‹ Les gazogènesChapitre 15 sur 61 · LE POUVOIR CALORIFIQUE · texte numérisé non relu

LE POUVOIR CALORIFIQUE

de carbone cl un gaz mélangé d'acide carbonique et d'iivdrogène, les deux mélanges étant faits dans des proportions telles que le pouvoir calorifique, comme nous l'établissons en France, soit équivalent.

Si ces gaz sont employés de façon à ce qu'ils sortent d'un four, ou d'un moteur, à une température analogue, ils donneront cependant un résultat très différent. S'ils sortent à 500°, par exemple, les premiers ne conserveront à Téchappement que 500 fois leur chaleur spécifique, soit euviron 160 calories par mètre cube, tandis que, si les seconds sont formés en très grande partie d'hydrogène, ils contiendront par mètre cube en plus de ces 160 calories, environ 180 calories dues h la chaleur latente de volatilisation.

L'argument que je présente ici, par cet exemple, est évidemment très puissant. Il demande d'attirer Tattention et les constructeurs de moteurs à gaz feront bien, quand ils devront prendre des engagements garantissant un travail déterminé, pour un pouvoir calorifique déterminé des gaz fournis, de s'inquiéter de la composition de ces gaz. 11 est certain que, si 2 grammes d'hydrogène donnent, en brûlant, en eau condensée, 69 calories, ils ne donnent en vapeur d*eau que 58 calories et que, si le premier chiffre est bien le pouvoir calorifique de rhydrogène, tel que nous le définissons en France et tel qu'il me semble judicieux de l'adopter, le second chiffre, seul, peut nous fixer sur l'emploi de Ténergie latente du combustible qui peut être fait dans un moteur.

Aussi M. Meyer s'insurge-t-il contre la définition que nous donnons, en France, du pouvoir calorifique et dit qu'elle ne sert qu'à tromper sciemment l'usager.

En résumé, il est bon de connaîlre ce que l'on appelle le pouvoir calorifique maximum, celui adopté en France, vapeur d'eau condensée, et le pouvoir calorifique minimum, afin de ne pas se laisser illusionner par les chiffres du premier. D'autre part, il ne semble pas que le second puisse être préféré. Car il n'y a aucune impossibilité à ce que, plus tard, dans les appareils industriels, on ne puisse récupérer la chaleur latente

r>4 LES GAZOGÈNES

de la vapeur (l*eaii. Il n'y a pas là de déchets nécessaires.

L'on échappe les gaz des moteurs à des températures élevées, parce que les compressions préalables se font adiabatiquement. Si elles se faisaient isothermiquement. comme M. Vermand Ta préconisé, Téchappement pourrait se faire à la pression atmosphérique et h la température atmosphérique, auquel cas la vapeur serait condensée.

De môme, dans un four, les gaz sVn vont par la cheminée de loO à 2^J(J", mais il n'est pas certain que la récupération de la chaleur ne sera pas, tôt ou tard, poussée plus loin et que Ton n'adoptera pas le tirage artificiel. Dans ces conditions, la vapeur pourrait élre condensée, et la chaleur latente utilisée ou récupérée.

Que devrait-on penser d'un gaz dont le pouvoir calorifique indiqué serait 1.000 calories et dont la combustion pourrait fournir 1.050 calories? Il semble plus judicieux de dire que le pouvoir calorifique d'un tel gaz est de l.OoO calories, mais de bien noter que les produits de la combustion comportent une proportion de vapeur d'eau non condeusable dans l'emploi industriel et qu'il ne faut compter que sur 1.000 calories au maximum dans la pratique.

Ou est souvent tenté, en considérant le pouvoir calorifique d'un combustible, de penser que, toutes choses égales d'ailleurs, sa combustion produira une température d'autant plus élevée que ce pouvoir est lui-môme plus grand.

