‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 26 sur 65 · NE DE FRANÇOIS · texte numérisé non relu

NE DE FRANÇOIS

XVI° SIÈCLE, RÈ

Hauteur, 0%,1 Longueur, 0

La coupe en forme de coquille est d’un seul morceau; le pied en balustre est rapporté ; l'anneau d’or qui cache la jonction des deux pièces est rehaussé d'émaux imitant des pierreries. Nous retrouverons une monture semblable sur plusieurs des objets qui nous restent à examiner, parce qu'ils ont appartenu à un même service de table; tels sont les trois drageoirs, la salière, sur les planches XXV, XXVI, XXVII, XXVII, XXIX ; service

de table vraiment royal, où les cristaux de roche étaient entremélés aux vases de jaspe et de

le verre, qui sont représenté

lapis, taillés dans des matières choisies, dessinés, décorés avec un art exquis.

La forme d’une coquille est, au nombre de celles dont la nature nous offre le modèle, l’une

des plus parfaites et des plus propres à être imitée; elle semble tracée tout exprès pour contenir un liquide, et sa destination est si apparente que souvent des coquilles naturelles ont été

employées à cet usage. Tout le monde connait celles qui servent de bénitiers dans l’église de

int-Sulpice, données, dit-on, au roi François I* par la république de Venise; souvent on en

rencontre dans le souba

sement des fontaines ; toujours elles plaisent, comme plait toute chose

qui est bien à sa place.

Les artistes du moyen âge ont maintes fois sculpté, ciselé, modelé limitation de la coquille; il n’était pas besoin qu’elle rappelât le souvenir de l'apôtre saint Jacques, et qu’elle fût consacrée aux pèlerins, pour être un motif fréquemment employé par les arts du dessin et répété en plus d’un endroit, la grâce et la perfection de sa forme eussent suffi; aussi le seizième siècle, et ceux

ui ont suivi, ont-ils eu garde de renoncer aux ressources qu'offraient aux décorateurs les ; s

contours des coquilles. Le lapidaire dont nous étudions le travail s’est t

habilement inspiré

de la vue de l’une d’elles, et en taillant dans un pur cristal l’une des variétés les plus correctes,

il a produit un ouvrage aussi élégant qu'il est simple.

(N° 262 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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