GEMMES ET JOYAUX. PLANCHE XLILI
BUIRE DE CRISTAL DE ROCHE
XVI° SIÈCLE, RÈGNE DE HENRI Il
Hauteur, 0",210. — Diamètre, 0,200
Le bec de la buire est taillé dans la masse; le couvercle, le pied et l’anse sont rapportés.
L’anse, de cristal de roche, est du même dessin que sont celles ciselées en or pour accompagner
le drageoir de jade, figuré sur la planche qui précède, différant peu de celles que nous
retrouverons, décorant le drageoir de jade, représenté par la planche qui suit. Ce sont là des
pièces d’un même service. L'on peut s
gnaler d’autres analogies entre les détails des montures :
les attaches de l’anse, l'anneau reliant le vase au pied, sont d’un goût antérieur et plus fin
que n'est celui qui apparaît ici pour la première fois sur le soubassement de la patte; il
consiste à appliquer des ornements d’or, découpés et émaillés, sur la plinthe d'argent doré.
Cette fabrication, nous la retrouve
ons dans la monture du grand vase de jade qui suit, d’un autre de même matière, représenté par la planche XLVI, et sur des cristaux de roche de cette même époque, faisant partie de la collection du Louvre.
Ce qui distingue la taille de cette belle buire, c’est l’heureuse union de parties sculptées
et d’ornements gravés ; il en résulte un ensemble si complet, que l’orfèvre n’a eu presque rien à ajouter, le vase ayant en lui-même toute sa décoration. Nous pensons même que la plinthe d'argent doré, couverte d’appliques, qui entoure la patte, et dont nous avons fait remarquer le travail, a été une adjonction faite postérieurement à l’œuvre d’un premier orfèvre, pour mettre d'accord la monture de ce cristal de roche avec celles des pièces en pierres dures dont il devait être rapproché sur la table.
Milan a été la ville d'Italie où le cristal de roche a été l’objet du commerce le plus
étendu; la proximité des Alpes explique naturellement qu'une école s’y
soit formée pour la taille et la gravure du cristal; plusieurs artistes s'y sont distingués, au seizième siècle, et parmi
les plus habiles, Gasparo et Girolamo Misseroni, qui exécutaient de fort beaux vases. Vasari
les désigne pour en avoir fait deux pour le duc Cosme, qu'il dit miraculeux ; il nomme au
Jacopo du Trezzo pour les mêmes travaux à Milan. Il nous manque de rencontrer sur nos va
es des signatures, sans lesquelles il ne nous est pas permis de faire aux noms des artistes qui
sont mentionnés par leurs contemporains des attributions assurées.
(N° 165 de l'inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)
- TO A Re