‹ Les gens de la noceChapitre 12 sur 24 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

PAPIER TIMBEÉ.

On ne peut pas prétendre que les gens do la noce perdirent contenance, non; mais ila restèrent un peu déconcertés, se regardant les uns les autres et écoutant s'éloigner le pas du commandant Manuel.

a Vertuchoux 1 s'écria tout à coup le chevalier Fulbert se levant comme un ressort, il a bien fait de s'en aller! mazette!

— Moi, dit Bénard mécaniquement, ça ne m'effraye pas. Je le brave !

— Personne ne lui a répondu, fit observer la Jeune avec timidité. C'était pourtant le cas. »

Le chevalier Fulbert remonta sa cravate d'un air menaçant.

« C'est un fou, d déclara la comtesse.

Bénard enchérit, criant :

« C'est un malfaiteur. Je souligne le mot !

— Je demande la permission de poser la ques-

tîooglc

tioD à l'ordre du jour, dit le docteur Nochet des Rivages. Voulons-nous, oui ou non, abandonner DOS enfants ?>i

Ce fut un toile général.

« Ah! ah! fit Bénard, ce serait beau! Essayez I

— Ils se dévoreraient! augura la comtesse avec teiTcur.

— Puisque, appuya le docteur, malgré nos efforts de cbaque jour.... car nous nous sommes mis en quatre....

— Mais c'est justement ce qu'il vous reproche, » objecta la Jeune.

Bénard lui mit la main sur l'épaule, pour dire avec douceur et fermeté :

« Cela dépasse ta portée, madame Bénard. »

Ah ! comme elle regrettait amèrement et à juste titre de n'avoir pas leur intelligence I

« Délibérons, proposa le docteur.

— Voici, évidemment, le mot de la situation, opina M. Bénard : L'union fait la force. C'est moi qui l'ai trouvé.

— Il est clair, répliqua la comtesse, que devant cet ennemi commun nous devons nous réunit-.

— Écoutez enlin la voix du cœur ! s'écria le docteur. Concorde 1 concorde ! concorde I

— J'en ai eu l'initiative, constata Bénard qui

regarda sa femme. J'avais dit : « (l'union fait la force ! »

Elle lui sourît avec reconnaissance et admiration.

« Si on se réconcilie, insinua Gertrude> je voudrais un repas de corps pour cimenter l'événement,

— Appuyé î dit Bénard. Pas chez nous, ni chez Mme la comtesse. 11 faut une maison neutre. Je propose la petite baronne. Mon instinct m'a dicté ce choix, n

Gertrude passa sa langue sur ses lèvres. La comtesse approuva du bonnet. Le chevalier Fulbert prit le docteur par un bouton de son habit et lui dit :

« J'avale un duel comme un verre d'eau sucrée, vous savez ? Mais il ne fallait pas effrayer ces dames. M

Bénard chantait ce Te Deum :

« Moi, je ne demande pas la parole, singeant à tout propos les habitudes parlementaires ; moi, je ne fais pas de poésies; moi, je ne pose pas en vivant caducée, mais....

— Toi, tu es leur m^tre à tous, Amédée I intercala tendrement la Jeune.

— Ce que je dis peut avoir, en effet, une certaine valeur. J'ai conjuré la tempête, c'est positif. Et j'ai été bref. Cette réunion chez la baronne

produira des effets incalculables : Clotilde et Armand y seront; je le veux. Valentine est leur amie à tous deux. Vous verrez I Mme la comtesse est toute charmante, quand elle est de bonne humeur. Je promets d'être gai. Mlle Gertrude aura de l'appétit. M. le chevalier sera galaDt avec les dames, et te docteur Nochet des Rivages récitera une seconde fois son épithalame : cela lui fera plaisir. L'aspect de notre allégresse érooustillera nos deux tourtereaux : quelque chose comme une noce à recommencer, quoi ! J'ai mon idée. Nous les piquerons, nous les chaufferons, nous les allumerons....

