanciée que l'est celle dont il s'agit, elle ne pourroil qui' faire naître des animosit('s cnln^ le militaire et la bourgeoisie; pas nécessaire, parceque, par les ordonnances faites ci-devant, et qui sont en vigueur, il y est sutiisamnient pourvu, et si l'excès en question étoit prouvé et l'auteur connu, le Magistral n'auroit pas manqué de punir le coupable selon les circonstances du cas

» J'ai l'honneur, etc. [s.) » Criimpipen. »

(Archives du Koyaumc ;"i La Haye, linissi'l, Mcmorien en hricvt'u, I7.'JH-I7(>-1.)

no LES GARNISONS DE LA BARRIÈRE

potenliaire de l'Impératrice à Bruxelles un mémoire ' imputant au lieutenantcolonel de Courvoisier, commiindant de la plate, des actes absolument blessants pour le cidte catlioIi(|ue, et contraires au respect dû à la mort. La femme d'un soldai liollandais catholique étant décédce à la caserne, les cérémonies de ses obsèques furent réglées de commun accord entre le curé de la paroisse et le iMajor de la garnison. Le Magistrat reconnaît que jusqu'à ce moment la cond(n'le des autorités militaires avait été très correcte ^

A l'heure fixée, le corps, porté par des soldais ^, arriva à l'église, et le service commença.

Le lieutenant-colonel de Courvoisier, qui se promenait sur la place, fit donner l'ordre aux militaires qui se trouvaient dans le temple de se retirer immédiatement *.

« Un pareil procédé ne pouvoit produire que des murmures et du désordre dans Téglise, Le scandale augmenta lorsqu'après j'oflice fini, le curé s'avança vers la bière pour faire l'enterrement; les soldats qui dévoient la porter, avoient été contraintz de se retirer, et il fallut que la charité de trois bourgeois et d'un frère alexien qui se trouvoient dans l'église y suppléât.

» Comme le corps mort devoit être enterré au cimetière, il arriva un nouveau désordre à la porte de l'église, car il s'y présenta quelques basofficiers qui voulurent contraindre les soldats qui portaient les manteaux noirs et les crêpes à se dépouiller de ces marques de deuil, et on assure qu'ils arrachèrent même le manteau à celui de ces soldats qui marchoit le dernier. »

Les échevins de Furnes demandent justice au gouvernement. Les faits.

< Mémoire contenant les griefs de la ville de Fumes contre le lieutenant-colonel de Courvoisier. (Arcliives du Royaume à La Haye. Brussel, Memorien en brieven, 17o3-1764.)

2 « Elles avoient agi avec beaucoup d'honnêteté et de modération. »

3 « Il étoit suivi par le mari et deux soldats en manteaux de deuil, plus quelques autres soldats et un adjudant qui se placèrent avec modestie dans différents endroits de l'église. «

* « Tous obéirent, sauf cinq. »

DANS LES PAYS-BAS AUTRICHIENS. Ml

affîrnienl-ils, sont établis par une enquêle sérieuse '; et ils accentuent leur plainte en accusant le commandant hollandais d'avoir prémédité le scandale -.

Riais rolïîcier pris à partie se défend avec une énergie irritée ^.

A l'entendre, il a été d'abord étranger à toute TalTaire; c'est le bourgmestre de Fnrnes, qui, poussé « par un zèle fanatique », a, de son chef, introduit des innovations déplacées \ sans tenter même d'établir un accord avec l'autorité militaire pour modifier les usages suivis.

Tandis que les enlerrenienls militaires se sont toujours faits à Fnrnes sans appareil religieux, sauf à l'église, cette fois on a ordonné au capitaine de « livrer le corps aux prêtres romains, qui vinrent avec la croix et la baimiére s'emparer du deiïunl dans le pavillon même », et cela en présence de plus de mille personnes, « ce qui auroit pu facilement occasionner du tumulte ».

Courvoisier expliipie ensuite qu'il était malade à Ypres lorsqu'il apprit ce qui venait de se passer; il reçut en même temps l'avis qu'un nouvel enterrement devait avoir lieu à bref délai dans les mêmes conditions.

Il commença par s'informer du cérémonial qui se pratiquait à Ypres.

< « Ils rësultcnt d'une information fie quatorze témoins entendus sous serment les 17 et 21 octobre derniers pardevuiil des commissaires du Magistrat de Furnes. »

'■i « Après avoir étalé sa mauvaise volonté dans un callé par des propos indecens et ineonsiderez (|u'il y tint le 13 en présence de |)lusicurs personnes, il se mit en devoir d'exécuter ses menaces le lendemain, jour destiné pour l'enterrement. »

3 Réponse à un mémoire de la cour de Bruxelles i-emis à Monsieur le baron Van Haren contenant des griefs de la ville de Furnes contre k Lieutenant Cvljnel de Courvoisier. (Archives du Hoyaume i'i La Haye;. Brusscl, Diverse brieven, 17o2-17oa.)

•*■ « Le L' Colonel étoit malade ù Ypres lors de l'enterrement du 8 octobre qui se passa avec beaucoup de scandale. On avoit avant ce lems ta enterré plusieurs morts tant romains que réformés dans le cimetliére de la garnison sans (|ue les prêtres y eussent assisté, comme cela se prati(|ue en Hollande.

