‹ Les Gastrectomies Laissant l'Ulcère en PlaceChapitre 32 sur 59 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

Les expériences de Steinberg viennent appuyer ces constatations humaines. Par une autre méthode, elles parviennent au même résultat. Sur 23 chiens, Steinberg fit d’abord une R.p.e., enlevant le pylore. Quinze jours après, il dérive le contenu duodénal 60 cm. en aval de l’anastomose gastro-jéjunale. Il ne se produit aucun ulcère, bien que 7 chiens aient été réopérés une troisième fois et que l’on ait traumatisé l’anse jéjunale en faisant un nœud («à kink ») à 5 cm. de la bouche ; sur 12 autres chiens, le même

x AO ee

auteur exécute une exclusion abandonnant l’antre. Quinze jours après, la même dérivation du contenu duodénal est faite au même point. 6 chiens font un ulcère clinique et des 6 restants, 3 autres après la torsion de l’anse présentèrent un ulcère jéjunal. À l’autopsie l’antre est trouvé rempli d'un liquide fluide et contient quelquefois des aliments.

Rapprochements.

Les échecs dus à la conservation du pylore peuvent être rapprochés avec fruit des insuffisances d’autres interventions dirigées contre les ulcères. Ainsi la gastrectomie segmentaire large contre les biloculations gastriques d’origine ulcéreuses donne une proportion de récidives qui atteint 14% d’après Eiselsberg, 32 % pour Friedemann, 33 % pour Clairmont. Dans sa thèse, Ortega a bien su montrer combien la gastrectomie segmentaire, qui paraissait devoir être supérieure à la gastrectomie annulaire et aux gastro-gastrostomies, se trouvait en réalité plus proche de ces interventions que de la gastro-pylorectomie qui a donné à Pauchet 18 succès sur 18 cas. Okinezyc et Brocq ont insisté dans le même sens en ce qui concerne les ulcères en activité (S. N. C., 1933).

Les échecs retentissants de l'opération d’Eiselsberg sont du même ordre. Il ne fait pas de doute qu'entre une opération qui guérit cliniquement limmense majorité des ulcères (résection gastrique large), et une autre qui déclenche habituellement lapparition d’un ulcère jéjunal (opérations d’Eiselsberg, de Devine), il y a une sorte d’intermédiaire, constitué par la résection pour exclusion lorsqu'elle abandonne de lantre. On pourrait y ajouter les gastrectomies insuffisamment poussées vers la gauche. Du point de vue technique, comme du point de vue anatomique ou clinique, ces interventions constituent comme une série d’échelons qui relient de façon à peine discontinue les facteurs de guérison et les facteurs de récidive.

SR a

Page 1