Ceci serait évidemment exact, si Ton brûlait, dans la même enceinlt', avec une quantité suffisante d'air, une môme quantité de chaque combustible examiné. Mais, avec le gaz de gazogène, qiii est le combustible qui nous intéresse le plus, et surtout lorsque l'on tient à obtenir les températures les plus élevées, il convient de n'employer à la combustion que la quantité rigoureusement nécessaire d'air comburant, de façon à cchauller le moindre volume de gaz.

Dans ces conditions, le pouvoir calorifique seul ne donne pas du tout la notion de la température que l'on veut obtenir.

i.K porvoiu CALORiFiyrK r»:i

Il faut, au contraire, examiner la composition chimique du ■combustible.

En d'autres termes, pour connaître la température que Ton peut espérer obtenir, il faut envisager, à quantité égale, non pas la richesse du combuslible, mais la richesse du mélange tcmnant forme par le combustible uni h la quantité de comburant qui lui est nécessaire.

(^'est ainsi que, dans un ouvrage récent, je montrais qut» lorsque Ton brillait, dans un moteur à gaz, du gaz de ville, pris à 5. 3W calories, il fallait employer, en moyenne, 6°*\r)0 -d'air par n:èlre de gaz et que le pouvoir du mélange tonnant par mètre cube était ainsi ><le :

• „ .. ■ =: tOi calories.

Tandis que, pour le gaz de haut fourneau riche à 950 calories, la proportion d'air adoptée pouvait êlre de O^^S et le pouvoir calorique de 1 mètre cube de mélange se trouvai! :

- — rz: .t'ZH calories.

C'est ainsi qu'avec deux mélanges, où la richesse des gaz varie dans la proportion de à 1 le pouvoir calorifique du mélange varie seulement de i h 3, c'est-a-dire excessivement peu.

Examinons donc quelle en est la raison.

Les gaz combustibles qui se trouvent dans un gaz de gazogène, sont ou de Toxydc de carbone^ ou de Thydrogène, ou ^les carbures d'hydrogène, et ceux-ci sont dilués dans de Pazote et de Tacide carbonique, gaz inertes.

Il est à remarquer d'abord que Tair lui-même contient en volume 79 0/0 d'azote, c'est-à-dire de corps inerte, qu'il faut un volume d'oxygène, et, par suite, 5 volumes d'air, dans lesquels il y adi\jà 4 volumes d'azote, pour brûler 2 volumes d'oxyde de <;arbone. On conçoit donc facilement que, si la puissance tlu

50 LES r..VZO<;KNKS

{ra/ combustible est amoindrie par une certaine proportion d*azote et diacide carbonique, une semblable quantité de gaz inerte, ajoutée ou retranchée a une influence bien moins grande sur la puissance du mélange tonnant.

C'est le cas qui se présente pour les gaz de gazogène type Siemens et type Dows<m, et pour les gaz de haut fourneau.

Par exemple, si on compare 1 mètre cube d'oxyde de carbone, îivec 1 mètre cube de gaz dont moitié d'oxyde de carbone, moitié d'azote, le pouvoir du second sera moitié du pouvoir du premier et le pouvoir du mélange tonnant formé avec ces deux gaz, et toujours évalué par mètre cube, sera dans le rapport de 10 à 8,6.

11 en est encore de môme pour l'hydrogène, d'une façon moins frappante, puisque! mètre cube d'hydrogène ne nécessite, pour sa combustion, qu'un demi-mètre cube d'oxygi»ne, cVst-àdirc 2 mètres cubes et demi d'air.

Une seconde remarque qu'il est bon de faire, c'est que le pouvoir calorifique de l'hydrogène est, à volume égal, excessivement voisin du pouvoir calorifique de l'oxyde de carbone.

En effet, 2 grammes d'hydrogène brillent, en abandonnant 69 calories, la vapeur étant condensée, et 28 grammes d'oxyde de carbone, se transformant en acide carbonique, produisent

Ceci fait tout de suite voir que, lorsqu'on examinera un gaz dont on aura la composition en volume, on pourra additionner les quantités d'oxyde de carbone et d'hydrogène pour évaluer sommairement le pouvoir calorifique. Ce sera particulièrement utile, Ih où le méthane ne figure qu'à l'état de trace, les autres corps contenus dans le gaz combustible étant des gaz inertes.

