‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 10 sur 345 · I-T LKUnS PROTKCTIU'US A ROMR · texte numérisé non relu

I-T LKUnS PROTKCTIU'US A ROMR

ment ne porte]au mal, qui ne s'y laisse aller ni par légèreté, ni parpenchant;doct<',lidèl<', agréable, discret, content de ce qu'il a, riche à peu de frais ; homme avisé, sachant agir et parler à propos, au connuerce facile, au bref langage, aux nombreux souvenirs vieux, enfouis, oubliés; qui connaît les mœurs anciennes comme les mœurs nouvelles ; qui comprend les lois divines et humaines; qui a beaucoup à dire, et qui sait beaucoup taire ^ »

Même dans les campagnes militaires, on voit quelquefois un poète à coté du général. Fulvius Nobilior, dans son expédition d'Etolie, voulut avoir Ennius auprès de lui ; Cjiton, qui n'aimait pas les gens de lettres, haussa les épaules : « Des poètes ! voilà maintenant l'escorte d'un llomain - » ! Fulvius laissa dire le vieux grondeur ; Ennius serait le témoin de sa gloire, et plus tard il pourrait la raconter. En effet, un livre entier des Annales fut consacré à la guerre d't^tolie : « Cette guerre était déjà belle par elle-même, dit un ancien historien, mais Ennius l'a entourée de prestige et de gloire \ »

Il accompagnait aussi le premier Scipion dans la campagne d'Afrique, à la fois comme soldat, et comme compagnon du général : u L'étranger venu de la sauvage Rudies » cond)attait au premier rang d'une armée romaine". Ennius fut le panégvriste de Scipion, après avoir été le témoin de ses belles actions ; deux livres des Annales retracèrent les principaux épisodes de la seconde guerre punique, et l'on se souvenait encore, au temps d'Horace, <( que les Muses calabraises de Rudies avaient plus fait pour la gloire de Scipion, qu'Aunibal en fuite, et le sol de l'Italie délivré de ses éternelles menaces '. »

1. A. Gt'll.. XII. 4. — Nuus avuns < r;i pouvùii' C'ni|ininl»'r l'excelleiiie traduclion (Je Patin, Eludes sur la poos'w la! tue, t. Il, p. 31.

Page 1