VASE ANTIQUE DE SARDOINE
Hauteur, 0%,200. — Diamètre, 0,080.
La matière est des plus belles qui se puissent voir, très colorée, transparente et d’un grand éclat. L’élégance du galbe, le soin avec lequel les parois du vase ont été amincies, pour obtenir une légèreté qui ne se rencontre que rarement, la courbe et le dessin de l’'anse, dénotent l'esprit et la main d’un artiste des meilleurs temps. Des qualités semblables ne se trouvent que dans les ouvrages des Grecs.
En étudiant la planche II de cette publication, nous avons dit comment les vases de pierre dure que nous avait transmis l'antiquité, conquêtes et dépouilles des barbares, avaient
été recueillis et conservés dans les trésors de nos rois. Nous avons vu, en décrivant les trois
vases de Suger, comment, aux époques où l’orfévrerie avait fleuri en France, ceux de ces
vases qui se trouvaient dans les églises avaient été enrichis ou transformés par des montures
et adaptés au service des autels.
A la fin du quinzième siècle, un goût très vif s'était manifesté pour les ouvrages taillés dans les gemmes; les artistes italiens s’y perfectionnaient, et avant que leurs travaux fussent importés en France, avant que des ciseleurs habiles vinssent, de Florence à Paris, répandre, en les ÿ pratiquant, les inventions de l’art moderne, l'on comprend qu’un vase de sardoine, tel qu'est celui représenté sur la planche XIV, resté sans emploi dans le trésor royal, ait été
recherché et mis en œuvre pour recevoir une monture.
Cette monture n’est qu’un petit soubassement enveloppant le pied du vase; elle est d'argent doré, et les ornements niellés qui la décorent, exécutés librement, appartiennent par leur style
aux premières années du seizième siècle.
(N° 412 de Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)
ss re a . 3 PÉTER NN ES NT TE PAP FREE