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r.T LEURS PROTECTEURS A ROME.
poètes*. » Bien qu'il fut fait pour la poussière de Rome, Martial aiuiait la campagne, à la condition d'en partir juste au moment où le regret des cercles lettrés de la ville commençait à le reprendre, et, dans une pièce charmante, il a rendu avec grâce le plaisir déjouer à la vie des champs-, dans la chaumière que lui avait donnée un ami.
Cependant pareille libéralité devait être assez peu commune, et précisément Martial, avec des airs ironiques et triomphateurs, plaisante sur un confrère moins heuriMix, qui regardait d'un (eil d'envie la petites villa Nomentaiie'. Mais, s'il n'était pas doimé à tous d»î vanter le morceau de terre qu'ils appelaient lièrement lem* domaine, il y avait cent libéralités moins coûteuses, et, en sonnne, les moins favorisés arrivaient à passer même les mauvais jours. Sans doute, il fallait essuyer des mortes-saisons, quelquefois prolonger une toge un p«3U nn'ire, ou s'asseoir devant une petite table boiteuse garnie de sardines rances et d'olives ridées. Enlin, tant bien que mal, ils atteignaient des jours meilleurs, et tâchaient alors de regagner le temps perdu.
Quelques circonstances solennelles, surtout la fête des saturnales, les aidaient à garnir leur pauvre ménage des choses les plus indispensables. Ces jours-là, les petits cadeaux arrivaient de toute part; on pourrait faire l'inventaire presque conqilet des dons de ce gem-e. Voici d^ibord des provisions pour hi table : un panier de belles prunes dorées, des noix, des olives du Picénum, des ligues de Syrie, du p(»ivre, un(î bouteille de vin cuit, un demi-boisseau de fèves, présent peu distingué assurément, mais qu'on ne dédaigne pas dans unmodeste logis. lUiis viennent des choses qui ne sont guère moins nécessaires : des nappes, delà clwmdelle de cire, de la vaisselle; les divers articles d«' la garde-robe : la toge, le manteau, Vulicnhi,
chlamyde très courte, retenue par une agrafe' ; enfin, il faut bien le dire, de l'argent, honteusement demandé quelquelois", et donné brutalement comme la pièce de monnaie jetée dans la rue au bateleur qui nous amuse, ou au mendiant (jui nous importime.
1. IV, 40, 80: V. IS: vir. :;:! ri '2: i\. :;î; \. S: : \ii, .Si>. Cf. \r„;a v\