Les carbures, en quantité appréciable, modifient très rapidement le pouvoir calorifique.

On peut simplifier la recherche du pouvoir calorifique, pour

l.E POUVOIR GALORIFIQI'K .*>:

les évaluations rapides, dans un gaz où ils figurent, en négligeant les chaleurs de formation des carbures eux-mômes de leurs éléments et en ne tenant compte que du pouvoir calorifique môme des éléments. C'est qu'en effet ces chaleurs de formation sont très pelites par rapport aux chaleurs de combustion et, par conséquent, sans grande influence. En outre, elles sont tantôt positives, tantôt négatives et souvent se détruisent mutuellement.

Quelques centièmes de méthane, ou d'éthylène, suffisent pour enrichir beaucoup un gaz. C'est qu'en effet, dans un même volume, Tun contient autant de carbone, l'autre le double de carbone, que l'oxyde de carbone et le pouvoir calorifique du carbone pour 12 grammes est de 9i"',3, presque une fois et demie supérieure à celui de l'oxyde de carbone. En outre, ces gaz contiennent lu quantité d'hydrogène qui fournirait 2 volumes, de sorte que le pouvoir calorifique du méthane peut être ainsi évalué ù 232 calories et celui de Téthylène à 326.

Réellement, en tenant compte des chaleurs de formation, les deux chiffres à adopter doivent être 213 et 341 calories.

On voit ici que les écarts sont do 5 0/0 environ, chiffre généralement inférieur aux erreurs possibles des proportions de ces corps reconnus dans les gaz à examiner, et que tous deux sont d'ailleurs en sens contraire.

La méthode indiquée a d'ailleurs l'avantage de pouvoir s'appliquer à tous les carbures d'hydrogène.

On voit encore qu'à volume égal, l'éthylène est 5 fois plus riche que l'oxyde de carbone et l'hydrogène, le méthane 3 fois plus riche.

Dans la presque totalité des gaz de gazogène, on ne trouve, comme gaz combustible, que l'oxyde de carbone, l'hydrogène et le méthane. 11 sera facile d'évaluer rapidement ce pouvoir calorifique, par mètre cube, en additionnant le pourcentage de l'oxyde de carbone, de l'hydrogène, et celui multiplié par 3 du méthane, et en multipliant le chiffre ainsi obtenu, par le pouvoir calorifique d'un mètre cube d'hydrogène h zéro et à 760 millimètres, c'est-à-dire par 3.090 calories.

ZH I.KS (;AZOGfeNK.S

Ainsi, par exemple, un gaz composé de :

Acide cai'boniijue 10,70

Oxyde de carbone 17,90

Mélhane 3,<0

Hydrogène 17,60

Azole 50,70

Total 100,00

«|)ourra Hre considéré comme ayant 44,8 d'éléments coml)ustil)les lie richesse égale à celle de l'hydrogène, ce qui donnerait à 0*, 1.384 calories, soit onvinm 1.31-5 à la température iiabituelle de 15^

Si une proportion de méthane augmente le pouvoir calorifique 3 fois plus qu'une proportion égale d'oxyde de carbone, -ou d'hydrogène, un volunic.de méthane nécessite, pour la -combustion, 2 volumes d'oxygène, soit 4 fois plus que pareil volume d'oxyde de carbone et d'hydrogène et le pouvoir du «nélange tonnant se trouve ainsi fort réduit. H faut, en effet, 10 volumes d'air pour brûler 1 volume de mélhane. U en faudrait 15, pour 1 volume d'éthylène.

En résumé, le mélange tonnant, composé uniquement de 1 volume de méthane et de 10 volumes d'air, contiendrait, au mètre cube, environ 867 calories. Le mélange tonnant convenant pour l'éthylène, 954 calories, et le mélange d'un volume d'oxyde de carbone ou d'hydrogène, avec les 2 volumes et •<lemi nécessaires k la combustion, aurait un pouvoir caloriri([ue de 883 calories au mètre cube, chiffres extrêmement voisins. On peut, toutefois, y remarquer, en considérant l'hydrogène et le méthane, que le pouvoir calorifique d'un gaz de 3.000 calories a beau être bien inférieur à celui d'un gaz de O.OTK) calories, il n'en est pas moins vrai que le mélange tonnant formé par le premier est plus riche que celui formé par le second.

