COMMENCEMENT DU XVI° SIÈCLE, RÈGNE DE LOUIS XII
Hauteur, 0,108. — Longueur, 0",255. — Largeur, 0",178.
Il est taillé dans un bloc de cristal, sur un plan octogone; une feuille et une tête de Silène, semblables à celles qui sont dessinées sur la planche qui nous occupe, sont répétées au côté opposé du bassin. Ces sculptures sont une imitation exacte des bas-reliefs antiques, telles qu'ont été celles que les artistes florentins ont produites au quinzième siècle, inspirés par les
marbres que les princes de la maison de Médicis avaient réunis dans les jardins de leur palais.
Toutes les œuvres de l’art italien, à cette époque, se ressentent de l'étude des modèles
antiques ; ce n’est point à Florence seulement que leur influence fut dominante, elle s'étendit sur toute l'Italie : le goût et le style que nous admirons dans les sculptures de ce bassin de cristal, nous les pouvons retrouver dans la forme et l’ornementation d’une vasque de marbre, provenant d’une fontaine dont la république de Venise fit don au cardinal d'Amboise. La date certaine de ce monument, qui occupait le centre de la cour du château de Gaillon, le rend fort intéressant
pour l’histoire de l’art; il est actuellement placé au Louvre, dans le musée des marbres de la
renaissance, et est décrit sous le n° 17 de notre notice des sculptures modernes; introduite >
en France, à la suite des expéditions de Charles VIIL et de Louis XII, la fontaine de Gaillon,
dont la vasque, conservée au Louvre, n’était qu'une partie, fit connaître un art nouveau qui, d’abord pratiqué par les architectes, le fut bientôt par tous ceux qu’occupait la fabrication des
objets mobiliers.
Le bassin de cristal de roche, gravé sur la planche XV, est, comme la v sque dont nous avons rappelé l'histoire, un très pur spécimen des imitations de l'antiquité, fait à l’époque où
ces copies ont été fidèles.
(N° 212 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)
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