TRAITEMENTS DIVERS
Différentes méthodes ont alors été proposées. Les unes sont locales : thermo-cautérisation de Balfour (souvent employée en Amérique), excisions partielles, curettage, iodage, enfouissement de l’ulcère, résection transgastrique de l’ulcère (Toupet, Noetzel, Delore, Moynihan). De nombreux cas isolés en ont été publiés avec des résultats inégaux. Des succès aux Etats-Unis et en Angleterre ne paraissent pas être de longue durée. En Europe Centrale, l’excision d’ulcère est complètement abandonnée (Zuckschwerdt).
Les biloculations, les récidives sont monnaie courante. Les succès ne sont fréquents que dans les ulcères anciens, cicatrisés et sténosants, où la maladie ulcéreuse n’est plus rien, où l’obstacle mécanique est tout (Goetze).
D’autres visent à mettre l’ulcère au repos soit par jéjunostomie, soit par sonde jéjunale introduite par la bouche et laissée à demeure. Des succès temporaires de ces méthodes ont été rapportés par Lempp, Lameris, Alkan. Nissen, Bôrger, Nordmann, Delore, Noetzel, Starlinger, Morawitz. Enderlen en a obtenu de bons résultats. Mais Zuckschwerdt et Eck ont revu ses malades qui, tous, avaient récidivé après suppression de la jéjunostomie.
La gastro-jéjunostomie, associée ou non à un traitement local de l’ulcère a été utilisée. Milnes Walker, Guérin et Dumoulin ont souligné son insuffisance. Duval estime qu’elle donne 70 % d’échecs. Didier et Bompart ont noté que la gastrectomie secondaire est inévitable et que ses difficultés techniques la rendent plus meurtrière que la gastrectomie primitive. Il ne fait pas de doute que ces différentes interventions rendent des services pour des malades dénutris et souffrant beaucoup. On doit connaître que leur efficacité est souvent brève et les interventions secondaires fréquentes. Ainsi, Haberer, par horreur de l’opération de Madlener (qu’il n’a jamais pratiquée), défend la jéjunostomie mais n’en a obtenu qu’un bon résultat durable. Enderlen, Kirschner, Môrl acceptent eux aussi le principe d’une jéjunostomie d’attente, mais conseillent d’envisager toujours une intervention secondaire.
L'OPÉRATION DE KELLING-MADLENER.
En 1923 Madlener sé trouva trois fois, pour ulcères haut situés de la P. C., devant l’alternative de risquer une résection étendue ou de faire une simple jéjunostomie. Il imagina alors d’essayer une intervention indirecte du genre de celle que Finsterer avait baptisée « gastrectomie pour exclusion ».
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Une femme de 45 ans présente un énorme ulcus haut situé sur la petite courbure, pénétrant dans le pancréas et entraînant une biloculation gastrique. Son état général très altéré contreindique une résection étendue. Madlener pratique une pylorectomie. Dès le lendemain, la malade cesse de souffrir. Elle dort, alors que depuis huit ans, les douleurs nocturnes troublaient gravement son sommeil. L'état général se transforme. La malade prend 7 kgr. en quelques semaines. Sur des radios successives publiées par Madlener on voit la disparition progressive de la niche, en huit mois et demi. Il reste un aspect en sablier cicatriciel.
Madlener publia ainsi trois observations à peu près superposables, dans lesquelles le résultat datant de quelques mois paraissait excellent.
Cette méthode — qui ne peut être appelée gastrectomie pour exclusion puisque l’ulcère abandonné n’est en aucune manière exclu du circuit digestif — a pris le nom d’opération de Madlener.
Nous en avons réuni 127 observations.
Les plus anciennes remontent à 1918 et sont dues à Kelling, qui paraît bien avoir la priorité et dont le nom devrait précéder celui de Madlener. En 1930. Wells (de Liverpool) a exécuté quatre fois cette intervention sans connaître les travaux allemands sur la question.
La plus grande partie des observations est d’origine allemande, ce qui peut être expliqué facilement par lorigine de la méthode, la grande fréquence des ulcus calleux en Europe Centrale, la méconnaissance de la gastrectomie en gouttière de Pauchet, et la mauvaise réputation de la gastro-entérostomie.