INTRODUCTION
De tout temps on a honoré les généraux tombés sur les champs de bataille : on glorifiait les soldats dans la personne de leurs chefs. Lorsque nos pères coururent, en 1792, aux frontières pour défendre la patrie en danger, la nation tout entière, secouée d'un enthousiasme guerrier, resta suspendue aux nouvelles de nos armées. Tous les traits d'héroïsme, soigneusement mentionnés dans les rapports ofliciels et vulgarisés par les journaux, remuaient l'âme des citoyens. Quelle famille n'avait pas un ou plusieurs des siens sous les drapeaux ? Aussi chacun était naturellement porté à rendre hommage aux braves qui sacrifiaient leur vie pour sauver la patrie. Dampierre fut le premier général qui bénéficia de cette disposition de l'opinion publique. Bien que le succès n'eût pas couronné ses efforts, la Convention lui décerna les honneurs du Panthéon (11 mai 1793). L'année suivante, les généraux ]\Ioulin et Haxo, blessés en combattant les Vendéens, s'étant achevés pour ne pas tomber vivants aux mains de l'ennemi, la Convention décréta, le 9 floréal an II (28 avril 1794), sur la proposition de Barère, qu'on élèverait dans le Panthéon une colonne de marbre sur laquelle seraient inscrits les noms des républicains qui auraient fait des actions héroïques et que les noms d'Haxoetde Moulin y seraient gravés les premiers avec cette inscription : « Ils se donnèrent la mort pour ne pas tomber entre les mains des brigands. » Même hommage fut ensuite rendu aux généraux Brûlé, Mirabelet Dugommier. On éleva des tombeaux à Marceau, à Beaupuy, à Abbatucci, à Cafi^arelli du Falga et à Desaix. Les cendres de Kleber furent rapportées pieusement en France.