DRAGEOIR DE JADE
XVIe
LE, RÈGNE DE HENRI I
Hauteur, 0,220. — Longueur, 0,280, — Largeur, avec les anses, 0",330.
La forme de la vasque est trilobée ; le couvercle et le pied du drageoir sont rapportés ;
les feuillages, volut
g coquille et mascaron dont l'œil suit le tracé sur le jade sont taillés
dans la masse. Le ion.
jade n’est pas oriental ; il est de Bohême et sculpté près du lieu d’extrac De notre temps, le jade n’est plus connu que par les envois qui en sont faits de la Chine, où il est la pierre par excellence ; la dernière expédition des Européens et le mouvement commercial qui l’a suivie ont fait parvenir en France des pièces d’un volume et d’une beauté inusités, en nombre relativement très considérable. Nous avons vu réunis des vases de formes variées, et nous avons pu comparer toutes les nuances de cette pierre qui est extrêmement dure, quoiqu’elle n’ait pas l'apparence de l'être. Les nuances sont un blanc laiteux, presque opalin, un vert frais, rappelant le prisme d’émeraude ; puis entre le vert et le gris brun, toutes
les colorations de l’olive, les tons variés du thé, les Chinois étant fort habiles à diversifier le
travail, suivant la nature et les accidents de la gemme.
Le nom de jade, qui est celui de la pierre orientale, est si bien établi pour désigner de nos
jours la matière dont l'extraction, en Europe, est devenue nulle, que nous l'avons préféré au nom européen, à celui qui, au seizième siècle, lorsque ce drageoir a été taillé, était le seul en usage ; ce nom est Nephris, Lapis nephreticus ; chez les Italiens, Osiada ; en France, Siadre. L'on ne serait pas compris aujourd’hui en employant ces désignations ; on les rencontre dans
les traités écrits sur les gemmes avant les classifications de la science moderne. Cette pierre y
est bien décrite : « Plus dure que le jaspe, prenant difficilement le poli, ayant une apparence
grasse comme si elle était imbibée d'huile, de transparence obscure, » rarement colorée de deux
nuances. Les lieux d'extraction indiqués dans ces ouvrages sont quelques localités de l'Espagne,
et surtout la Bohême. De c ième siècle, dont
provenances sont les vases de jade taillés au sei
e est parfaitement indiqué par les montures d’orfévrerie qui les accompagnent. D'ailleurs
l'aspect n’est pas le même ; le jade européen est plus sombre, plus triste, plus gras, moins transparent que le jade oriental. Un œil exercé n’y serait pas trompé.
Le bouton qui surmonte le couvercle, 1
anses ajustées sur les côtes de la vasque, sont 1 18
selé et émaillé.
d'or &
(N° 510 de l'inventaire des Bijoux de la Couronne, 1797.
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