ÉPÉE DE FRANÇOIS PREMIER
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La poignée est d’or, ciselée, émaillée en plusieurs places : les feuillages et les rinceaux qui décorent le pommeau, repoussés sur une plaque d’or, se découpent sur un fond d'émail rouge; les côtes qui profilent la fusée sont revêtues d’émaux alternativement rouges et blancs, et des cordelettes d’or les séparent.
Ce sont des orfèvres italiens qui, au commencement du seizième siècle, ont ciselé cette élégante poignée; ils y ont presque écrit le nom du jeune prince auquel elle était destinée, en plaçant près du pommeau l’emblème qu’il avait adopté, lorsqu'il n'était encore que duc de Valois et comte d'Angoulême : « Une salamandre couchée à plat sur des flammes qui lui paraissent à côté des flancs et de toutes parts, elle tournant son regard vers la partie du ciel, sa queue trainante sur terre, repassée comme à double nœud. » Les mots 1N #racx1o suo, dont les lettres émaillées de blanc se détachent si nettement sur le fond d’or granulé des gardes, ont, sur le côté opposé, leur complément : r£cir porENrIAM; ils sont empruntés à l'Evangile de saint Luc, mais leur signification sur la poignée d’une arme n’est pas exactement la même
que dans le cantique de la Vierge : la pensée qu'ils expriment ici, c’est que l’épée donne la
ance au bras qui la porte. Prome
puiss
e trompeuse, car cette arme, avec la personne du Roi, est tombée au pouvoir des Espagnols vainqueurs, au dernier moment du combat de Pavie. La France ne l’a recouvrée qu’en 1808.
Si nous n'avons pas encore parlé de la lame, c’est qu’en observant qu’elle est d’un siècle
au moins plus vieille que la poignée, nous nous sommes demandé si ce sont les orfèvres
italiens qui, dès l’origine, avaient employé cette lame du quator le, pour y adapter
leur élégante monture, ou si les Espagnols l'ont ajoutée, l'arme conquise étant incomplète ?
L'on sait qu’au combat de Pavie, François premier brisa deux épées ; il ne fut pris et désarmé
qu'après une lutte désespérée; la poignée, dont la gravure de M. Jacquemart ne peut montrer
qu'un des côtés, porte de l’autre la marque de chocs redoutables : le revêtement d’or et d’émaux de cette partie du pommeau manque entièrement, et l’on ne saurait comprendre que la lame fût restée aussi intacte.
L'inscription gravée sur son canal, et dont notre planche, en raison de la coupure nécessitée
par son format, ne reproduit que deux lettres, nous fait connaître le nom de l’armurier qui
l'a fabriquée : omarazpo re recir. Les caractères sont du quatorzième siècle, et du même temps sont les ornements dorés qui les accompagnent. L’épée de François premier a été retirée du Louvre et est conservée dans le Musée
d’Artillerie.
(N° 52 de notre Notice, Musée des Souverains, Antiquités nationales.)
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