PATÈNE DU CALICE DE SUGER
Elle se compose d’un petit plateau dont la matière est une pierre dure orientale que l’on a
nommée serpentine ; la coloration de cette pierre est un mélange de plusieurs nuances d’un vert
oli
âtre. Les poissons que l’on y voit semés de places en places sont d’or et gravé
la pointe ; ils sont incrustés dans la serpentine, qui a d’abord été entaillée pour les recevoir. C’est un usage de l'Orient, que l'on remarque sur les vases des plus anciens peuples, de dessiner
des poissons sur les ustensiles destinés à contenir ou à recevoir des liquides. L'Égypte, l'Inde
en présentent, dans les monuments antiques, de nombreux exemples, et le Japon, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.
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d'orfévrerie pour le service des autels de l’abbaye de Saint-Denis, nous pouvons considérer la
iger ayant institué, comme nous l'avons indiqué précédemment, des atelie
monture de cette patène comme étant l’œuvre des ouvriers lorrains qu'il y employait, et l’étudier comme un type de l’art des orfèvres français au douzième siècle. L'or en forme le fond et n’y est pas épargné. L'intention de l'artiste a été de simuler une guirlande de feuillages, de fleurs et de fruits, et, pour en imiter la diaprure et l'éclat, les pierreries ont été prodiguées : on y trouve l’émeraude, des pierres dures s’en rapprochant par la nuance, des verres colorés qui limitent; d
imitant le g
aphirs, des cristaux de roche et des verres bleus; des perles orientales; des verres translucides
enat, tels que sont ceux qu’on voit sur les ornements de l'épée de Childéric; les uns sertis dans un cloisonnage d’or, comme ils le sont sur cette épée, les autres ayant la forme de tubes et disposés sur le bord de la patène entre les anneaux d’or qui les séparent et les retiennent. Il ne reste plus que six de ces tubes.
Le calice dont Suger faisait usage avec cette patène n'existe plus, il nous est connu par une planche gravée dans le livre de Félibien (Trésor de Saint-Denis, planche INT). La coupe du calice était une agate orientale très bien travaillée; les montures étaient en rapport avec
celle de la patène, et sur la garniture on lisait le nom de Suger Abbas.
(Ne 415 des anciens Inventaires du Louvre.)