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ORFÉVRERIE DE LA FIN DU XVI° SIÈCLE, RÈGNE DE HENRI IV

Hauteur, 0%,240. — Diamètre, 0,215

La sardoine, de coloration très intense, est antique ; le lapidaire ayant à tailler un bloc,

qu'il eût trop réduit s’il eût pris pour re

ron de son cercle des tangentes aux parties creuses qui

diminuaient le milieu de la pierre, a utilisé ingénieusement un accident naturel ; il a donné à sa

coupe toute l'étendue qu'il trouvait sur plusieurs points, et s’est servi comme motifs d'ornement

des parties rentrantes dont il a régularisé le contour et complété le nombre.

Nous avons eu déjà l’occasion d'observer que presque tous les beaux

ses de gemmes qui

nous sont connus comme antiques sont des vases de sardoine:; dans notre collection il en est

plusieurs ; de cette observation faut-il conclure que les vases murrhins, si fort estimés dans

l'antiquité, ont été exclusivement des vases de sardoine? nous ne le pensons pas et croyons que

les Romains ont appelé murrhins les vases de pierres dures, qu’elles fussent sardoines

agates

où jasf

Voici ce qu’en dit Pline : « Oriens murrhina mittit…. splendor his sine viribu: sed in pretio varietas colorum, subinde cireum agentibus se maculis in purpuram candoremque, et tertium ex utroque ignescentem, veluti per transitum coloris purpurà candescente aut lacte

subescente. » Je traduis : & L'Orient envoie les murrhins.…. Leur éclat est sans vivacité; ce qui

fait leur prix, c’est la variété des couleu ; les taches qui les parcourent traversent la pourpre et le blanc, empruntant à l’une et à l’autre une troisième nuance qui est comme la transition de

la pourpre au blane, ou du lait au rouge. » Pline ajoute d’autres détails ; décrit-il une matière

appelée murrhin? non. J'ai sous la main, il est vrai, une traduction française faite par un homme assez illustre pour qu'il ne soit guère permis de lui reprocher un mot, mais elle contient un mot de trop. Là où Pline a écrit : « eadem victoria primum in urbem murrhina invexit : primusque Pompeius capides et pocula ex eo triumpho Capitolino Jovi dicavit. » La traduction nous fait lire dans notre langue : « Cette même victoire introduisit pour la première fois dans Rome les

vases murrhins, et Pompée le premier, à la suite de ce triomphe, consacra à Jupiter Capitolin

des coupes et des vases de cette matière. » Or Pline ne dit pas des vases de cette matière, il dit des vases de ce triomphe. Et plus loin, quand il résume son discours : « Rerum autem ipsarum maximum est pretium in mari nascentium , margaritis; extra tellurem, crystallis; intra, adamanti,

smaragdis, gemmis, murrhinis. » ç Quant aux choses elles-mêmes, le plus grand prix pour

celles qui nais

ent dans la mer, est aux perles ; à la surface de la terre, aux cristaux; dans la

terre, au diamant, aux émeraudes, aux gemmes, aux murrhins. » Aux murrhins, cela veut dire

aux pierres précieuses autres que les pierres fines, ce qui comprend les sardoines, les

ates,

les jaspes et autres.

(N° 411 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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