» Le régiment n'ayant reçu du ( oloiiel ((iminandani de la place aucune autre instruction, le capitaine Kaiidils, qui commandoit le n'aiment ^ l'al)senee du t>' Colonel, vouloil continuer sur le menu? pied, ù l'occasion de l'enterrement d'une femme catli(»li(|ue romaine. Mais te Major de ta place, par ordre du Grand Major, ariella le convoi en pleine rue, et rol)li;;ea de r(!louriier au |)avdl(in d'où il élail sorti, et ({'la sur des leprésenlalions (jne venoii de faire dans ce moment au Grand Major le bourgemestrc. » (.Ibidem.)

On lui répondit que les traditions élaient identiques dans les deux villes '.

Rentré dans sa garnison, il fit élat et des précédents et de l'exemple d'Ypres, pour arrêter qu'à Tavenir on porterait le corps à l'église, sans croix et sans bannière ; il serait interdit aux prêtres de se rendre au quartier, ce qui était « contraire aux privilèges de la nation et des troupes de Leurs Hautes Puissances ».

Le Lieutenant-Colonel affirme donc qu'il n'a innové en rien et qu'il s'est borné à faire respecter les anciens usages dont personne ne s'était jamais plaint. Il ajoute qu'à sa connaissance aucun has-officier n'a fait sortir les soldats de l'église, et lui-même n'a donné d'autre instruction que celle de maintenir l'ordre avec soin '-.

Le Magistral de Furnes, continue-l-il, n'a adressé aucune plainte à l'autorité militaire. S'il avait arlicnlé des faits précis et reconnus exacts après enquête, justice aurait été faite sur l'heure. Au lieu d'agir ainsi, il a préféré envoyer à Bruxelles des réclamations vagues et incriminer les tendances et les intentions en se basant sur des faits controuvés. Qui a fait preuve de bon vouloir? Le bourgmestre de Furnes, qui s'avise de modifier, sans entente préalable, une convention touchant à des matières délicates, ou l'officier hollandais qui, voulant éviter des (|uerelles devant un cadavre et une famille en deuil, laisse entrer le clergé en grand apparat dans la caserne, et lui permet d'y accomplir ses rites, ce qui est contraire aux prérogatives de la garnison? Il y a mauvaise volonté et procédés discourtois dans ceci, mais c'est du côté de l'autorité civile. C'est elle qui tracasse les Hollandais par ses « minucies » intolérables ; c'est elle qui, oublieuse de ses devoirs.

i a Le L' Colonel, pour evitter et prévenir pareille avanie à son régiment, s'informa à Ypres de quelle façon on enterroit les catholiques romains. Le Major de la place, vieux officier, la luy donna en écrit, savoir qu'on portoit le corps mort jusqu'à la porte de l'église, qu'on le remetloit aux prêtres qui étoienl payés pour l'enterrer, et qu'après l'avoir livré, le cortège se retiroit. » (Archives du Royaume à La Haye. Brussel, Diverse brieven, 1752-1755)

2 « Il peut attester par serment qu'il n'a donné à son adjudant aucun ordre, ny à aucuns bas-ofifiers que ceux qu'il avoit reçu du Colonel commandant, savoir de prévenir tout attroupement de monde ce qui étoit scandaleusement arrivé à l'enterement du 8 octobre, et d'exécuter celuy-cy suivant l'usage de la lîarrière. »

DANS LES PAYS-BAS AUTRICHIENS. dl5

laisse les logements de la troupe dans un étal d'insalubrité telle que, chaque année, plusieurs soldais y perdent la vie, et que la plupart voient leur santé compromise '.

Le bourgmestre s'est oublié au point de dire en public qu'il voudrait voir disparaître la garnison et les remparts de la place. C'est là un propos autrement grave que celui qu'on reproche au commandant, dont on a d'ailleurs, selon riiabiiude, travesti les paroles"-. Aussi Courvoisier espère-l-il que le prince Charles d(! Lorraine n'attachera pas plus d'importance qu'il ne convient à des dénonciations calomnieuses, et qu'il ne retirera pas ses bonnes grâces à un ollicier irré|)rochable.

On comprend combien les rapports entre le Magistral et l'Élat-major devaient être faciles et cordiaux après l'échange de pareilles aménités!

^ Nous parlerons plus loin des plaintes causées par le mauvais état du casernement.

- « Il est bien malheureux jiour un otiicier du caractère du 1^' (Colonel de Courvoisier après tant d'années de service de se trouver soubçonné par M. le Magistrat de Fumes d'avoir tenu des propos inconsidéré/, dans la maison du calfé. 11 est vrai qu'il y entraé le 13 pour parler au major de la place; il luy témoigna sa surprise de ce qui s'étoit passt à l'enterrement d'une femme romaine pendant son absence, ajouttant que c'ctoit une avanie pour le régiment qu'il avoit l'honneur de commander, que c'étoit l'exposer aux reproches de ses seigneurs et maîtres, que d'avoir souH'erl que les prêtres vinssent avec la croix et la banière jusques dans nos pavillons, que bien que nous respectassions ces noms de croix et de banière, que c'étoit cependant contre nos prérogatives et contre toutle coutume; (|ue la prêtrise romaine, tout comme la réformée, n'i-toit (|ue trop |)ortée à augmenter leurs droits sans leur en fournir les moyens. Le L' Colonel finit cette conversation en disant que s'il avoit été présent ù Furnes, il n'auroit é|)argné aucune représentation pour prévenir ces nouveautés qui auroient pu occasionner ilu trouble.

» Voilà sur la parolle d'honneur et sur serment tout ce qu'a dit le L' Colonel, que MM. du Magistrat traittent de propos indécens et inconsiderez. » — Voir aussi sur cette affaire : Hesoluiu'ii vtin II. 11. M. de Slalen yeiteraal, séance du i"! novembre ITot, 0* t>29.

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