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GEMMES ET JOYAUX. PLANCHE XLVII

AIGUIÈRE DE CRISTAL DE ROCHE

XVI‘ SIÈCLE, RÈGNE DE HENRI II

Hauteur, 0,275. — Longueur, 0®,

Toute la beauté de ce vase est dans l'invention, l'élégance de la forme, la pureté du

galbe; œuvre complète d’un lapidaire, le goût de l’orfèvre ayant consisté à réunir les parties

détachées de l’ensemble par de simples attaches, et à faire valoir l'éclat et la transparence du

est

cristal par des nielles noires rehaussant l'or des montures. La partie du vase sur laquell taillé un mascaron en haut relief est prise dans un seul bloc; le col, le pied, les deux goulots, l'anse en ronde bosse et la petite tête de femme qui saillit sur le devant de l'aiguière sont rapportés.

Les qualités que nous avons observées, lorsque nous avons parlé de la buire qui est représentée par la planche XLIIT, sont celles qui distinguent cette gracieuse aiguière : un ravés dont est orné le vase;

heureux mélange de parties unies, de sculptures et d’ornements gl

ces rinceaux, jetés comme des broderies, sont plus décoratifs que des compositions figurées ;

forment avec les parties sculptées qui reproduisent le

age humain, sous un double aspect, idéal et grotesque, un contraste que l’art seul sait imaginer et créer.

Plusieurs cristaux de la collection sont du même temps, du même goût, du même service

que la buire et l’aiguière dont nous signalons les analogies. Ce sont les amphores décrites dans notre notice des gemmes et joyaux sous les numéros 97, 98, 99; les aiguières qui portent les numéros 90, 92, 93. Nous avons choisi, afin de l’offrir comme modèle, celle qui est la plus > [ parfaite. Dans toutes, la sculpture n’est ni aussi délicate, ni les ornements gravés ne sont aussi

rie ont été remaniées et maladroitement

élégants. Dans presque toutes, les montures d’orfèv

augmentées : les principales attaches sont niellées ou émaillées dans le goût le plus fin des meilleures années du siècle, et des plinthes d'argent doré que surchargent des ornements d’or, découpés et émaillés, accusent une innovation plus moderne, un enrichissement inutile, car le goût est moins pur. Beaucoup de ces cristaux gagneraient à étre dégagés de ces adjonctions qui les dénaturent, et il n’y a rien assurément à ajouter aux montures intelligentes

qui s’harmonisent si parfaitement avec tous les détails de l’aiguière ici reproduite.

(N° 150 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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