De tout ceci, il résulte que ce qui est de la plus grande importance, lorsque l'on recherche, soit dans un moteur, soit dans un -appareil de chauffage, des mélanges riches, ce n'est pas du Août d'avoir des gaz de distillation riches en carbures, puisque

LE l»Oi:V«)lU CALORIFIOIK 59

rhj'lrogèneetroxyde de carbono donnent d*aussi bons résultats. Ce qu'il faut, c'est réduire la proportion d*azole et d'acide carbonique, dans les gaz provenant des gazogènes ordinaires et la proportion d*acide carbonique, dans le gaz à Teaii.

MalheureusemenL si Ton peut se débarrasser de Tacide •carbonique, en faisant barboter le gaz dans un lait de chaux, Ton ne possède aucun ni03'en de se débarrasser de Tazole.

Aussi faut-il rechercher, avec le plus grand soin, les appareils qui permettraient de faire ce triage dans l'air, avant d'introduire celui-ci dans legazogèneet pour l'air secondaire nécessaire à la combustion.

On a fait des tentatives en ce sens dernièrement, notamment avec l'appareil Mazza. On ne peut pas, je crois, se prononcer encore sur leur chance d'aboutir.

11 y a lieu de noler quelques pouvoirs calorifiques : Un kilo de carbone, brillant en oxyde de carbone, fournit 2.473 calories.

Pour un volume d'oxyde de carbone (2'2 litres ^), il y aurait

eu 26,1 calories.

Brûlant en acide carbonique, un kilo de carbone donne 8.080 calories. Pour un volume d'acide carbonique, 9i,3.

De cette sorte, la combustion, en acide carbonique, d'un volume d'oxyde de carbone fournit 08,2 calories.

Pour l'hydrogène, 1 kilogramme, brûlant en eau condensée, donnerait 34.462 calories; en vapeur d'eau ramenée à 0% 20.160 calories.

On remarque, ici, que la différence est considérable, elle atteint près de 16 0/0.

Pour un volume de vapeur d'eau, non condensée à ()", on aurait obtenu 58,3 calories (2 grammes d'hydrogène).

De ces données, on peut déduire :

H^O r C — IH 4- CO — 32,1 calories

2HaO + C -- 2H2 -f CO^ — 22,i —

I 60 J.K.S GAZO(iKNES

qui montrent Tinfluence endothermiquc des réaclions de la vapeur d'eau sur le carbone.

Je ferai remarquer que j'emploie, sans hésiter, et de préférence, ici, les pouvoirs calorifiques minima (vapeur d'eau non condensée). Ce sont ceux qu'il y a lieu de considérer, puisque l'eau est fournie à l'état de vapeur, en général, au gazogène.

ClIAPITUE VI

Je parlerai très succinelemenl des appareils servant à produire du gaz par distillation.

D'abord, comme je Tai dit, il est douteux qu'on puisse les intituler gazogènes. Ensuite, le but de cet ouvrage n'est pas de traiter une question si brillamment et si complètement exposée dans des ouvrages spéciaux, et pour laquelle ma compétence serait insuffisante.

Je ne décrirai donc pas les appareils de distillation de la houille et du bois.

Ce qui distingue le gaz de distillation, comme le gaz à leau, c'est Tabsence de l'azote, qui provient de ce que ces gaz sont obtenus sans le concours direct de Tair et, par conséquent, ne sont pas les produits d'une combustion incomplète, l'omme le gaz pauvre.

Les gaz de distillation, une fois épurés, débarrassés des eaux ammoniacales et de différents produits non combustibles sont, en général, formés, pour la plus grande partie, de carbures d'hydrogène, d'hydrogène, d'oxyde de carbone et d'acide carbonique.