— Et ils tomberont dans les bras l'un de l'autre, conclut la Jeune les yeux noyés. Ah! Amédée ! Le cœur, chez toi, est à la hauteur de l'intelligence !

— C'est arrangé, dit Gertrude. Les voilà rapatriée : dans neuf mois le repas du baptême. Seulement, si on dînait un peu, ce soir, ensemble, pour convenir de nos faits ?

— Je désirerais faire une observation, commença le docteur.

— Je m'y oppose, continua Bénard, La clôture! Un petit dîner fin, au cabaret 1 Votons! Ce détail a mon suffrage.

— Monsieur Bénard I se récria la comtesse. Au cabaret! y songez-vous? »

Bénard répondit par un gros rire vainqueur:

« Ca ne m'effraye pas. Messieurs, la main aux

Il prit, bon gré, mal gré, celle de la comtesse. Concorde, voilà de tes miracles! Mmelacomtesse, une fois le premier pas fait, sembla marcher assez gaiement vers le restaurant.

M Si l'on m'avait dit, murmura-t-elle, qu'un jour, je pourrais descendre jusque-là !... mais, pour nos enfants, je ne reculerais pas devant des choses encore plus graves !

— L'observation que je voulais faire est celle-ci , expliqua le docteur. Je suis spécial pour établir un joli petit menu d'occasion, chez le traiteur- Je m'offre aux deux familles. »

11 donna son bras à la Jeune, qui épancha dans son sein cette goutte d'enthousiasme pur :

« Amédée eût brillé même à la cour I »

Od était aux cérémonies de la porte, cf Après vous, chère madame.

— Ah 1 madame la comtesse I

— Tous ensemble I trancha souverainement Bénard. Voulez -vous le mot de la situation? le voici : Nos malentendus sont désormais de l'histoire! »

On sortit. Tels sont jeux du sort. En une seule bourse, les actions de la commandite du sentiment étaient remoDtées au plus haut. Pendant

qu'on se séparait en deux groupes, sans acception de castes, pour monter en voiture, un signe funeste obscurcit tout à coup les riantes promesses de l'horizoD.

Le vieux consul errait encore devant la grille.

Quelqu'un d'adroit aurait pu le surprendre au moment oiî il serrait furtivement la main d'un jeune homme qui le quitta pour entrer à l'hôtel d'Aubray.

M. Constantin, c'était lui, avait ses entrées à l'h&tel. Il monta droit à la bibliothèque où Armand se promenait de long en large au milieu des caisses de livres. Armand venait de rentrer et allait ressortir. C'était, en vérité, un charmant jeune homme : une figure fine et franche, bonne et fière. Il y avait sur son front une lassitude découragée, dans ses yeux une tristesse pleine d'irritations. Les supplices à coup d'épingles stigmatisent une physionomie autrement que les grandes tortures.

Nous devons constater qu'en montant à la bibliothèque, M. Constantin avait passé par la chambre bleue. Les déménagements sont des révolutions qui ouvrent jusqu'aux portes des sanctuaires.

Nous laissons à la conscience publique le soin de qualifier le fait suivant : M. Constantin, sans manifester ni émotion ni remords, avait tourné

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la clef du secrétaire de Clotilde, lequel, à la vérité, étMt vide déjà. Ce n'était pas pour voler, au contraire; M. Constantin avait beaucoup de probité.

Il prit dans sa poche un cahier de papier, le déposa sur la tablette centrale et referma le secrétaire.

Voilà tout ce qu'il fit. Vous penserez, si vous voulez, qu'op peut gHsser ainsi dans un meuble en bois de rose la ruine, le déshonneur et même la mort." Je ne dis pas non. M. Constantin ne paraissait pas éprouver de remords. En entrant dans la bibliothèque, il offrit son doigt à d'Aubray et lui apprit en fort bons termes qu'il lui fallait deux cent mille francs écus pour le lendemain matin, sans faute.

