‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 55 sur 65 · BUIRE DE SARDOINE ONYX · texte numérisé non relu

BUIRE DE SARDOINE ONYX

XVI° SIÈCLE, RÈGNE DE CHARLES IX

Hauteur, 0%,225. — Diamètre, 0,075.

La forme du vase est exactement celle de l'objet que les architect

ont appelé balustre, du nom grec de la fleur du grenadier sauvage qui en a pu donner l’idée, La sardoine orientale, dans laquelle il est taillé, est du plus grand éclat et offre les oppositions de couleurs les plus

fauv

tranchées, du blanc pur au brun foncé, avec des transparences de tons Le bec de la buire

et l’anse sont un petit morceau d’orfévrerie indépendant du vase et imaginé par un dessinateur exercé pour transformer un balustre en une sorte d’aiguière ; le mascaron qui accuse le milieu d’un cartouche, les groupes de fruits qui sont attachés à ses enroulements sont ciselés d’un fort relief, émaillés des couleurs qui dans la nature leur sont propres et se détachent sur un fond

d’or pointillé. L'anse est composée par la tresse que constituent deux serpents réunis ; des rubis

enchàs sont retenus entre les anneaux résultant de l’entre-croisement des reptiles qui sont émaillés, à limitation de la nature, le vert de l’émeraude dominant sur le dos, et sur le ventre une nuance aventurinée. Il ne nous reste plus à indiquer que le petit soubassement, finement

profilé, qui, posé sous la dernière moulure du balustre, surélève la buire et ajoute à son élégance

la richesse d’une > émaillée qu’entrecoupent des rubis et des diamants.

Lorsque nous avons reconnu comme type de l’orfévrerie du règne de Charles IX le magnifique

bouclier d’or qui a été conservé dans le musée des Souverains, nous avons fait remarquer que

des travaux d’émaillerie semblables décoraient cette œuvre magnifique et étaient répétés sur les

montures des vases de pierre dure dont nous observons la série ; un autre genre de travail qui n'est pas moins caractéristique, nous l'avons signalé dans les détails de l'émaillerie du beau vase de cristal que représente la planche XLIX, de même que sur le bouclier du roi : ce sont

ces guirlandes et ces groupes de fruits ciselés, d’un haut relief, qui sont revétus des plus vives

couleurs. Ce travail est lement celui qu'a adopté l'artiste ingénieux dont nous examinons

l'invention ; le goût est le même, le style pareil, les émaux sont semblables. S'il était nécessaire

de donner une preuve de plus de l'identité des deux œuvres, nous la pourrions rencontrer sur la plaque d'argent doré qui forme le fond du soubassement de notre buire et qui, contrairement aux habitudes des orfévres, est entièrement couverte de dessins gravés. Or ces dessins, tracés

au burin, offrent de frappantes analogies avec ceux qui sont brodés à l'aiguille sur la housse

de velours posée sur le revers du bouclier royal.

(N° 417 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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