C'est la présence des carbures d'hydrogène qui les distingue nettement du gaz à l'eau.

(^es carbures donnent, aux gaz de distillation, un pouvoir

02 LES GAZOGKNKS

caloi'ilique exlrêmemcMil oh*vé; il peut altoindre 12.000 calories, au kilogramme.

Jusqu'à cos (iorniorcs années, ces gaz ont été particulièrement recherchés pour Téclairage, parce que, î*euls, ils avaient un pouvoir éclairant puissant. Us ont été employés, aussi, en môme temps, pour le chauffage et pour la production de la force motrice, mais, à ee |)oint de vue, leur emploi a toujours été fort onéreux.

il semble aujourd'hui que ce qui donnait tant de valeur à ces gaz tend à disparaître.

C'est qu'en effet, avec les manchons h incandescence, d'autres^ gaz moins riches, notamment les gaz à l'eau ou les gaz mixtes de distillation et gaz à Teau, semblent convenir, au moins^ aussi bien et peuvent s'obtenir beaucoup moins chers.

Pour le chauffage, il est certain que, plus le gaz est riche au mètre cube, moins son transport est onéreux.

Les conduites du gaz de ville sont relativement petites eU si l'on voulait substituer, dans une cité, au gaz de distillation, des gaz plus pauvres, on ne pourrait pas se servir des canalisations existantes.

Cette considération présente un certain intérêt lorsque les conduites sont longues.

C'est ainsi que le gaz de hauts fourneaux, qui est produit si l)on marché, peut difficilement être expédié loin du haut fourneau, à moins que Ton ne cherche une solution analogue à celle que l'on a déjà employée en Amérique, et que le gaz ne soit conduit à destination sous forte pression.

J'ai montré, dans le chapitre V, que la richesse du gaz n'avait pas une influence décisive sur la température que sa combustion pouvait entraîner, et que le gaz h Teau, notamment, ou le gaz Riche, donnait des mélanges combustibles d'un pouvoir calorifique semblable.

Il semble donc que l'avantage de l'emploi du gaz de ville pour le chauffage est très limité.

Enfin, malgré les expériences si intéressantes de MM. Salanson et Debuchy, on a admis, jusqu'à ces dernières années, que le

rendement des moteurs à gaz était d'autant meilleur que le gaz était plus riche.

11 semble établi aujourd'hui, par la théorie, qu'au contraire c'est avec les gaz les plus pauvres que le rondement doit être le meilleur. L'expérience le confirme.

Tout ceci semble donc montrer qu'à moins de motifs spéciaux* il n'y a pas de raisons do princii>o h rechercher les gaz dedistillation.

D'autre part, il semble que ces gaz doivent revenir chers, a cause du mauvais rendement calorifique des appareils qui servent à les produire.

Ceci s'applique, en général, h tous les gaz qui sont obtenu*dans des cornues.

On a reconnu différenles causes de déchets.

La distillation n*est complète qu'après un chau liage fort long, de vingt-quatre à quarante-huit heures dans les fours à coke, suivant Tépaisseur, cependant très réduite, des cornues.

La température nécessaire pour parfaire cette distillation^ doit être très élevée, d'autant plus que les cornues en fer ou en fonte résistent peu longtemps et que Ton est obligé d'employer des cornues en terre réfractairo, que la chaleur traverseplus dilTicilement.

Dans ces conditions, il faut avoir, autour de la cornue, pendant une longue durée, des gaz provenant du foyer à une température sensiblement supérieure à celle de la cornue, et supporter, par conséquent, toutes les perles aux parois que cette haute température occasionne pendant un long délai.

En outre, pour entretenir cette température, il faut renouveler les gaz brûlés et, avec les meilleurs régénérateurs, quand on peut les employer, vu qu'ils coûtent très chers à établir, il y a, de ce fait, des déchets considérables.

Un régénérateur donnant 80 0/0 de rendement peut él reconsidéré comme excellent.

