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COUPE D’AGATE ORIENTALE

XVI* SIÈCLE, RÈGNE DE CHARLES IX

Hauteur, 0,190. — Diamètre, 0,090.

L'agate dans laquelle ont été taillés le calice, son couvercle, le balustre et la patte, est de couleur tendre, dans quelques parties traversée par des joncs concentriques dont le centre est cristallin; dans d'autres mêlée d’onyx et de nuances jaunes, ailleurs violacées. Les montures

rerie réunissent des imitations du goût italien et des inventions déjà signalées comme

d'or

étant l'œuvre des artistes français : au goût italien appartient la petite figure de Triton tirant de l'arc qui surmonte le couvercle; une perle fine, de forme irrégulière, dont les accidents rappellent le modelé du corps humain, a été choisie pour former le poitrail; la tête, les bras,

les jambes semblables à celles d’un cheval, la queue de poisson qui détermine le dieu marin,

sont d’or, ciselés en ronde bosse et émaillés en plusieurs places. La main d’un orfévre francais se reconnait dans les frises d’or bruni, incrustées d’émaux étincelants, dont la coupe d’agate représentée sur la planche XLVIII a été un premier exemple; elle se retrouve dans l'ajustement

sent le tour du couvercle et

des perles enchässées, des rubis montés sur agrafes, qui enrichi le soubassement du pied, conformément à ce que nous avons vu pratiqué sur les drageoirs que représentent les planches XLII, XLIV, XLVI.

Jusqu'au règne de Charles IX, il ne semble pas que l'agate ait été employée par les

ses, des coupes ou des aiguières; à partir de ce moment,

lapidaires pour en former des te nous en trouverons dans notre collection de fréquents spécimens. Lorsqu'au seizième siècle,

les orfévres ont exercé leur savoir et leur goût pour ajouter au prix des pierres dures toute

la richesse que l’art a pu trouver dans l’alliance de l'or, des émaux et des pierres fines,

ont préféré d’abord les matières les plus colorées ou, pour mieux dire, celles qui réunissaient le plus de variétés de couleurs : tels sont les jaspes fleuris qui ont été surtout recherchés par Cellini et son école; ce choix n’était peut-être pas très judicieux, car ces pierres nuancées de tons divers ont par elles-mêmes un éclat que les montures relèvent peu, alors même qu'elles ne le contrarient pas. Nous avons vu, dans une période qui a suivi, l'emploi du jaspe vert et du

jaspe sanguin offrir des ressources plus sûres par l’heureux contraste que produisait l'or uni aux

ition de même nature, m2

perles et aux rubis, sur des matières sombres et sévères. Une oppo

plus douce, s'était rencontrée dans le jade. Du jade aux agates orientales il n’y avait qu'un

pas, et dans les deux, cet avantage qui résulte d’un ton neutre pour faire valoir la coloration

des montures ; la coupe que nous étudions ne laisse à cet égard rien à souhaiter de plus.

(N° 373 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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