DESAIX
duits de Sidney-Smith, fit enfermer dans le lazaret et traita en prisonniers de guerre le général et ses compagnons. Enfin, le 29 avril, Desaix fut relâché et arriva, le 5 mai, à Toulon, où on lui imposa une quarantaine de trente jours. Il écrivit aussitôt au premier consul pour se mettre à ses ordres et, dès qu'il fut libre, il partit pour l'Italie. Le 11 juin 1800 il arriva au quartier général de Stradella, où Bonaparte lui confia le commandement de deux divisions. Dans la soirée du 13 il reçut l'ordre de se diriger sur Novi. Le lendemain 14 juin 1800, il était en route quand il entendit le bruit du canon. Il changea aussitôt son itinéraire et marcha au canon avec une rapidité extrême. Il arriva sur le champ de bataille de Marengo vers trois heures de l'après-midi, au moment où les Français se retiraient devant les Autrichiens victorieux. Aussitôt Bonaparte reprit l'ofifensive; Desaix conduisit ses troupes fraîches à l'attaque et tomba presque aussitôt frappé d'une balle au cœur, au moment où il ramenait par sa présence la victoire sous nos drapeaux. Le 5 messidor an VIII (24 juin 1800) les Consuls arrêtèrent que le nom du général Desaix serait inscrit sur la colonne nationale et qu'une médaille serait frappée en son honneur. Le 8 (27 juin), ils décidèrent que son corps serait transporté au couvent du Grand-Saint-Bernard, où un tombeau lui serait érigé. Le i"'" thermidor (20 juillet 1804), ils accordèrent à la mère de Desaix, née Beaufranchet d'Ayat, âgée de soixante-six ans, une pension annuelle de trois mille francs, qui fut reversée, après sa mort, par arrêté du 27 fructidor an X (14 septembre 1802), sur la sœur du général. Enfin un monument fut élevé à la mémoire de Desaix au moyen d'une souscription nationale sur la place Dauphine à Paris.
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1800, 14 juin. — Le Kaire (Egypte).
KLEBER (Jean-Baptiste), né à Strasbourg le g mars 1753. Il vint étudier l'architecture à Paris sous la direction de Chalgrin en 1772, retourna à Strasbourg en 1775, puis se rendit à ]\Iunich, où il fut admis à l'école militaire de cette ville. Entré dans le régiment de Kaunitz comme cadet le i" octobre 1777, il y devint enseigne le 19 novembre suivant et sous-lieutenant le i'"'' avril 1779. Il tint garnison à Senftenberg (Bohème), à Luxembourg et à Malines, et donna sa démission le 22 février 1785. Revenu en Alsace, il fut nommé inspecteur des bâtiments publics de Belfort. En juillet 1789 il s'enrôla dans la garde nationale, puis fut nommé, le 8 janvier 1792, adjudant -major au 4* bataillon des volontaires du Haut-Rhin et élu lieutenant-colonel en second le 20 mai. Employé à l'armée du Rhin, Kleber fut chargé, pendant l'hiver de 1 792-1 793, de surveiller la rive gauche du Rhin de Mayence à Nieder-Ingelheim et reçut, le 2S mars 1793, l'ordre de rentrer dans Mayence. Le i" avril 1793 il fut nommé chef de brigade par les représentants Reubell et Merlin de Thionville et il eut pour mission de défendre les ouvrages extérieurs de la place. Il établit son quartier général au fort Sainte-Elisabeth et dirigea de nombreuses sorties les 6, 10, 17, 20 et 22 avril, les 5, 7 et 25 mai, et le 10 juin. Obligé, le 21 juin, par le bombardement de se loger dans une casemate du fort Saint-Philippe, Kleber entrava, par des attaques incessantes, les travaux d'approche de l'ennemi, jusqu'à la capitulation (23 juillet 1793). Appelé à la barre de la Convention le 29 juillet pour s'expliquer sur la défense de Mayence, il fut arrêté à Nancy et amené à Paris, mais il fut relâché à la suite du décret du 4 août 1793, qui déclara que la garnison de Mayence