‹ Les Généraux morts pour la patrie, 1792-1871Chapitre 3 sur 57 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

division (i) — cinquante-huit généraux de brigade (2).

Quarante-cinq d'entre eux périrent sur le champ de bataille ou dans des insurrections (3) ; les trente-deux autres succombèrent aux suites de leurs blessures (4).

Onze n'avaient pas atteint trente ans quand ils moururent pour la patrie. Le plus jeune fut Charles Abbatucci, qui n'avait que vingt-six ans et quinze jours (5). Heureux hommes auxquels une courte vie a suffi pour laisser un nom impérissable î

Vingt-cinq furent tués de trente à quarante ans, vingthuit de quarante à cinquante, douze de cinquante à soixante et un à soixante-six ans. Ce doyen était Dumas, que la Convention fit général après sa mort (6).

Si on recherche le pays d'origine de ces guerriers, on constate que le Languedoc en compte 9,1a Lorraine 9,

(i) Meusnier, Blou de Chadenac, Charlet, Stengel, Laliarpe, Dubois, Bonnaud, Marceau, Beaupuy, Chcrin, Cambray, Dommartin, Desaix et Lanusse. — Il faut noter que trois de ces généraux périrent sans avoir connu leur promotion de divisionnaires : ce furent Meusnier, Blou de Chadenac et Cambray.

(2) Plusieurs de ces généraux, nommés à titre provisoire par les commandants d'armée ou par les représentants du peuple, périrent avant d'avoir été confirmés dans leur grade par le pouvoir exécutif. Tels Drouet, Ihler, Lecomte (René-François), Blosse, Marigny, Botta, Dupuy, Argod. Mais leur mort glorieuse fut la meilleure des confirmations. — D'autre part. Bon commanda en Egypte une division, sans avoir été promu divisionnaire,

(3) Parmi eux figurent Dillon, massacré par ses soldats, et que l'Assemblée législative déclara avoir bien mérité de la patrie, Duphot et Dupuy, tués à l'ennemi dans des insurrections. Moulin et Haxo, qui s'achevèrent pour ne pas tomber aux mains des Vendéens, Dujard, Mireur et Kleber, assassinés dans l'exercice de leurs fonctions.

(4) Trois seulement d'entre eux survécurent longtemps à leurs blessures; Conigliano-Clarenthal, blessé le 22 mars 1795 et mort le 9 mars 1795, Bonnaud, blessé le 15 septembre 1796 et mort le 30 mars 1797, et Robert, blessé le 17 novembre 1796 et mort le ]o janvier 1797.

(5) Après Abbatucci viennent Sarret (26 ans et 7 mois), Marigny (27 ans 4 mois et 30 jours; et Marceau (27 ans 6 mois et 19 jours). Les sept autres furent Rouyer, Beyrand, Duphot et Mireur, qui avaient 28 ans, et Lecomte (René-François), Banel et Lanusse, qui en avaient 29. — Marceau fut le plus jeune des divisionnaires morts à l'ennemi.

(6) Les plus âgés, après Dumas, furent Drouet, qui avait ,9 ans, et Dujard, qui en avait 57.

INTRODUCTION vu

Paris 6 (i), la Guyenne 5, la Provence 4, la Bourgogne 4, le Dauphiné 4, la Normandie, 4, l'Alsace 3, la Franche- Comté 3, le Lyonnais, l'Auvergne, la Picardie, la Champagne et le Poitou, chacun 2, le Béarn, la Bresse, la Bretagne, la Corse, la Flandre, le Limousin, l'Orléanais, le Périgord, la Touraine et le Vivarais, chacun i. Enfin la Guadeloupe, l'Irlande, le Palatinat, la Suisse et les États- Unis comptent chacun un général [2):

Les généraux qui jouirent le moins longtemps de leur grade, furent Chambon, nommé général de brigade le 30 septembre 1793, tué au combat de Châtillon le 8 octobre ; Guiscard de Bar, nommé maréchal de camp le 8 mars 1793 et tué à Neerwinden le 18 du même mois; Blosse, nommé par les représentants le 16 octobre 1793 et tué le 27 ; et Botta, nommé par Hoche lé 16 juillet 1795, blessé à Quiberon le 21 et mort le 28.

Les premières campagnes de la Révolution ne nous coûtèrent que peu de généraux, mais celles d'Italie furent très meurtrières : vingt-cinq généraux y trouvèrent la mort.

L'Allemagne nous fut moins funeste, et on ne compte que huit généraux tués dans les combats livrés par les armées du Rhin et de Sambre-et-]\Ieuse. La guerre civile nous enleva neuf généraux, dont huit frappés en Vendée et le neuvième, Botta, à Quiberon. La campagne d'Egypte ne

(i) Dampierre, Le Comte, Boussard, Mesnage (né à Saint-Maur), Chcrin et le vicomte de Noailles. Dampierre seul a donné son nom à une rue de Paris. Quand le conseil municipal de la capitale aura de nouvelles rues à baptiser, Ifs noms de ces guerriers s'imposeront à son choix.

(2) Dugommier, né à la Basse-Terre (Guadeloupe); — Théobald Dillon, né à Dublin; — Stengel, né à Neustadt; — Laharpe, né à RoUe (Suisse); — La Barre, né dans le fort de Missouri.

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