‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 61 sur 65 · RÈGNE DE HENRI IV · texte numérisé non relu

RÈGNE DE HENRI IV

Hauteur, 0,110. — Diamètre, 0",110.

Le lapis, quoique mélé de pyrites, est d’un bleu très pur et éclatant. Le couvercle, dont le

motif principal est une rosace à douze pétales, est composé de pièces de rapport. Il a été dessiné

ici, par M. Jules Jacquemart, isolément et au-dessous de la coupe sur laquelle habituellement il est posé, et a été retourné de facon à ce que l'œil en saisisse tous les détails, comme ce

pourrait être si, l’objet étant placé sur une table, l'observateur debout le regardait de haut en

bas. C’est sur le couvercle que nous étudierons le trav

ail d'orfévrerie, car c’est là qu'il présente une composition savante et compliquée qui n'est que rappelée sur le pied de la coupe : le bouton central, les douze lobes formant la rosace, les douze segments déterminant le contour, taillés (F dans des lapis de choix, sont engagés dans une doublure d'or qui les assemble et constitue une

calotte aplatie ; tout ce que nous voyons ici, formant un fond clair sur lequel se découpent les

sections de lapis, est un revêtement d’émail blanc; les pierres enchâssées de place en place, ou

montées sur agrafes, sont des rubis : un heureux effet résulte de la combinaison d’une matière 11

mate et bleue, posée sur du blanc, que relève un semis d’escarboucles étincelantes. J'ai dit que quelques rubis étaient montés sur ag

fes ; ces agrafes sont ajoutées, comme des appliques, au droit de chacun des segments de lapis disposés sur le bord ; ce que je veux faire remarquer dans il

le dessin de ces appliques, c’est la disposition et la forme aiguë des feuilles qui les composent : |

£ SUR : 5 : : | premier exemple, dans notre recueil, d’une ornementation que les orfévres du règne de Henri IV 19 ont imaginée et répétée à l'infini. Les éléments de leur dessin sont les feuilles, les cosses et les |

graines des pois. L'invention ne consiste pas dans l’imitation des parties diverses de cette plante,

mais dans la combinaison systématique qu'ils ont créée, en s'en inspirant : les Grecs ont décoré de cosses de pois des vases de terre; les Romains, dans la Gaule, l'ont fait également; sur les

armes ciselées en Italie, sur les bois

sculptés en Alleme

e, aux quinzième et seizième siècles, à | ant se rencontre plus d’une fois; mais ce n’est qu'à la fin du siècle, et surtout en

France, que l'emploi de ces formes particulières devient général et exclusif. Successivement,

nous le s

gnalerons dans les œuvres d’orfévre

qui nous restent à décrire, et aurons lieu d’en voir les transformations ; elles sont apparentes dans les travaux des orfévres qui ont vécu sous

Henri IV, Louis XIII et Louis XIV; elles peuvent étre suivies pas à pas dans les recueils de

modèles gravés qui sont conservés à la Bibliothèque nationale. Le nom d’Es

aias Van Hulsen et ins, des premiers qui s'y rencontrent; puis, Balthazar Lemersier, 1625 ; George Mosbach, 1626 ; Pierre Marchand, 1628 ; Jacques Caillart, 1629 ;

la date 1616 sont, pour cette série de de

Pierre de la Barre; Antoine Hedouyns, 1633 ; Pierre Boucquet, 1634; François Lefebvre, 1635

Gédéon, Laurent et Gilles, l’égaré, orfévres du roi; beaucoup d’autres, jusqu’à Louis Rouper, orfévre à Metz, 1668.

(N° 522 de l'Inventaire des Bijou de la Couronne, 1791.) |

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