‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 2 sur 65 · LIRE D M · texte numérisé non relu

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Les planches par lesquelles J. Jacquemart débuta pour illustrer l'Histoire de la Porcelaine”

que son père avait écrite en collaboration avec M. Edmond Le Blant, celles qu'il exécuta

ensuite pour une Histoire de la Bibliophilie et qui figurent l'histoire de la reliure d’après ses

monuments,

stampes que M. Techener eut aussi le mérite de commander, celles enfin que la Gazette des Beaux-Arts faisait paraitre à de trop longs intervalles prouvèrent à l’érudit qui songeait à publier les merveilles du lapidaire et du joaillier confiées à sa garde, que jamais

œuvre

il ne rencontrerait ailleurs un pareil interprète. L'artiste était fait pour l'œuvre comme

semblait destinée à l’artis

Et cette dernière est revenue par une sorte d’affinité naturelle à l'éditeur qui avait eu

l'honneur de deviner dans le débutant quel graveur il serait un jour, ou plutôt il était d

Car il n'eut rien à pressentir; Jules Jacquemart fut dès ses premiers essais l’artiste libre, original,

à la pointe agile et primesautière que l’on admire en ses dernières œuvres.

Les vélins où il avait peint à l’aquarelle les porcelaines qu’on allait lui demander de traduire

par du blanc et du noir étaient des chefs-d’œuvre d’exactitude, de couleur et de charme. Pour

ceux qui les connaissent, ce ne furent que les prémisses des éclatantes aquarelles qu'il exécuta

pendant le siège de Paris, dans l'intervalle de ses pénibles stations aux avant-postes avec les

tirailleurs de la Seine où il s'était enrôlé, et avec lesquels il fit vaillamment et

implement son

devoir, et de celles, plus connues, qu'il enlevait d’une main si ferme, conduite par un œil si

juste, aux environs de Nice ou de Cannes. Par une cruelle ironie du destin, Jules Jacquemart

se livrait à ces gaietés de la couleur, tandis que, la phtisie le menaçant, il allait demander en

vain la santé à l'air pur et au chaud soleil des bords de la Méditerranée.

Mais quelle ombre de lui-même nous ramenait, à chaque retour de l'été, ce jeune homme élégant, à l'œil vif et plein de vie, que nous avions connu à ses débuts, et chez qui le talent survivait à la santé!

Aucune différence n'existe, en effet, entre aucune des planches des Gemmes et Joyaux de la Couronne, bien qu’un long intervalle d'années en sépare l'exécution.

M. Henri Barbet de Jouy en avait publié un premier tirage, fait à petit nombre, destiné surtout à ses amis et à un cercle restreint d'amateurs, sans paraître se soucier beaucoup

d'appeler le public vers cette œuvre dont il se montrait comme jaloux. Aussi les planches que

èdent-elles

M. Léon Techener offre aujourd’hui à ce public que l’on n'avait guère sollicité pos

les finesses qu’on remarque sur les premières épreuves. Les mêmes soins ont été apportés à leur tirage, et le même texte les accompagne : ce texte net et précis où M. Henri Barbet de Jouy analyse, classe et décrit chacune des pièces, et fait l’histoire de celles qui en ont une.

Œuvre d'art et d’érudition tout ensemble, les Gemmes et Joyaux de la Couronne sont le

plus beau livre qui jamais ait été fait sur la plus belle des collections.

Azrren DARCEL.

1. Histoire artistique, industrielle et commerciale de la Porcelaine, par Albert Jacquemart et Edmond Le Blant,

enrichie de 29 eaux-fortes de Jules Jacquemart. Paris, 1862; 3 parties in-folio. Editée par M. Techener.

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