‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 52 sur 65 · ORFÈVRERIES DU XVI* SIÈCLE · texte numérisé non relu

ORFÈVRERIES DU XVI* SIÈCLE

Du vase, hauteur, 0%,145. — Largeur, 0%,058.

De la coupe, hauteur, 0",2 tre, 0,090.

Le petit vase de sardoine est antique, du genre de ceux que les Grecs nommaient

dés, qui, le plus souvent, était d’albâtre et destiné à contenir des parfums. Pline appelle

onyx deux matières tout à fait différentes ; il explique que le nom a passé d'une pierre de

Carnanie à une gemme : la pierre de Carnanie, c’est l’albâtre; la gemme, c’est la sardoine; en effet, la matière appelée sardonyx est, de même que son nom, un composé, au moins en apparence, de sarde et d’albâtre. Les planches II et XIV de notre recueil ont été consacrées à reproduire deux vases de sardoine, antiques, auxquels aucun ornement n’a été ajouté, car l’un est absolument sans monture, et la monture de l’autre n’est qu'un simple soubassement. Par la

planche V nous avons fait connaître un vase de sardon)

x, antique également, de même forme que celui qui porte le nom de Mithridate, mais ne tirant plus son seul prix de la beauté, de la rareté, du volume de la gemme, car des orfèvres y ont ajouté un travail considérable : ils l'ont exhaussé, transformé, et l’ont relevé sur un solide soubassement. Nous savons que ces artistes, en exécutant leur œuvre, ont obéi aux volontés de Suger, ministre de Louis le Jeune, et rien ne

manque aux preuves qui nous ont permis de l’offrir à l'étude comme une pièce d'orfévrerie du

douzième siècle, dont un vase antique a été le motif et le corps. Les planches VI et VII peuvent être également consultées comme des modèles parfaitement authentiques de travaux d’orfèvrerie

du moyen äge complétant un vase de gemme antique. Celui que nous avons sous les yeux est,

ainsi que nous avons dit, un #25 de travail grec, qu'un orfèvre du seizième siècle a complété

et décoré pour en faire une petite aiguière, bijou sans emploi usuel. Une boule et un petit

plateau ont été taillés dans des sardoïnes pour composer le pied et la patte; l’art d'un ouvrier

de la fin du règne de Henri I se fait remarquer dans le dessin de l’anse, dans la ciselure et la

répartition des émaux.

Un autre goût apparait dans l’orfèvrerie de la coupe d’agate onyx que nous attribuons 8 5 ET

au temps de Charles IX. Nous nous fondons sur les analogies qui existent entre les ornements gravés et émaillés sur fond d’or, et ceux de même nature qui décorent le riche bouclier du fils de Henri Il, exposé naguère dans le Musée des Souverains, et portant les chiffres du roi. Ce ne sont plus des ciselures rehaussées d’émail; ce sont des plinthes d’or, aplanies, gravées, et

qui ont l’apparence d’avoir été peintes avec des pierres précieus Cette ornementation est

caractéristique, nous la retrouverons sur les p Charles IX.

s d’orfèvrerie les plus parfaites du règne de

(N® 415 et 323 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.

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