‹ Les Généraux morts pour la patrie, 1792-1871Chapitre 5 sur 57 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

concevoir l'espérance d'arriver au généralat? Pour la plupart, l'horizon se bornait à la croix de Saint-Louis, récompense obligatoire de vingt années de service? Quant aux sous-officiers, fussent-ils parvenus seulement au grade de capitaine?

C'est donc à la Révolution, on peut le dire, que tous ces officiers ou soldats durent leur avancement d'une rapidité que seuls avaient égalée les princes de l'ancien régime, colonels dès le berceau (i). D'ailleurs, la création des gardes nationales en 1789 et des bataillons de volontaires en 1791 et 1792 fut, pour presque tous, le tremplin de leur fortune militaire (2). Dans les élections d'officiers on choisissait plus volontiers, comme plus tard en 1870, ceux qui avaient déjà été au service.

Si ces hommes, que des circonstances extraordinaires, les dangers de la patrie et l'émigration des officiers de l'ancien régime, portèrent si rapidement aux plus hautes dignités de l'armée, ne brillèrent pas tous par des talents supérieurs, du moins ils servirent tous la France avec un courage et un dévouement que couronna leur mort glorieuse. Si beaucoup sont restés obscurs, plusieurs ont laissé un nom honoré dans nos fastes militaires, et cinq d'entre eux comptent parmi nos plus illustres guerriers : Dugommier, Marceau, Joubert, Desaix et Kleber.

(i) On peut citer comme exemples : Chambon, sous-lieutenant le 2 juin 1792, général de brigade le 30 septembre 1793 ; — Lecomte, lieutenant en octobre 179c, général de brigade le 50 juin 1795; — Blosse, capitaine le 16 septembre 179;, général de brigade le 16 octobre 1793.

(2) Tels Dumas, Lecomte, Brûlé, Noël, Banel, Laharpe, Beyrand, Lambert, Marceau, Robert, Dupuy, Point, Argod, Bon, De Lanney, Joubert, Kleber, Bastoul, Calvin, Lanusse, Baudot. — Sans compter Gouvion, major général de la garde nationale parisienne, sept des futurs généraux préludèrent dans ce corps à leur fortune militaire : Chambon, Moulin, Charlet, Marceau, Mesnage, Chérin et Cambray. — Notons aussi que cinq de nos généraux passèrent par le régiment des Gardes françaises ; Dampierre, Rouyer, Noël, Robert et Mesnage.

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