DRAGEOIR DE JADE
XVI° SIÈCLE, RÈGNE DE HENRI I
Hauteui 00. — Longueur, 0,340, — Largeur, 0,200
La forme est celle d’une nacelle. Le couvercle et le pied du drageoir sont rapportés. Le jade est de même nature qu'est celui du drageoir, figuré sur la planche XLIV ; elle devra être consultée pour compléter la décoration de ce beau vase qui était le pendant de celui-là : l'arrachement que l’on remarque au milieu de la grande feuille sculptée sur le couvercle supportait un bouton d’orfèvrerie, ayant la forme d'un vase, découpé à jour, ciselé, émaillé, enrichi de pierres fines; les tenons que l'on aperçoit sur le côté de la vasque, et qui sont répétés de l’autre, ont été préparés pour attacher les mêmes anses qui accompagnent le drageoir resté complet. Les montures des deux étaient pareilles et les parties qui nous restent à décrire sont semblables ; ce sont celles qui entourent le couvercle et qui cerclent le pied : sur
des plinthes d'argent doré sont ajustées des appliques d’or, découpées, émaillées ; des perles
orientales sont de place en place attachées par un fil métallique, et des pierres précieus
mêmes ornements découpés, les mêmes
, alternent avec les perles fines. Le
montées en agrafes perles, les mêmes pierres, posées directement sur le jade, forment au-dessous de la jonction de la vasque et du pied un élégant bracelet.
La taille, ou plutôt la sculpture du jade que nous avons sous les yeux, se distingue par des
qualités particulières, l'ampleur, l’aisance, la souplesse. Les Chinois, lorsqu'ils travaillent leurs
vases, atteignent un poli plus parfait, tracent des lignes lus précises ; ils découpent, pour former
servent adroitement des parti
les anses, des animaux aïlés sèchement dessinés ; ils r » de jade
engagées dans ces anses, pour y détacher des anneaux ayant un libre jeu : tout détachés qu'ils sont, ils ne font qu'un avec ces anses, ils n’en peuvent pas sortir, ils n'y pourraient entrer; ce sont des tours de main qui ont plu à leur subtilité et qu'ils ont trop souvent répétés. Il y a plus
jades européens, plus d'invention, plus de liberté. La collection du
d'art dans la taille de nos
Louvre en possède un certain nombre; à ceux que reproduisent les planches XXXIIT, XLIV,
XLVI de notre publication, ajoutons trois coupes décrites dans notre notice des gemmes et joyaux sous les numéros 165, 467, 169, une jatte qui porte le numéro 174, deux drageoirs,
iècle correspondant au règne de
17 et 173. Le dernier est un travail du dix-septième Louis XIV, démontrant qu'à cette époque, mais pas au delà, ont été pratiquées l'extraction et la taille des jades européens.
(N° 511 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.