On a songé, dans bien des cas, à ne pas récupérer, au profit du foyer, la chaleur des fumées et à l'employer à uq autre^

04 l.KS (JAZOdKNKS

usage, comme, par exemple, au chauffage tics chaudières.

Dans ce cas, le rendement est tout à fait mauvais, parce que le transport de gaz chauds ne se fait qu'avec des pertes considérables.

D'autre part, quand l'air introduit dans un foyer n'est pas réchauffe autant que possible, la combustion au foyer est toujours moins bonne.

Les cornues elles-mêmes sont le siège de grandes pertes de chaleur.

Il y a perte par leurs portes, dont l'accès doit être facile.

Il y a perte de chaleur emportée par les gaz sortants, qui ne sont que bien rarement employés sans épuration. Or^ cette épuration nécessite un refroidissement préalable. Cette chaleur est presque toujours totalement perdue.

Enfin, le coke que Ton doit sortir des cornues est rouge, il faut l'éteindre.

On le refroidit ainsi sans que cette chaleur, jusqu'ici, ait pu sérieusement être récupérée. Une partie môme du coke brûle inutilement à l'air.

Le gonflement du charbon empoche le plus souvent que les cornues puissent servir d'une façon continue. On doit les charger périodiquement, les vider, les ouvrir en les refroidissant, d'où une cause nouvelle de pertes aux parois.

Tous ces déchets sont d'une importance bien plus considérable que ceux observés dans les gazogènes des autres familles, et leur examen suffit à permettre d'affirmer que le rendement d'un appareil de distillation ne peut être bon que lorsqu'il n'y a pas de paroi entre le foyer et le combustible à échaufler, ainsi qu'il se produit dans les gazogènes, vastes cuves où le charbon descend lentement, s'échauffe par conductibilité et distille avant d'être brûlé.

Il faut conclure, des observations présentées plus haut, que l'on n'a pas pu, jusqu'ici, faire des appareils de distillation ayant un bon rendement. Mais il ne faut pas oublier qu'il n'y a à considérer là que des déchets pratiques et que l'on peut imaginer des conditions où le foyer serait coniplètement en-

touré par les cornues, par conséquent bien protégé contre les pertes extérieures, où lallure serait extrêmement lente, permettant que les températures de deux côtés des parois s'égalisent presque totalement, où la chaleur fournie au gaz du foyer serait apportée sans un courant gazeux qui nécessite des pertes extérieures et où tout l'ensemble serait enveloppé dans une couche isolante très puissante.

Le rendement tendrait, dans ces conditions, vers Tunité. C'est, en effet, qu'il n'y a pas, dans la distillation, de déchets nécessaires imposés par la théorie.

U n'est pas certain que l'hypothèse que je viens d'aborder ne se réalise pas, dans une certaine mesure, à brève échéance.

U ressort, eneffet, du très remarquable ouvrage de M. Euchènc, que j'ai cité et qu'on ne saurait trop relire, que la chaleur de formation par rapport à celle môme de la houille des hydrocarbures, qui constituent des gaz de distillation de la houille, est de très faible importance, peut-être même négative, de telle sorte qu'il faut très peu de chaleur, s'il en faut, pour distiller la houille et, en général, les combustibles.

Ceci explique les combustions lentes et spontanées.

La thermochimie l'indiquait. Des expériences de plusieurs anuées, classées par M. Euchène avec un soin extrême, l'ont établi expérimentalement.

Dans ces conditions, si Ton peut trouver un procédé, tel que le passage d'un courant électrique, pour échauffer, dans une cornue, le combustible, par sa partie centrale, et que l'on isole bien la cornue des influences extérieures, la distillation peut se faire dans des conditions de rendement excellent.

Ce qui est encore plus singulier à constater et qui montre, à un autre point de vue, combien la distillation en cornues pourrait souvent être évitée, c'est la perfection de la distillation, telle qu'elle se produit naturellement, dans un gazogène à combustion efl"ecluée de bas en haut, par l'élévation de température produite progressivement dans le combustible qui

descend, tant par conductibilité que par le transport de chaleur provenant des gaz brûlés.

J'en parlerai particulièrement dans le chapitre xii.

