‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 101 sur 345 · III, o8. Cf. X, :J · texte numérisé non relu

III, o8. Cf. X, :J

:]. xn. .17. Cf. VI, 43.

(J. I, oî't.

campagne lui venait très probablement de la libéralité d'un de ses protecteurs. Stace reçut aussi, sur les coteaux d'Albe, une métairie de pauvre mine ^ qui le rendit un instruit l'homme le plus heureux du monde : (c Un petit coin de terre, un foyer animé parla flamme, un toit noirci par la fumée, me consolent du reste ; après la patrie, ce domaine est ce que j'ai de plus cher". »

Depuis qu'Auguste avait rendu à Virgile sa ferme de Mantoue, et que Mécène; avait donné à Horace une villa dans la Sabine, la possession d'un petit bien rural était devenu le vu'U suprême des poètes : Hoc erat in rot h! Ils alfectaient tous pour les arbres, les troupeaux et les champs une passion effrénée; qu'on leur donne à la campagne, dans un site riant, le tolerahilc hospitlum^ de Virgile, ils seront alors au comble du bonheur, et Apollon, ce dieu difiicile qui n'aime pas les taudis, viendra les visiter sous leurs ombrages. Que manque-t-il encore au bonheur de Calpurnius Sieulus, quand, après de longues années de misère, il a enfin trouvé un protecteur bienveillant? un petit domaine à la campagne, « comme celui de Virgile ^ ». Juvénal, en traçant le tableau le plus noir de la condition des gens de lettres à Rome, veut bien avouer cependant que quelques-uns échappent à cette indigence presque générale, selon lui; c'est, par exemple, Lucain, qui peut se reposer à l'aise k dans ses magnifiques jardins », ou Quintilien, à qui ses leçons rapportent de a beaux arpents de terre ^ ». Martial, auquel il faut toujours revenir pour reconstituer la vie littéraire à la lin du premier siècle, insiste assez fréquemment sur la même idée ; Virgile naquit pour la gloire^ le jour où Mécène lui dit : u Reprends ces terres qu'on t'avait ravies, et sois le plus grand des

1. Il osl as>L'/. vraistMiiblaltIc (|iril la devail à iJdiiiitit'ii, (>'//r., ni, 1.)

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