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GEMMES ET JOYAUX. PLANCHE XLI

JATTE DE CRISTAL DE ROCHE

ÈCLE, RÈGNE DE HENRI [I

Hauteur, 0,130. — Largeur, 0",325.

Circulaire, composée de dix lobes; les anses de cristal sont rapportées. Les attaches

d'orfévrerie de ces anses et le souba:

ment du pied sont revêtus d’émail noir sur lequel les ornements d'or réservé se découpent comme des broderies; de place en place sont ajoutés quelques émaux imitant des émeraudes.

La forme, correcte et simple, a été adoptée pour quelques pièces de nos services; elle

est l’une de celles que Sèvres a fixées en les modernisant. Nous pensons que ces belles jattes

de cristal n'ont pas été faites pour le seul ornement, et qu’elles ont été utilisées sur les tables

royales. Lorsque nous lisons que parmi les premières commandes fai

par François [* à

Benvenuto Cellini, lorsqu'il vint travailler à Paris, furent douze statues d'argent, six dieux et

six déesses, de la taille même du roi, pour en faire des porte-lumières autour de sa table,

dans une salle à manger de Fontainebleau, nous pouvons imaginer le luxe des services de table

que devaient éclairer de tels candélabres. La salière d’or que le même artiste a exécutée pour

le roi, et que connaissent ceux-là seuls qui ont eu l’occasion de la voir à Vienne, peut, à cet

égard, servir de point de départ et d'objet de comparaison. La vaisselle était d’or, plusieurs

pièces étaient émaillées; les cristaux étaient de roche, les vas

> de gemme étaient mélés aux

cristaux. La question nous à été souvent posée si les émaux de Limoges servaient sur les

tables; nous n’en doutons pas;

ils comprennent toutes les pièces utiles, assiettes, plats ronds et longs, salières pour les diverses épices, coupes basses ou montées, avec ou sans couvercle,

tass

Quel que soit le mérite de leur ornementation, le décor des

riches porcelaines de Sèvres les a dépassées en recherche, lorsque le luxe des temps

modernes s’est substitué à l’art des belles époques. Il n’est pas plus difficile d'admettre que

les contemporains de François I* ont mangé dans les vaisselles émaillées que se souvenir que

sous le règne de Louis XV la porcelaine n’a rien produit, à grands frais, de trop délicat pour

les desserts des tables opulentes. Ce que nous pensons pour l'émail, nous le disons du cristal

de roche, dont l'emploi nous parait même plus pratique qu'a pu être celui des trop fragiles

verreries de Venise.

(N° 219 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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