J'entends à lui, Armand d'Aubray,- pour suider le réméré des deux fermes de sa terre de Montort, le délai de la vente conditionnelle devant expirer ce dit lendemain à midi.

Armand jeta son cigare à tour de bras dans la cheminée. Il était d'humeur pitoyable. Il répondit franchement à M. Constantin que ses deux fermes de Montort pouvaient aller au diable avec sa terre elle-même, y compris le parc^ les moulins et la forêt. Armand se moquait de tout cela comme du déluge. Il ajouta :

« Je suis malheureux, très -malheureux! Je n'ai jamais aimé liy-rfÇteitesse. J'adore ma

femme, et je eonge sérieusement à me brûler la cervelle.

— Bah! murmuraM. Constantin, nous en avons vu bien d'autres ! Te souviens-tu, quand tu devais les soixante-dix mille &ancs ?

— Je donnerais le double pour aimer Laure !

s'écria d'Aubray.

— Moij j'aime qui je veux, dit M. Constantin. A propos, il y a bal ce soir à l'hôtel d'AnapIes, tu n'as pas oublié?

— Jamais je n'y remettrai les pieda.

— - Tu veux donc faire étrangler cette pauvre femme? Je viens de rencontrer le vieux consul qui rôde comme un jaguar. Il m'a dit : « Nous comptons sur M. d'Aubray ce soir. » Tu sais comme il dit ces cboses-Ià ?

— Je sais, pensa tout baUt Armand, que je ne comprends rien à ses allures. Que me veut-il ? »

Constantin se mit à rire.

tt Voilà son raisonnement, dit-il : « Si le mariage de M. Armand d'Aubray rompt ses relations avec ma femme, c'est qu'il était son amant. » Moi, je trouve cela clair. Tu serais bien lâcbé si cette pauvre dame était empoisonnée, hein ? Tu n'es pas méchant, au fond.

— J'irai, soupira Armand.

— A la bonne heure ! Et les deux cent mille •francs, pendant que tu y es ? Remarque bien ceci.

on droit au rachat, c'est ton patrimoine. Si tu laisses périmer, tu fais tort à tes enfants. »

A ce mot « tes enfants , » Armand pâlit et tourna la têtu.

H Moi, tu conçois, reprit M. Constantin, je n'admets pas tes scrupules. Tu es le mari, c'est-àdire le mattre. La loi est la loi. Pose -toi en père de famille , prends ton droit oiî il est, va tout net à ta femme et dis-lui : Donnez-moi ceci, qui vaut un, pour que je puisse rendre à la communauté cela, qui vaut deux, et même deux et demi.

— Il faudrait lui parler, murmura d'Aubray.

— Incontestablement. Tu as peur d'elle? ji Armand sonna.

i< On peut aussi écrire....» commença M. Constantin.

Armand l'interrompit pour demander au domestique qui entrait :

a Madame est-elle de retour? »

Le domestique ayant répondu que la voiture de madame venait de passer la grille^ Armand eut un petit frisson et baissa les yeux.

« J'irai avec toi, si tu veux, dit M. Constantin. En dtilinitive, eîlaestfllle de marchands : elle doit comprendre une affaire. »

Armand prit son chapeau vivement et sortit Cîoogle

en lui faisant signe de rester. M. Constantin pensa :

« Je m'occupe de ce garçon-là, comme si j'avais un intérêt là-dedans. Sans moi, il ferait sottise sur sottise ! »

Armand entra le premier dans la chambre bleue. Clotilde montait l'escalier rapidement. Elle était fort animée et par la porte entr'ouverte on entendait l'émotion de sa voix.

« Allez vite et qu'on le trouve! disait-elle à Félicité. Il Faut qu'il vienne^ j'ai besoin de le voir.

— Madame ne trouvera presque plus rien dans sa chambrej répondit Félicité. On attendait ma dame pour charger le secrétaire. II ne reste pas même une demi-voiture dans toute là maison.