GAZOGÈNE UIGHÉ A DISTILLATION RENVERSEE

Le gazogène Riche est un appareil imaginé pour distiller du bois, dans le but d'obtenir uniquement des gaz combustibles et de transformer ainsi les produits habituels de la distillation. On opère dans des cornues verticales, en distillation renversée. Les gaz de distillation sortent par le bas de la cornue, à Topposé de Talimentation de celle-ci.

L'appareil est disposé pour être chauffé à la houille.

On peut donc hardiment dire qu'il y a, là, emploi d'une source extérieure de chaleur et que la dénomination de gazogène, telle que je Tai définie, ne devrait pas être adoptée.

M. Lencauchez, notamment, a fortement insisté à ce sujet et, dès le début de cet ouvrage, j'ai fait mes réserves.

Ce qui distingue tout particulièrement ce gazogène, c'est le renversement de la distillation.

Si, en effet, on chauffe une cornue verticale prolongée à son sommet par une conduite et contenant des matières riches en eau, comme le bois, il y aura, en premier lieu, élévation de la température du combustible à distiller.

L'échauffement du combustible volatilisera tout d'abord Teau sous forme de vapeur d'eau, et, peut-être aussi, se formera-t-il de la vapeur d eau au détriment des composés ternaires qui constituent les fibres du bois. Cette vapeur se mélangera au gaz de distillation, que fourniront les parties du combustible plus rapprochées du foyer, et le gaz définitivement produit contiendra, ainsi, une importante proportion de vapeur d'eau.

Si Ton condense celle-ci, on aura un gaz très riche, formé, pour la plus grande partie, de carbure d'hydrogène et d'hydrogène, contenant très peu d'oxyde de carbone et d'acide carbonique, car presque tout l'oxygène compris dans le corps à distiller aura servi à former de la vapeur d'eau et aura été retenu dans les appareils de condensation.

C'est ce qui se produit dans les appareils habituels de distillation du bois.

L'emploi de ceux-ci convient parfaitement lorsque Ton cherche à obtenir des eaux ammoniacales et tous les produits destinés à des transformations chimiques.

M. Riche a, au contraire, cherché à distiller le bois, dans le but d'obtenir un gaz convenable pour le chauiTage et la force motrice, et il a imaginé, h ce sujet, une disposition fort heureuse.

On a souvent songé, dans les gazogènes, à recueillir les gaz au bas de la cuve, de façon que vapeur d'eau et gaz de distillation traversent la masse incandescente du combustible au rouge. On sait, en effet, que, dans ces conditions, l'eau attaque le carbone pour faire du gaz à l'eau et que les carbures sont décomposés.

On obtient le même résultat, en faisant passer de la vapeur d'eau dans une cornue chauffée au rouge par un foyer extérieur. Aussi M. Riche a-t-il imaginé des cornues fort longues, verticales, que l'on charge par le haut et que les gaz du foyer viennent surtout lécher par le bas, où la température atteint son maximum.

Il obtient ainsi, en distillant le bois, sous n'importe quelle forme : rondins, copeaux, déchets, sciures, des gaz se composant surtout d'hydrogène, d'oxyde de carbone, de méthane et d'acide carbonique, gaz relativement dénués de goudron et d'eau ammoniacale et convenant parfaitement, tant pour le chauffage que pour l'alimentation des moteurs.

Les figures 3, 6, 7, 8, 9 représentent une installation d'un four à six cornues.

La figure 3 montre, en plus grande échelle, la coupe d'une cornue de distillation. On peut y remarquer qu'elle est foi^

nrule d'une partie cylindrique I, surmont(?e d'un tampon de fei'meture, dont le dt'^tail est donniï aux fijruros 4 et 5. On y' voit que le couvercle est un plateau, serré sur un siège dis-

posé au haut de la cornue, par un levier qui est articulé en une charnière faisant corps avec la cornue et qui appuie, par un tenon, dans une mortaise réservée au centre du plateau. Le serrage est obtenu, par un écrou qui se visse à la main sur un boulon, lui-môme rattaché à la cornue, en opposition avec la charnière, et pouvant pivoter, autour d'un axe parallèle à

FiG. 4 et 5. — Plan et Coupe du tampon de fermeture du gazogène Riche.

celle-ci, de façon à pénétrer, dans un trou ménagé dans le levier de serrage, afin que Técrou puisse Tattirer et le maintenir fortement.

