DU MANTEAU ROYAL DE SAINT LOUIS
Longueur, 0,190. — Largeur, 0",170.
Elle est d'argent doré. La grande fleur de lis découpée, motif principal de son
ornementation, se détache en or sur la couleur noire du fond, qui est émaillé en facon de
nielle et parsemé de petites fleurs de lis sans nombr
ces fleurs, ell , sont dorées.
auss
L'effet produit par les pierres est habilement combiné : les six qui sont les plus grandes,
et dont le contour est un hexagone, sont des améthystes; les pierres
carrées qui en sont proche sont des émeraudes dont la nuance verte s’harmonise parfaitement avec la couleur violette des améthystes. Les pierres plus petites et de formes irrégulières sont des grenats taillés en cabochons; quelques-uns manquent, et deux saphirs ont été rapportés.
L'agrafe du manteau royal de
Louis était conservée, avec d’autres objets ayant appartenu à ce prince, dans le trésor de l’abbaye de Saint-Denis.
La forme du manteau royal était traditionnelle ; les formulaires des sacres et couronnements des rois la déterminent très positivement : le soccus, car c'était le nom de ce manteau, ne devait être ouvert que sur le côté droit, et la main gauche relevait l’autre côté comme le prêtre relève sa chasuble; l’agrafe réunissait sur l’épaule droite le soccus, dont les deux pans retombants déterminaient l'ouverture. On en peut voir le modèle très exact sur une statue de Philippe-Auguste dont le dessin se trouve dans le second volume de la Monarchie française par Montfaucon.
Le nom de l’agrafe, dans l’ancienne langue française, était fermail; l'inventaire de
Charles V contient la dési g
nation de vingt-cinq fermaux à fleurs de lis d’or; l'usage pour le manteau royal s’en était toujours conservé, car au seizième siècle, lorsque l’on fit de très riches vêtements royaux pour le sacre de Henri Il, l’on ajouta et appropria au manteau € la fleur de lis d’or, assise en une losange de perles et enrichie de plusieurs rubis balais, laquelle fleur de lis servait d’agrafe ou attache sur l'épaule droite audit vieux manteau royal. » Tels sont les termes qui se lisent dans l’ordre observé au sacre et couronnement du roi Henri II, mis par écrit du commandement de ce prince.
L'agrafe du manteau royal de saint Louis a été conservée dans le Musée des Souverains.
(N° 33 de notre Notice. Antiquités capétiennes.)