‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 100 sur 345 · et 1)9: ix · texte numérisé non relu

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ments d'une société restreinte et choisie; ils étaient quelquefois suivis à la campagne par leurs poètes préférés, qui nous parlent avec attendrissement de ces longs jours tranquilles donnés aux indolents loisirs. C'est ainsi que Stace visita le Tibur de son cher Yopiscus; il décrit avec admiration ce séjour enchanté, TAnio d'abord brisé dans ses abîmes, puis déposant, dans son lit apaisé, son fracas et son écume, les grands arbres balancés sur le gouffre, les vagues ombres fuyant sous les eauxV Une autre fois, c'est PoUius Félix qui lui donne l'hospitalité dans sa villa de Sorrente'. Qu il fait bon, sous le ciel le plus clément du monde, assez loin du Vésuve pour n'en pas craindre les colères, devant les sauvages profils de Prochyta et de Caprée, à deux pas des rochers que le poète antique a peuplés de Sirènes, improviser ces siiccs légères qu'à l'automne prochain se disputeront les beaux esprits de la ville î Martial est ravi, quand il peut à son tour quitter Rome, aller voir à Formies son cher ApoUinaris, dont la maison est confortablement assise entre les oliviers et les vignes', ou bien le domaine de Faustinus\ un vrai domaine, avec de vrais champs, de vrais troupeaux et de vrais paysans, sans platanes tondus, ni buis taillés en statues. Avec quelle pitié et quelle moue dédaigneuse il pensait alors à sa cabane enfumée du faubourg, mal ombragée de trois ou quatre méchants arbres !

Mais il était bien aise quelquefois de la revoir, cette bastide poudreuse, quand il cherchait un demi-refuge contre les ennuis de Rome. Sans doute, ce n'était pas encore la vraie campagne, mais ce n'était plus tout à fait la ville; il pouvait au moins (( y dormir tout son saoul ' », et s'y débarrasser de la lourde toge blanche'. Cette chélive

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