RELIQUAIRE
Hauteur, 0,450. — Largeur, 0,150
Il est d'argent doré, et très délicatement ciselé; les figures en ronde bosse qui le décorent sont émaillées sur argent; les carnations des têtes et des mains sont rosées, le rouge domine dans les vêtements, et tous les manteaux sont blancs; les petites niches dans lesquelles sont assises presque toutes les statuettes sont revêtues d’un épais émail bleu, et des touches blanches superposées par l’émailleur ressemblent assez à des nuages pour qu'on devine qu'il a voulu donner pour fond à ses figures le ciel, qui est leur demeure.
Lorsqu'on examine la statuette de la Vierge Marie, assise au-dessous de la figure de Jésus-Christ, lequel occupe le faite du petit monument, portant d’une main un étendard crucifère et de l’autre une perle, ronde comme le monde qu’elle représente ; lorsqu'on porte les yeux sur le Père éternel, assis au centre du reliquaire, on comprend que des tubes de cristal contenant les reliques devaient être placés horizontalement, l’un dans les mains de la Vierge et appuyé sur ses genoux, l’autre soutenu par les deux mains que Dieu le Père tient élevées à la hauteur de la poitrine.
Les saintes que l’on voit debout, aux côtés et un peu au-dessous de la Vierge Marie,
sont Catherine d'Alexandrie et Marguerite, reine d’Ecosse; l’on reconnait la première à la
roue et à l'épée qui sont dans ses mains, parce qu'ayant subi, sans mourir, les tortures de
la roue, elle fut décapitée. Aux côtés du Père éternel sont a int Barthélemy, saint
Mathias, saint Pierre, saint Paul, ayant pour attributs qui les distinguent un couteau, une
ance, une clef, une épée. La petite figure qui, placée au-dessous de Dieu le Père, est ance, ; I D ? ?
assise dans la niche pratiquée dans le soubassement, est sainte Barbe; elle à dans la main un petit monument circulaire, en commémoration de la tour dans laquelle Dioscore, son père, la tenait enfermée. La position qu'occupe dans le reliquaire la statuette de sainte Barbe
celle qui habituellement est réservée aux patrons des donateurs; c'est le seul indice
qui nous permette de supposer que la personne qui a fait exécuter et a consacré à la garde
de saintes reliques ce petit monument était une femme et s'appelait Barbe. Elle l'a fort abondamment enrichi de perles, de rubis et de saphirs qui sont retenus par des griffes, sans aucune sertissure; parmi les saphirs il en est un, placé près de l’épée de saint Paul, qui est
une intaille; il a été gravé au quatorzième siècle, et la petite tête couronnée que l’on y
sardant à droite, ressemble beaucoup à Jeanne de Bourbon, femme du roi
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V; la coiffure tressée est celle qui était particulière à cette princesse.
ons pas l’origine de ce reliquaire, qui a été exécuté au quinzième siècle.
Il a été conservé dans le Musée des Souverains, parce qu'il a fait partie des ornements de l'autel
du Saint-Esprit, et que Henri IT, fondateur et chef de l’ordre, l’a possédé et transmis à ses
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(N° 79 de notre Notice. Antiquités nationales.)