‹ Les gaulois: origines et croyancesChapitre 8 sur 32 · Animisme diffus · texte numérisé non relu

Animisme diffus

Les religions spontanées, — j'entends celles qui n'ont pas été compilées ou condensées en système par quelque voyant habile ou convaincu, — toutes ont eu pour point de départ l'attribution aux objets et phénomènes réels ou imaginaires de volontés propices ou hostiles, inquiétantes surtout, analogues mais supérieures aux volontés animales et humaines, et qu'il importe de prévoir, de fléchir ou de solliciter. C'est la période de l'animisme diffus, que certains peuples semblent n'avoir pas même atteinte, et que beaucoup d'autres ont à peine dépassée. En général, cependant, chaque catégorie de choses, d'êtres ou de faits, animés, doublés de puissances mystérieuses, n'a point tardé à se résumer en une sorte de chef ou de protagoniste, auquel on peut accorder le nom de dieu. Ces divinités à leur tour, selon leur force, selon leur importance respectives, et selon l'opinion très variable de leurs adorateurs, se sont formées en hiérarchies vassales sous le commandement de dieux , nombreux encore, mais de plus vaste envergure, et planant, pour ainsi dire, au-dessus de la racaille surnaturelle.

De tous ces états-majors divins, la plupart, Perses, Grecs, Latins, Germains et Scandinaves, Slaves et Gaulois, sont déjà rangés et étiquetés dans ce grand muséum, l'histoire des religions, où leurs pareils et > :

leurs vainqueurs prendront place à leur tour. Seuls les plus humbles soldats des armées dont ces chefs, sortis du rang 1 , avaient assumé la conduite, végètent encore dans les landes et les forêts, autour des cimetières, jusque dans nos banlieues, pierres hantées, arbres et plantes magiques, génies de l'eau, de la terre et de l'air, esprits des morts, essaims des gnomes, des sylphes et des fées. C'est par eux que doit commencer notie enquête sur les croyances de nos aïeux : ne sont-ils pas les aînés de la race divine?

A leur arrivée dans nos climats, les bruns à tête ronde, ceux qui forment encore la majeure partie de la population française entre la Seine et la Méditerranée, se sont nécessairement assimilé les croyances de leurs prédécesseurs, et cela d'autant plus aisément que les leurs étaient de même nature. Ainsi avant eux avaient fait les Ligures, les Ibères ; à leur tour, flots à flots, les tribus blondes et dolichocéphales vinrent déposer sur un sol déjà encombré de superstitions les réminiscences de l'Orient, de la Scythie et des régions transrhénanes. Vous voyez, sans que j'y insiste, dans quel, chaos de fables accumulées, de pratiques dix fois séculaires, le Druidisme essaya d'introduire une apparence d'ordre, écartant ou négligeant les unes, acceptant les autres et les incorporant à sa liturgie, posant au-dessus, enfin, dans une sorte de nuage métaphysique, les quelques dieux supérieurs tardivement conçus par l'imagination celtique.

La domestication des animaux paraît avoir coupé court, chez les Indo-Européens à ce culte direct, si développé dans l'ancienne Egypte, et si singulièrement { conservé par les Todas des monts Nilgherries. Le bœuf, le cheval, le bélier sont devenus dans nos

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