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Shakespeare, Goethe, V. Hugo sont plus représentatifs de leur race et plus gonflés de substance que ses meil-
leurs historiens.
Une génération n’est qu’un anneau de la chaîne histo-
rique qui résume la vie d’un grand peuple. À son tour,
elle entre dans des ensembles plus vastes, dont il nous reste à dire un mot pour terminer.
Le contraste plus ou moins accusé des générations successives explique l'alternance des mouvements littéraires et les cycles artistiques. Déjà Cournot, avec Sa sagacité coutumière, avait signalé ces oscillations de l’art, et il voyait là « un sujet d'analyses subtiles et des problèmes des plus curieux à résoudre (‘) ». Il y a des cycles généraux (2) et des cycles particuliers à telle ou telle nation. « La marche naturelle du génie humain, écrit Cournot, est de débuter dans les arts par la raideur et de finir par le maniéré de l'exécution. On va de la grossièreté à la naïveté, et de l'élégance à l'affectation. » Toute école d'art qui dure commence par prêcher Le retour à la nature, et traverse successivement ces trois périodes; puis, quand elle est épuisée, elle cède la place à une autre qui part d’une nouvelle conception de la nature destinée à parcourir le même cycle (*). Le cycle le plus vaste est celui qui régit les Renaissances ; il peut d’ailleurs s’appliquer à
(:) V. Essai, $ 181; Traité, $ 499 et 500; Considérations, t. I, p. 20 et t. I, p. 204. Le cycle esthétique est un rythme à trois temps comme le jour (matin, midi, soir) et comme la vie (enfance, âge mûr, vieillesse) : c’est le
passage d’un extrême à l’autre par l’intermédiaire d'un moyen terne. Cf. la
théorie aristotélicienne du juste milieu (en morale et en psychologie). Dans
sa Philosophie de l'art, Taxe distingue trois époques dans l’histoire de la. peinture italienne (nouvelle édition, t. II, p. 274 et sq), après avoir entrevu l'idée de génération (p. 248). — Il y a aussi des rythmes à quatre temps comme
l’année (saisons), etc.
() C£. sur ce point W. Dronxa, les Lois et les Rythmes dans l’Art (Paris, Flammarion).
() J.-J. Rousseau est le grand-père du romantisme, dont Chateaubriand
est le père.
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