ET SES SUCCESSEURS ALLEMANDS
In 50 Jahren wird jeder Schulknabe mit diesem Maszstab (die Generationsrechnung) ebenso gelaüfig umgehen, wie er heute mit dem Meter verfährt,
(LoRENz.)
portance du concept de génération, et essayé
d'évaluer la durée des générations familiales à l'aide de recherches statistiques (‘). Son étude, très dense, contient quelques indications relatives à la génération sociale. Le mot usuel de génération, dit-il, est équivoque : il désigne soit l’ensemble des hommes qui vivent actuellement, comme dans l'expression: /a génération actuelle ne verra pas planter la croix sur Sainte-Sophie; soit la distance qui sépare l'âge du père de celui de ses enfants, par exemple dans cette proposition: ?/ y a eu huit générations depuis la querre de Trente ans jusqu'à nous. Dans le premier sens, 17 n’y a jamais qu'une génération sociale à la fois; dans le second, deux générations familiales, ou même trois ou quatre vivent simultanément. C’est cette
U x statisticien allemand, G. Rümelin, a saisi l'im-
(:) Reden und Aufsütze, &. X, Tübingen, 1875, p. 285 à 805. Il en existe une traduction française dans Problèmes d'économie politique et de statistique, Paris, 1896.
dernière acception du mot que Rümelin veut préciser par la statistique : nous n’avons donc pas à y insister (‘). Rümelin remarque que si un siècle embrasse trois générations actives, cela ne veut pas dire que durant un siècle trois générations naissent et meurent. Normalement, un siècle s'étend depuis la naissance du père jusqu’à la mort du fils ou à la naissance du petit-fils (30 + 70). Mais ce sont les hommes de cinquante ans qui sont les rois de leur époque dans toutes les sphères de l’activité. C’est pourquoi nous comptons à partir de la génération active, et nous disons que la révolution française est l'ère de nos grands-pères: « Un siècle est une quantité massive qui dépasse notre faculté de concevoir. Au contraire, la génération est une mesure de temps claire et intelligible. Toute l’histoire universelle s’humanise et se serre fortement quand nous parcourons le chemin banal du fils au père. La différence d'opinions entre parents et enfants nous paraît relativement faible, telle une nuance dans la gamme des couleurs, et nous nous étonnons qu'il faille simplement tripler cette différence pour arriver à Frédéric le Grand et à Voltaire, à Klopstock et à Lessing, qu'il faille la mul-
(*) Indiquons seulement ses conclusions relatives à la génération familiale. — Selon Rümelin, la valeur statistique d’une génération est mesurée par la différence moyenne d'âge entre les pères et les enfants. Cette valeur est fonction de deux facteurs : 1° l’âge moyen des hommes qui se marient; 2° la durée de la période de fécondité conjugale. Elle est donc égale à l'âge moyen des mariages, augmenté de la moitié de la période moyenne de fécondité. En tenant compte de ces données, la mesure cherchée est d’environ 36 ans 1/2 pour l'Allemagne, 35 ans 1/2 pour l'Angleterre et 34 ans 1/2 pour la France. Dans certains pays elle baisse jusqu’à 32 ans, dans d’autres elle monte jusqu’à 39. La moyenne actuelle pour l’Europe centrale esi de 35 à 36 ans. Le chiffre d'Hérodote (33 ans 1/2), vrai pour son pays et pour son temps, est pour nous trop faible de 2 à 3 ans. Une différence de quelques années dans la durée des générations entraîne des changements notables dans l'évolution sociale. — La partie purement statistique de cette étude est assez artificielle, mais beaucoup de considérations en sont très intéressantes. ù