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humaine fut démuselée, que la lie du peuple envahit la rue avec des bandes de coupe-jarrets amenés du midi, et que les moins avouables rancunes ou les plus basses Jjalousies assouvirent leur lâcheté à l'abri de la plus sainte des causes; il s'était glissé aussi parmi les chefs de la Révolution des âmes viles, comme ce Hébert qui avait besoin de « lécher le sang au pied de la guillotine » (G. Desmoulins). Mais, en ces heures d’énervement, le patriotisme français était devenu susceptible, et tout lui portait ombrage : le terrorisme est le mouvement réflexe de l'instinct de défense qui flaire partout le suspect et l’espion. Rappelons-nous les premiers jours de la guerre de 1914, où la nation tout entière eut le sens de l'ennemi à un degré d’acuité qui mettait à nu les tendances profondes de toutes Les natures. Les tractations avec l’ennemi, les émigrations, la fuite de Louis XVI, avaient révolté la conscience de nos pères et soulevé les colères de la populace. Il faut ajouter que le patriotisme fut alors une religion qui versait dans tout l'être une ivresse sacrée, et une religion sanguinaire qui exigeait des Fe times : « la liberté ou la mort », sang pour sang :
réclamait-elle pas l’oblation totale de l'individu? Ceux . reprochent siamèrement à l’Église catholique les excès de l’Inquisition, sont les mêmes qui excusent et parfois célèbrent les excès de la Terreur rouge : il faut pourtant être logique avec soi-même, et comprendre l’homme, et jusqu'où peut aller le fanatisme religieux. Le patriotisme fut la religion de la France révolutionnaire, et la Révolution un des épisodes les plus instructifs de l’histoire religieuse de l'humanité. Les patriotes emprisonnés, gardaient jusqu'au pied de l’échafaud la sérénité des martyrs qui meurent pour attester leur foi. Rien ne manque au tableau, pas même les ombres de la superstition etle pullulement des sectes d’illuminés, de charlatans