— Dépêchez! l'interrompit Qotilde qui traver-' sait l'antichambre. Je ne partirai pas avant d'avoir la réponse. »

Armand écoutait. L'expression de son visage trahissait un grand malaise combattu par une lueur d'espoir. Il suffirait de si peu de chose pour briser la glace de ces situations, à la fois poignantes et mesquines dont se composent les tragédies bourgeoises 1 Et par delà ces enfantillages, le roman conjugal se heurte souvent à des dénoûments si terribles !

Armand pensait :

a Si c'était moi qu'elle attendait ! n

Il crut un instant à ce bonheur, tant la première surprise de Glotilde fut éloquente et franche à son aspect. Elle rougit, ses yeux se baissèrent, et ce fut d'une voix tremblante qu'elle balbutia :

a M. d'Aubray, chez moi I »

Mais si tous saviez quelle peine ils se donnent pour creuser le fossé qui les sépare et qu'ils voudraient franchir! Clotilde se remit, c'est-à-dire qu'elle rentra dans son rôle odieux de femme défiante et hostile à son propre cœur. Elle eut un rire contraint :

« J'oubliais le déménagement, dit-elle. Il n'y a plus que ma chambre ici ; vous y venez, c'est tout simple. »

Armand voulut protester. Mais dans le cœur de la jeune femme il y avait désormais un trésor de rancunes. Elle lui coupa la parole d'un geste sec et ajouta :

« Comment font donc les pauvres gens? Il faut un loyer qui nécessite une certaine aisance , pour se donner le luxe d'une lune de miel comme la nôtre. »

Dîins ce froid persiflage, il n'y avait pas même un reproche. Armand n'était déjà plus le même homme.

« Le déménagement n'est pour rien dans tout

ceci, madame, dit-il avec une politesse glacée. Je me suis permis d'entrer chez vous, parce que j'avais à vous parler.

— Vraiment 1 fît Clotilde, en qui l'émotion combattait le sarcasme. Je suis tuchée de n'avoir plus même un siège à vous offrir. »

Armand s'inclina sans répondre, et continua :

«Si je n'avais pu vous rencontrer ici, j'aurais

été vous chercher dans votre nouvel appartement,

qui, je vous l'annonce, madame, est prêt à vous

recevoir.

— On n'est pas plus galant! murmura Clolilde pour dire quelque chose. Vous ne'm'avez pas habituée à ces visites amicales. »

Son pauvre cœur battait. Depuis six semaines, ^as une heure peut-être ne s'était écoulée sans qu'elle souhaitât passionnément cette entrevue, dont elle gâtait le début comme à plaisir. Le choc léger qui fait sourire un homme en santé arrache un cri au malade. Armand était un malade. 11 répondit avec effort :

« J'ai mon excuse. 11 s'agit d'afïaires.

— Ah! B fit Clotilde, dont les beaux sourcils se froncèrent franchement.

Si Armand l'eût regardée, il eût compris l'échiir de ses yeux ; mais les paupières d'Armand étaient baissées.

n A la bonne heure ! ajouta la jeune femme, qui

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parvint à cacher son dépit sous un court éclat de rire. Monsieur, que ne le disiez-vous tout de suite?

— Vous n'avez pas supposé, dit Armand, pris du même besoin d'hostilité, que je vinsse chercher une explication intime. Vous ne pouvez la désirer....

— Monsieur, l'interrompit Clotilde, je vous prie, parlons de vos afTaires.

— Mes affaireB sont les vôtres, madame ; sans cela, je ne vous en fatiguerais pas> Parlons donc affaires. Aussi bien, se reprit-il avec un soupir, la vie que nous menons n'a rien qui vous déplaise. 11

Clotilde eut un geste de fierté froide et répéta :

a Parlons affaires. »

Armand était si pâle qu'elle aurait eu pitié; mais, à son tour, elle gardait les yeux baissés, quoiqu'elle eût la tête haute.

Armand se redressa, il avait pris son parti.

