‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 9 sur 65 · VASE D'ALIENOR D'A · texte numérisé non relu

VASE D'ALIENOR D'A

Hauteur , 0,340. — Diamètre, 0,113

UITAINE

Il est de cristal de roche, et le travail de la taille, imitant les alvéoles que les abeilles

iècles de décadence.

font pour leur miel, est antique et a été exécuté avant les La monture d’orfévrerie a été faite au douzième siècle, aux approches de l’année 1140, dés

cité des actes de son administration, lui consacre

par les ouvriers que Suger, abbé de Saint-Denis, gne comme auteurs des ouvrages

qu'il décrit. Suger, dans le livre dé

quelques lignes que nous transcrivons en les traduisant : « Cet autre vase que l’on voit,

semblable à une juste de béryl ou de cristal, c’est la reine qui, au premier voyage d'Aquitaine, nouvellement fiancée, l'a donné à notre seigneur le roi Louis. Le roi, voulant récompenser notre amour, nous a donné cette juste, mais nous, nous l'avons par grande affection rapportée

aux saints martyrs nos seigneurs, pour le service de la table divine. Cette succession de

donations, c'est sur le vase même, après l'avoir fait orner de pierreries et d’or, que nous l'avons

Mitadolus avo

consi

gnée en ces quelques vers : Hoc vas sponsa dedit Anor regi Ludovico.

mihi rex sanclisque Sugerus. [Ce vase, c’est Aliénor qui l’a donné au roi Louis, son fiancé;

zer, aux saints.] »

Mitadol l'avait donné à son aïeul; le roi (la donné), à moi, et moi Sug

Mitadol est un personnage inconnu jusqu’à ce jour ; les saints sont Denis et ses compagnons

Éleuthère et Rustique.

L’orfèvrerie du vase est d'argent doré; elle comprend le grand col qui le surélève et la base qui le supporte. Les ornements si bien composés, si finement exécutés, qu'on voit sur

séparent en les reliant les zones que dessinent

Trois cercles de pierrerie

le col, sont filigrané

les filigranes; dans les deux cercles supérieurs , des perles alternent avec des améthystes, des

grenats, des saphirs, des topazes, des émeraudes ; le cercle le plus rapproché du corps du

Ve n'est composé que d’améthystes; toutes les pierres sont réunies avec des perles sur la

cymaise de la base, et l’on y trouve une cornaline de vure antique.

ssons fleurdelisés que l’on voit sur le col sont émaillés, bleu et or. Ce sont

Les petits écu les armes anciennes de la France, des fleurs de lis sans nombre sur champ d’azur. Il n’y faut pas chercher un modèle de la fleur de lis sous le règne de Louis le Jeune, car ces émaux d’applique ont été enchässés en remplacement de pierres gravées ou de chatons qu’avaient

originairement disposés les ouvriers de Suger. Ce remplacement a été opéré après l'an 1300.

Le vase d’Aliénor est conservé dans le Musée des Souverains.

(N° 27 de notre Notice. Antiquités capétiennes. )

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