‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 58 sur 65 · VRERIE DE LA FIN DU XVI‘ SIÈCLE, RÈGNE DE HENRI IV · texte numérisé non relu

VRERIE DE LA FIN DU XVI‘ SIÈCLE, RÈGNE DE HENRI IV

Hauteur, 0%,265. — Largeur, 0",135

La base de l’aiguière est une tasse qu’un couvercle, presque hémisphérique, complète en la transformant en un corps ovoïde; le balustre du pied et la patte aplatie sont des pièces rapportées ; tout le reste est orfévrerie. Un goût nouveau se manifeste dans les travaux de la le d

est moins élégant; les ornements sont prodigués, les colorations ne conservent plus une juste

fin du siècle; je pourrais dire une altération de goût : les formes sont moins pures

mesure. Les mêmes défauts peuvent être signalés dans les montures du gobelet que représente la planche qui précède, et dans celles de l’aiguière qui est l’objet de celle-ci. Dans les deux, les

ans

sont uniquement décoratives, sans préoccupation de leur usage pratique ; la main cherche

avec peine un moyen de saisir celle qui est ajustée sur le bord du gobelet et s'embarrasse dans les feuillages découpés, enroulés sur eux-mêmes, qui forment la volute, dans les ailes compliquées qui surchargent la figure à mi-corps d’une sirène en ronde-bosse. Il est moins facile encore de

serrer l’anse plus gracieuse adaptée à l'aiguière; il est vrai que le corps de femme qui en est

le motif principal est svelte et délicat; mais comment éviter les piquants des pointes qui se détachent de la corne d’abondance, de celles qui garnissent les ailes de la nymphe? Puis, si nous examinons la tête d’aigle qui fait saillie, en avant du gobelet, nous lui reprocherons, en outre de sa lourdeur, de n’avoir pas d'utilité : elle n’a pas pour destination de diriger l'écoulement

oser les lèvres. De

d'un liquide; elle occupe sur le bord du verre la place où pourraient se

même pour le bec de l'aiguière, déchiqueté de telle façon qu'un courant d’eau ne saurait le

suivre sans se séparer et se répandre. Dans les deux pièc

s, abus de mascarons, de têtes

nimaux ; sur le gobelet surabondance de feuillages et exagération d’émaux colorés.

Les orfévres qui ont monté et orné les pièces les plus anciennes que nous ayons fait graver, parmi celles qui appartiennent à la première moitié du seizième siècle, n’ont employé que l'émail

noir, sorte de nielle, sur lequel ils enlevaient à la pointe d'élégants dessins d’or. Je citerai pour

exemples l’aiguière et le hanap que reproduisent les planches XVII et XIX. Après eux Cellini et son école ont émaillé l’or de vives colorations, en restant toutefois dans une juste réserve. Sous Henri II et pendant le règne de Charles IX nous avons vu les émaux, imitant la transparence des pierres précieuses, rechercher exactement le rouge du rubis, le vert de l’émeraude et le bleu du saphir. Nous n'approuvons pas dans l’orfévrerie du temps de Henri IV l'introduction

:s du bleu faïence et du rose, du vert clair, du blanc rehaussé

des émaux opaques, les mélang

de noir.

93 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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