‹ Les gens de la noceChapitre 6 sur 24 · C.oogk · texte numérisé non relu

C.oogk

— Et une femme mariée! s'écria Clotilde avec indignation.

— J'ai attrapé un mot par-ci, un mot par-là, ■ dit Mlle Gertrude d'un air éveillé. C'est drôle,

dites donc, ce qu'ils racontent là-bas!

— Si c'est drôle! fit le chevalier avec enthousiasme. Morbleu! puisque ma sœur et sonNochet sont en campagne, vous en verrez bien d'autres!

— ChaufTez ! chauffez ! » dit Bénard. Le maréchal se retourna sans colère et fit observer à son valet qu'il aurait pu frapper moins fort.

La Jeune lui saisît le bras vivement.

« Vois comme elle est changée! murmurat-elte en montrant Ctotilde.

— Ça ne m'effraye pas ! J'ai oublié de spécifier que !e valet s'était excusé en disant : « Maréchal, je vous prenais pour un de mes camarades.» C'est à cela que le maréchal répondit : « Baptiste, (le nom me revient), vous auriez pu frapper moins fort. C'est une particularité historique. »

Ma comtesse poursuivait d'un ton pénétré :

« Tu me connais, mon Armand, tu sais si je t'aime. RéQéchïs. Eussions-nous consenti à ce mariage si l'histoire avait eu la moindre importance?

— Certes, certes, fit Armand avec une colère concentrée.

— Comme tu dis cela! Ce qui nous a guidés,

c'est ton intérêt. Le monde est plein de bavards; nous avons mieux aiméte dire....

— Bien obligé, matante; vous avez pris, évidemmenl; le bon parti ! » .

11 se leva.

« Surtout, que Clotilde ignore tout! recommanda la comtesse.

— Bien entendu, ma tante.

— Jamais d'atlusion !

— Fi donc ! Jamais ! »

La comtesse lui jeta ses deux bras autour du cou et l'embrassa du meilleur de son cœur.

Clotilde se levait au même instant et disait au docteur en essayant de sourire :

« Bon ami, je vous remercie. »

C'est maintenant qu'il edt fallu lui tàter le pouls.

a Vous m'en voulez, chère enfant! déclama doucement l'excellent homme. C'est le lot du médecin des âmes !

— Dieu me garde de vous en vouloir, prononça lentement Clotilde. Yous m'avez éclairée.

— Et vous comprenez bien que c'est fini, tout à fait fini Ce cher Armand est maintenant tout à vous.

— Je comprends cela, n

Elle tendit sa main au docteur qui déposa un baiser d'apôtre sur son front, en ajoutant :

D.:|.ucJb,C.OOglc

86 * LBS QEIKa DE LA NOCE.

a Gardez-nous le secret I

— Je m'y engage,

— Pas un mot à ce cher Armand !

— Oh ! pas un jnot !

— A notre affaire! commanda touthautM. Bénard. La scène finit; enlevons la sortie 1 »

11 donna toute sa voix de baBse.-taiiIe pour ajouter:

« Jud n'est pas un argument eérieui contre les chemins de fer souterrains I 11 y aura deux gendarmes dans chaque compartiment. C'est trèspraticable. Rompez les rangs, messieurs et mesdames : j'ai la prétention d'avoir manié mon bout d'emploi assez joliment, a

La Jeune, qui s'était échappée, prit Clotilde entre ses bras'.

« Tu souffres ! dit-elle.

-^ Moi? Pourquoi? fit la jeune fiile dont les paupières tremblaient.

— Tu pleures !

— Non, au contraire, voyez! »

Elle eut un éclat de rire neryeus et s'enfuit.

Page 1