COMMENCEMENT DU XVII* SIÈCLE, RÈGNE DE HENRI IV
Hauteur, 0,450. — Largeur, 0,240
Le nom de bougeoir qui, dans les inventaires du seizième siècle, désignait le plus souvent une applique, propre à étre attachée sur la muraille ou au dossier d’un lit, n’a plus aujourd'hui le même sens; toutefois, dans l'objet que nous avons à décrire, la partie essentielle, quoique relativement très petite, qui a été la cause de ce grand travail et qui lui donne son nom, est bien un bougeoir différant peu de la forme moderne. Taillé dans des sardoines-onyx,
à la base de l’applique, il échappe presque à la vue, dans la confusion des riches
ajusté
accessoires qu’une mince bougie devait faiblement éclairer. Il est vrai que chacun d’eux brille
par lui-même plus qu'il n’est nécessaire pour la juste harmonie de l’ensemble : toutes ces
pierres taillées, les unes imitant la construction d’une arcade, les autres, de formes ovale ou ronde, entassées à l’entour, sont des agates ou des sardoïnes-onyx; telles sont aussi, parmi les
feuilles à pointes aiguës qui remplissent les vides, les plus nombreuses et les plus apparentes F 5 l E PI ;
les graines et les cosses étant le plus souvent des émaux appos
s sur or. Ce travail d'assemblage, qui est une des applications d’un genre alors dans sa nouveauté, dont nous avons dit, en terminant notre dernière notice, le succès et la persistance, n’est assurément pas d’un goût irréprochable ; il n’est relevé que par les camées qui donnent à la composition un centre, une
et une explication : le centre est le médaillon sur lequel sont gravées, en relief et
raison d’êt de profil, les têtes accolées d’un Éthiopien et d’une femme; les camées dont il est entouré motivent l’arcade qui les encadre ; les têtes réunies de Henri IV et Marie de Médicis expliquent la richesse excessive d’un présent destiné à la Reine et au Roi.
Henri IV, ressemblant par ce noble goût, comme par de rares qualités, aux princes qui
ont illustré leur règne en protégeant les arts, semble avoir eu pour les pierres gravées une prédilection marquée : l’une de ses deux épées qui ont été exposées dans le musée des Souverains
st ornée de camées, représentant la suite des rois de la troisième race, depuis Robert le Fort
jusqu’à lui-même; des camées qui ont boutonné son pourpoint ont été conservés. L'artiste qui, en France, s’est acquis le plus de renommée comme sculpteur sur pierres fines, Julien de Fontenay, dit Coldoré, était valet de chambre et graveur du roi; il a fait de sa main les meilleurs portraits de ce prince : celui que nous voyons ici, affirmant la destination du bougeoir, lui est attribué. En regard, et dans une disposition semblable, sont figurés Hercule et Omphale, symboles de la force et de la beauté, ne paraissant ni plus forts ni plus beaux que Henri le Grand et Marie de Médicis.
Toutes les gravures des camées répartis sur le bougeoir sont modernes ; l’'onyx qui, placé au sommet, surmonte la coquille, est une tête de Claude.
ei de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)