Ce tampon mobile sert naturellement à Tintroduction du bois, avec lequel pénètre toujours une petite quantité d'air, h chaque chargement. Celte introduction n'a que Tinconvénient de faire pénétrer, dans le gaz, des traces d'azote, il ne peut pré-

senter aucun danger, puisque l'air doit traverser le charbon au rouge.

Fiu. G. ~ Gazogène Riche. Coupe YcrlicHle du tuyer.

Cette première partie de la cornue est en fonte et se termine

par le bas, en s'emboîtant dans une rigole, ménagée au-dessus de la seconde partie, également en fonte, qui constitue.

en quelque sorte, un coude h angle droit, ainsi qu'il est très visible dans la figure 3. Le bois, qui est chargé jusqu'en haut de la cornue, est, en bas, transformé en charbon de bois, qui s'étend suivant la pente naturelle, comme l'indique la figure, et il remplit ainsi une partie restreinte de la portion horizontale P de la cornue.

A Texlrémité de cette tubulure P, est ménagée une porte pour l'enlèvement du coke et qui doit être fermée avec un

■jr-

Fia. 8. — Gazogène Riche. Coupe horizontale par les canalisations.

soin encore plus grand que celle du sommet de la cornue, puisque l'introduction de Tair et son mélange au gaz donnerait lieu à la formation de mélange détonant.

On voit, sur la figure 3, la conduite à siphon avec joints hydrauliques 0, 0', (?, qui amène les gaz, après un léger barbotage, dans une canalisation, représentée en coupe dans cette figure.

Cette canalisation est en coupe longitudinale dans la figure9, et on voit en plan, dans la figure 8, les deux collecteurs réunissant chacun les gaz de trois cornues et la conduite /, qui en emmène les produits au dehors par une conduite d'équerre.

-!2 l-ES GAZ00fe^ES

Toute cette disposition est particulièrement visible dans la figure 8.

La figure 3 montre aussi, en roupo, la grille du foyer unique F dont les gaz s'échappent par les canieaux H et la cliemin<!e J, J, qui enveloppe la cornue 1 et dans laquelle se fait le chauffage du bois. Enfin, les gaz brûlés sortent, en haut, de l'appareil, par les carneaux K, pour aboutir h la base de

Fia. 9. ~ Gazogène Riche. Vue de tsce.

la cheminée M, après avoir subi l'action d'un registre de réglage R, soutenu par une crémaillère représentée dans la figure 3.

On voit encore, dans cette figure et dans la figure 6. comment est installé le foyer F où pénètre l'air, d'une part, en dessous des grilles et, au-dessus, par des ouvertures ménagées dans la porte du foyer et le papillon pour le réglage.

On voit ainsi que les cornues sont chauffées, au maximum de température, au niveau des carneaux |{. Aussi, des regards

V ijig, 3) sont-ils ménagés pour surveiller Tintensité du chauffage.

Au contraire, la jonction des deux parties de la cornue et la portion horizontale P de celle-ci sont protégées, contre la chaleur des gaz brûlés, par une couche de sable, figurée en X dans la coupe de la cornue.

La température qui est recherchée pour le bas de la cornue est, au maximum, celle de 900°. 11 ne serait guère possible d'obtenir une température plus élevée, sans que la fonte de la cornue soit vivement attaquée. La température intérieure de la cornue doit être encore moins élevée.

Cette température semble un peu basse, et la proportion de Tacide carbonique dans les gaz produits par la vapeur d'eau est, en conséquence, assez élevée.

Il m'a été fourni l'analyse du gaz recueilli dans une installation de la Compagnie du gaz H. Riche, que j'indique ici :

Volume Poids Calories

Page 1