« Madame, dit-il, la situation singulière où nous sommes vis-à-vis l'un de l'autre ne m'enlève rien de mon autorité, à laquelle je tiens peu, rien de ma responsabilité, qui est, au contraire, désormais, une des graves préoccupations de ma vie. J'ai tenu à vous rappeler cela.

Clotilde sourit. La voixd'Armanddevint sévère.

« Je suis à tout le moins votre tuteur, pouraui-

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vjt-il ; j'ai le droit et le devoir de veiller sur votre fortune, qui se compose de votre dot et de mon apport. Mon apport représente une valeur considérable^ ù la condition de solder les rémérés qui le grèvent. . . .

— Monsieur, interrompît Gotilde, je vous regarde comme un parfait honnête homme. »

La sueur froide perla sous les cheveux d'Armand, qui ne répondit point.

H Cela veut dire, probablement^ continua la jeune femme, que vous avez besoin d'argent. Ce long préambule était inutile.

— J'ai besoin de deux cent mille francs , prononça Armand d'une voix altérée, et comme si chacune de ses paroles lui eût coûté un suprême effort.

— Eh bien, monsieur, répliqua tranquillement Clotilde, prenez-les. »

Comme il semblait hésiter, elle ajouta du même ton indifférent et froid :

« Ma dot est entièrement à votre disposition. »

Pour la première fois depuis le commencement de l'entretien, leurs regards se touchèrent. Le cœur d'Armand s'élançait vers cette chère, vers cette délicieuse enfant, qui était le meilleur amour de sa jeunesse. 11 fit de son mieux, il dit :

« Je vous remercie de cette confiance, madame, u

iïaia c'est l'éternel malheur de ces guerres intestines. Il y a là un démon spécial et perfidement rompu aux manœuvres des batailles conjugales. Quand Adam fait un pas, Eve recule d'autant.

« En Térité, monsieur, répliqua Clotilde^ voueavez trop de bontés pour moi. Votre reconnaissance, si elle était sincère, me paraîtrait ici mal placée. Vous êtes le maître, j'obéis, et si vous n'avez pas autre chose à exiger de moi ....

— Exigerl répéta Armand douloureusement.

«Madame, se reprit-il, peut-être eût-il été

généreux de mieux dissimuler la peine que vous cause ma présence. Volontairement, je ne vous ai jamais fait de mal, et j'espère ne vous en faire jamais. Je n'aurais pas attendu le congé inutile et cruel que vous me donnez, s'il ne fallait remplir absolument uae formalité....

— Ma signature? demanda Glotilde.

— Notre contrat de mariage est formel, » répondit Armand.

Clotilde, pauvre et aveugle enfant, croyait se venger ici de toutes ses tortures. Elle garda son sourire impitoyable en marchantvers le secrétaire.

« 11 ne reste plus qu'un meuble, dit-elle, mais c'est le bon. J'espère que nous aurons là-dedans des plumes, de l'encre et du papier. 11 ya un dieu pour les maris d'affaires. »

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Armand demeurait muet. Elle tourna la clef en ajoutant :

a Par exemple, ce sera de simple papier glacé, à moins que ta Providence, qui a laissé là le secrétaire, n'ait poussé le soin jusqu'à fournir.... •

Elle s'interrompit en un cri de surprise. La tablette du secrétaire venait de tomber, montrant le cahier apporté par M> Constantin.

u Que disais-je I s'écria-t-elle. La Providence a apporté du papier timbré ! »

Il y avait là un sarcasme si dur que le rouge monta aux joues d'Armand.

« Madame, balbutia- 1- il, je vous jure sur mon honneur....

— Monsieur, je n'ai complimenté que la Providence, dit Clotilde. Je tâche d'être polie. Ce que contient ce meuble vient de vous. Je croirai, si vous voulez, que j'ai acheté mol-même ce papier timbré, ou que ce papier timbré faisait partie de vos cadeaux de noce. »

CHAPIIIIK XII.

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