‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 28 sur 65 · XVI‘ SIÈCLE, RÈ DE FRANÇOIS · texte numérisé non relu

XVI‘ SIÈCLE, RÈ DE FRANÇOIS

Hauteur, 0,170. — Longueur, 0",230.

La coupe, en forme de nacelle, est taillée dans un seul morceau; le pied en balustre est rapporté; la jonction est cachée par un anneau d’or rehaussé d’émaux imitant des pierreries ; nous avons signalé déjà cette ornementation, que nous retrouverons encore. La coupe est

gravée : des tritons et des monstres marins s’ébattant dans des eaux agitées sont comme noyés

dans le fond du vas

; le dessin en est élégant et l’exécution très franche.

L'Italie possédait au commencement du seizième siècle plusieurs hommes fort habiles pour

graver le cristal : parmi eux se tenait au premier rang Jean Bernardi de Castel-Bologn

ait né dans la petite ville de la Romagne, dont il a conservé et illustré le nom. Etant jeune, il fut chargé par le duc de Ferrare de graver sur un morceau de cristal de roche l'attaque du fort de la Bastie, où ce prince avait été blessé; plus tard il travailla pour le pape Clément VII, et en 1535, après la mort du souverain Pontife, il entra au service du cardinal Alexandre Farnèse ; c'est par son ordre qu'il exécuta, sur des plaques de cristal de roche, plusieurs compositions tirées du Nouveau Testament, lesquelles enrichissaient le pied d’une croix dont le cardinal

: de Saint-Pierre.

avait fait présent à l’égli

Mariette, qui, dans son traité des pierres gravées, a réuni les détails que nous racontons

après lui, possédait un dessin très terminé de l’une de ces compositions : le sujet était la

résurrection de Lazare; il y reconnaissait la manière et le goût de Perino del Vaga. À cette occasion il observe, et c’est avec raison, que les graveurs sur cristal empruntaient aux peintres leurs compositions. Si nous avons rappelé ici l'opinion de Mariette, c’est qu'elle nous à paru

confirmée par cette coupe où nous retrouvons également le goût et la manière de Perino del

Vaga, sans pouvoir, faute de preuves, affirmer qu’elle soit l'œuvre de Castel-Bolognèse. Elle a appartenu au même service de table dont ont fait partie les pièces reproduites par les planches

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